Un froid s’est installé entre tes bras et moi
Je les ai quittés, ils ne m’ont pas retenue
Entre tes sommets, j’ai été serrée trop fort
Ton étreinte m’a poussée dehors
Partout tu dominais, éclatante et souveraine
À tes pieds, je me suis fait petite
Je me suis tapie dans tes forêts
J’ai enfoui mes secrets sous leur tapis de mousse
Loin de ton emprise, je les ai libérés
Je ne sais plus comment t’aimer
Peux-tu m’aimer encore alors que loin de toi je m’endors ?
Tag / Écrire avec Anne Sexton
Bourdon
Une femme et le silence
J’écouterais le bourdon
sous les fleurs du prunier
ton suspens me soulève
jusqu’au pollen fossile
tu dors innombrable et un
contre mon ouïe élimée|usée
je serais le bruit blanc
des jours sans passé
j’aiguiserais mon souffle
tu transpires dans l’estuaire
des labyrinthes
ton écho oscille
osselets | coquillages | élytres
je recouvrirais de sable
le corps étendu
les paupières entre elles
les sutures des lèvres
tu souris à la fraicheur
très exacte des algues
déposés sur nos ventre
ton offrande à marée basse
se retire des épidermes
Devrais je avaler mon cri
d’une seule lapée ou
chanter plus fort que le bourdon ?