Je n’ai pas peur de ma nuit naissante
pas peur de ses grésillements et reflux noir
*
L’éruption solaire éclaire l’espace imprégné et traînées de filantes
remouille les couleurs d’un amour d’hiver
*
il y eu un massacre et le sang éclot allongé sur de larges pétales
*
il n’y a plus de visage
il y a les restes, les traces, les impressions de mémoires
il n’y a pas de paysage,
il y a les corps de la nuit absorbés par le brouillard
*
et le périphérique d’un inconnu
son sommeil nous relit, me rappelle
*
cherche mère ou père aux confins, ici au battement il y a le coeur de la nuit
son oeil enveloppant caresse les pensées échaudées sur le trottoir trempe
*
il a dit qu’il allait revenir
il est revenu
nous cueillons les odeurs des constellations dans mon champ
*
mollir la nuit sans lui nuire est-ce possible ?
os brûlés, coulures bleu sciant, coquillages pulvérisés
délicate éclosion de Leste vert et d’Agrion de mercure
*
crépitement intertissulaires parmi les cendres
nue florissante honteuse, je sens ma nuit noire pénétrante
*
je sens ma nuit noire et son orbe montante
au sommet sommée d’explorer, de veiller, d’honorer
la juste soumission de dominer ma nuit, d’agir et d’achever
*
déterminée à embraser l’horizon
je n’ai pas peur de ma nuit or orange
pas peur de digérer le feux de l’aube et ses myriades d’ombres