et là ce dimanche
tu seras aspiré tes mains se poseront soudées à la balustrade
tu sentiras la mémoire du métal dans tes os
tu entendras la voix des mains qui ont touchée la balustrade il y a 333 milliards de secondes
tu sentiras la voix caresser tes mains qui seront douces comme la suie
tu seras touché par la voix par tes doigts par la moelle de tes doigts
tu seras traversé par l’ombre des mains de la voix
tu sentiras tes acides percer l’ombre en étoile
tu verras par les trous la lumière te parler
tu sentiras la lumière en toi se couper en écho pluie de cris saturés
tu te sentiras ouvrir la pluie avec ces mains d’ il y a 333000 milliards de millièmes de secondes
tu seras envahi par l’horizon intérieur seulement
tu seras invité à mettre ton doigt à angle droit
tu écouteras la voix et tu scrolleras la mer jusqu’aux abysses de toi
tu  goûteras l’écume de l’inconnue
tu seras caressé au cœur léché à l’hippocampe sucé au cortex
tu  retrouveras la voix dans l’infime

maintenant tu es devenu ce que tu es
tu es l’éponge du Fenua
et tu as aspiré toutes les mers
tu as lavé ton corps au commencement de tout
tes yeux ont volé le feu aux dieux
tu brûles tu es poussière d’étoile muette
tu enfonces ton index dans ta bouche
lève le au mistral
tu sauras d’où vient le sens des choses
monte tes yeux au ciel vers le fantôme d’un nuage ours
attend qu’il change mais
il te pissera dessus
tu te diras que le dimanche soir même les nuages sont
tristes