La culotte menstruelle,
Tu l’enfiles
Et hop !
T’es partie pour la journée.
Simple.
Pas le plastique couleur de violette, senteur de mort et bruit de scotch.
Pas l’ogive de coton, celle, oubliée, qu’une médecin, spéléologue, est allée, pince à la main, chercher tout au fond de ta cavité.
Pas la pilule oubliée avec la régularité d’une horloge.
Pas le fil de plastique, gorgé d’hormones, coincé dans le col, parfait, s’il ne vous rend ni obèse ni dépressive.
Pas le calice, effet ventouse.
Non plus, la serviette éponge de ta mère, accrochée au fil à linge, dont l’absence informait les vieilles alentour d’une grossesse en cours.
Non,
La culotte menstruelle c’est
La disparition du flux dans l’épaisseur noire.
Et le moment venu c’est
La réapparition du flux,
Trop longtemps encagé dans la violette et l’ogive.
Non pas Lady Macbeth, frottant sans relâche, priant pour sa disparition.
Non, le contraire, plutôt.
Du tréfonds de l’épaisseur noire,
Le sang.
Les doigts dans le sang, retour à la vie.
Sous le jet, sortir les eaux rouges du noir.
Mouiller, tordre.
Regarder le rouge serpenter dans la bonde.
Encore.
Mouiller, tordre, rouge.
Mouiller, tordre, rouge.
Enfin, retour à l’eau claire.
Machine. 30°.
Et puis,
Quand le moment viendra,
Rejoindre,
Sous l’eau claire,
Orques, belugas, narvals et globicéphales.