Bourdon

Une femme et le silence

J’écouterais le bourdon
sous les fleurs du prunier
ton suspens me soulève
jusqu’au pollen fossile
tu dors innombrable et un
contre mon ouïe élimée|usée
je serais le bruit blanc
des jours sans passé
j’aiguiserais mon souffle
tu transpires dans l’estuaire
des labyrinthes
ton écho oscille
osselets | coquillages | élytres
je recouvrirais de sable
le corps étendu
les paupières entre elles
les sutures des lèvres
tu souris à la fraicheur
très exacte des algues
déposés sur nos ventre
ton offrande à marée basse
se retire des épidermes
Devrais je avaler mon cri
d’une seule lapée ou
chanter plus fort que le bourdon ?