Premièrement,
Le ciel qui se lève,
Une heure après moi.
Le volet dévoile le blanc des nuages,
Comme une jupe qui glisserait sur ta jambe
Nue.
Deuxièmement,
Le velours du canapé
Comme une mer étale :
Je me noie volontairement.
S’allonger à peine levée c’est un peu
Déjà accepter de mourir.
J’ai soif, l’air est salé.
Troisièmement,
Le café coule sur la table
Quand la main tremble, bête,
Parce qu’elle n’a pas assez écrit.
Le tsunami brun des matins gâchés
Je nettoie et je pars :
L’éponge c’est moi.
Quatrièmement,
Les pas automatiques, silhouette téléguidée
Comme les bateaux du Luxembourg.
Neuf-cents mètres jusqu’au canal.
Les bouteilles de bière sur le quai
Me rappellent qu’avant le matin il y a la nuit.
Cinquièmement,
Le fantôme de ma mère, liquide
Cinq appels manqués dans l’eau :
Spectral spectacle cellulaire.
Le téléphone a-t-il sonné hier
Ou bien était-ce le réveil ?
Dans le doute, je ne rappelle pas.
Sixièmement,
La cannelle dans la bouche,
Roulée comme du mauvais tabac :
Je vais à la boulangerie pour avaler
Autre chose que mes regrets
Au petit-déjeuner.