Quitter la ville

j’ai mesuré la distance de tes lèvres
ça explique pas le prix de la bière
à Pôle Emploi il y a des posters pour l’armée de Terre
j’aime l’odeur des aisselles et des panneaux publicitaires
le soleil est en plastique
le pissenlit fissure la nuit
le ciel n’a plus de batterie
il faut apprendre vite
le goût des paupières pour la pluie
la louve qui allaite ses petits
elles coûtent combien ces piles ?
et ton reflet dans la vitrine ?
il y a une mouette de l’autre côté de la rive
qui a volé un paquet de chips
mes os sont vides
et je mange un bonbon trop acide
je salive
Il faut
quitter la ville
je vois à travers la vitre
des flics et des filles qui s’ennuient
un graffiti
Nique la police
j’ai des flammes dans les doigts qui s’éteignent sans cesse
j’écris un poème
les nuages s’affaissent
l’écran éclaire
les lettres du clavier
J’ai pas d’idées
maintenant je dois sortir
acheter des cigarettes avant que le magasin ne ferme

je lave
ta peau amère
l’orange sanguine singe mes veines
tes yeux n’ont pas de trêves
tes yeux sont des prières
je courre à travers la plaine
d’un coup je dors
et je me baigne
la rivière est mon festin
je lis dans les lignes de la main
que tu as faim
tu grattes à la porte
comme l’érosion du silence
tu avances avec le printemps dans le ventre
tu aiguises ton sang tâché de cendre
il faut attendre
allongé dans les herbes trop lentes
le ciel a le goût du lait maternelle
la lumière est une tendresse éternelle
je plie les joues
et je souris
accrochée à ton cou