Gratte les cordes de ton âme -fort avec le bout de tes doigts
Bois un café blanc- avec un peu de menthe, d’anis et une goutte de fleur d’oranger
Avale une cuillère de miel pour adoucir ta langue
Reviens au silence
Prends ton tapis
Avec tes mains propres, essore ton coeur
Enlève ces chaussures trop petites – et mets de la crème sur les cores de tes pieds
Apaise le contour de tes yeux – assassins potentiels,
Lève-les vers le Ciel et enduits toi du bleu, du blanc
Le gris, laisse-le entrer, accueille-le
Dis non – mais ne ferme jamais la porte à une bouche qui a faim
Lave tes draps tâchés de lait – le lait du dégoût et de la déprime
Épluche les jours qui ne se retournent pas
Explore le temps qui est là, juste devant toi – ne le laisse pas filer comme le vent
Retiens ta langue, tes mots qui blessent comme une hache
Épaissis ton silence – les murs te remercieront et la lampe aussi
Accroche ton manteau, décrispe les trapèzes
Mange le fruit de ta solitude
Fais coulisser ton foie qui ne draine plus.
Ménage tes réflexions intestinales.
Assiège tes peurs et ton chagrin qui ne naît que par toi
Entoure-toi de gens beaux et bons comme une sauce qui mijote au soleil – de leurs odeurs de repos et de défis.

Instructions

Marcher tout droit,
Le mur.
Se retourner,
Le mur.
Marcher,
Le mur.
Quart de tour, le mur,
Quart de tour, le mur,
Quart de tout, le mur,
Quart de tour, le mur.

Se coller contre le mur, joue, torse, ventre, hanches, cuisses, et glisser, glisser contre le mur, se coller et glisser contre le mur, vite, de plus en plus vite, jusqu’à ce que les joues perlent de sang, jusqu’à emporter la pièce et la faire tourner, vite de plus en plus vite, et lorsque la pièce tourne seule, toupie, reculer de quelques pas, courir et sauter. Sauter sur le mur d’en face qui tourne, toupie, sauter, sauter, sauter, sauter jusqu’à faire basculer la pièce et la mettre à bas, la pièce, saut après saut, défoncer le placo, encore et encore, à coup de talon, à coup de genou, à coup de coude, à coup de poing.

Finir blanchi.e.s de plâtre, un goût de craie dans la bouche, avec les jambes, les genoux, les coudes, les poings écorchés.

Sourire aux lèvres.

Le poème qui sauve

Le poème qui sauve

Casse les codes imposés
Détruis le temps
Ne réponds pas aux injonctions
Saute les barrières
Appelle le cœur
Danse danse danse
Sens toi
Sens ton corps en entier
Mouvant comme terre
Dense comme eau
Magique
Elémentaire
Juste là

Caresse l’espace
Accepte tout— les secondes
Trotteuses
Galopeuses
Marcheuses
Chaque instant bénis-le
De tous tes doigts
Tous tes poignets tes montres
Dorées parsemées de
Diamants
Les cadrans solaires
Qui t’offrent la connaissance
Et la chute
Du temps
Bénis-toi
Bénis-les
Bénis

Perds le fil de ta pensée
Plonge l’inconnu est immense et bleu
Comme
Aime tout ce qui se présente
Minuscules insectes petits fils de plombs ou grands soleils
Marche sur la route qui
S’appelle
JOIE
Puis
(le reste est à toi)

Regarde les coquillages les tiens
Ces offrandes
Immenses
Ouvre-leur des bras grands
Comme mille
Choisis de les honorer
Choisis l’amour de toi
A chaque instant
Choisis-les
Choisis-toi
A
Chaque
Ins-
tant

Petit alphabet de survie

ARME-Toi de patience
BOUSCULE et Bascule les préjugés
CRIE et Chante tes révoltes
DANSE surtout Danse !
ÉCRIT l’intolérance
FUNAMBULE tes maux au ciel
GAGNE tes batailles
HURLE à pleins poumons
IGNORE les cons
JOUE de la musique
KIFFE la vie
LIS surtout Lis !
MORDS la pomme à pleines dents et fous toi des conséquences
NOIE ton chagrin
OUBLIE-le
PLEURE et goûte au sel de tes larmes
QUITTE ce qui retient prisonnière
RIS de tout surtout de toi, ne renonce pas
SAISIS l’instant, il est fugace et sait glisser entre les doigts,
TUE le temps
USE ta peau à d’autres peaux
VOLE dans le vent
WEB CAME avec tes amis les jours de gris
XYLOPHONE des sons dans ton lit et dans les champs
YOYOTTE par amour, surtout par amour !
ZIGZAGUE entre les lignes ton propre chemin.

Sors de ta chambre
Éblouis tout
Écrase la neige
Porte les yeux au-delà
Caresse des corps
Impulse un mouvement
Compte la mesure
Respire dedans
Souris de tout
Surtout dans le dur
Donne-toi du mou
Lâche l’emprise
Absorbe ailleurs
Jusqu’à trouver la force
Que tout arrive
Évite les pistes sombres
Saute par-dessus les barrières
Sollicite ceux qui te veulent
Du bien
Mais aussi les étrangers
Abrège les heures vides
Demande-moi
Quand tu manques
De courage
D’écouter
Ta peine
Mais pas que
Sois plus fort
Que le reste

Esquive l’ailleurs
Quitte la nuit et ses averses
les herbes et les taillis
les pays dont tu n’es pas, plus
les collines et les forêts
Récite comme les oiseaux les jours et le réel
Les arbres les feuilles
Elève toi, fredonne comme une abeille gavée de miel et de douceur
Pique quand il le faut s’il le faut
Appelle loin devant quand tu arrives au-delà au-devant auprès de
Réclame un nom, une vie, un chemin
Cherche l’imaginaire sur le sentier
Irradie comme les ailes d’un papillon sur le bitume
Expose ta peau d’ours privée de sa bête
Dénude les rêves pendus aux câbles électriques.

Le mixer des rêves

Émerge comme l’espoir
Mets tous les ingrédients de ta vie ordinaire dans le mixer des rêves
Mixe à vitesse maximale
Chante les arômes, les épices, les fumets, les saveurs
Réserve-les bien au chaud
Dans un bol cristallin aux reflets de diamant
Appelle les papillons, les libellules, les hibiscus
Réclame le papier d’argent pour les mettre en papillotes
Rayonne le papier doré à point sur les ailes de feu des chimères
Expose tous tes rêves, des plus simples aux plus fous
Épluche-les ensuite un à un
Change la garniture selon tes saisons et tes humeurs
Ajoute ta sauce à toi
Celle que ta mère t’a transmise
Arrose de sirop de temps en temps
Saupoudre de paillettes à discrétion
Sers sans attendre, accompagné de miel, de vanille, de gingembre

L’esquive

Esquive l’ailleurs
Quitte la nuit et ses averses
les herbes et les taillis
les pays dont tu n’es pas, plus
les collines et les forêts
Récite comme les oiseaux les jours et le réel
Les arbres les feuilles
Elève toi, fredonne comme une abeille gavée de miel et de douceur
Pique quand il le faut s’il le faut
Appelle loin devant quand tu arrives au-delà au-devant auprès de
Réclame un nom, une vie, un chemin
Cherche l’imaginaire sur le sentier
Irradie comme les ailes d’un papillon sur le bitume
Expose ta peau d’ours privée de sa bête
Dénude les rêves pendus aux câbles électriques.

Instructions pour se sauver soi-même

Déclare qui tu es
Rayonne devant ce qu’il te reste à faire
Respire fort quatre fois
Imagine que tout soit possible en gardant les yeux ouverts
Ouvre très grand le tiroir de l’intuition
Maintiens la lumière où qu’elle soit dans les signes
Colle toi à ce qui ne lasse pas le regard
Opère des métaphores qui te permettent de bien vouloir continuer la vie
Se tourner les pouces n’est jamais inutile sache le
Observe tous les jours ce qui est plus bas que toi et souvent chaque jour ce qui te dépasse
Allonge toi dans l’eau dormante
Croise décroise tes doigts en tenant des mains de passage
Hurle toi entièrement bien qu’il fasse doux
N’oublie pas celui qui t’a volé ta bouche
Reprends dans tes poings des poignets de terre
Marche vite mais aussi à pas feutrés
Délimite des périmètres sacrés
N’attends rien
Ris pour te donner chaud
Projette des moyens de locomotion qui suffisent aux paupières