Les feuilles chuchotent,
la rumeur court,
qu’à l’aurore pourpre demain matin,
l’automne éclaboussera mes tristes jours de teinte vermeille et ocre et carmin.

L’été termine sa course folle. Soleil ardent, nuits passionnées…
Et moi, si belle, si forte et si frivole, je ne veux pas le voir faner.

Mais c’est trop tard, tout flambe autour de moi, tout brûle,
jeunesse, amours et espoirs vains,
le monde vacille, le temps s’écoule,
s’enfuie, se dilapide et glisse lâchement entre mes mains.

Je cours et me débats sans cesse de cette cruelle fatalité.
Pour échapper à mon destin, je danserai toute la nuit jusqu’à voir l’aube s’embraser.

Cramer mes jours, flamber mon corps,
brûler d’ardeur d’ivresse et de bonheur,
se consumer jusqu’à redevenir cendre et poussière,
courir toujours, printemps, été, automne, hiver.