C’est quand ?

Pudeur :
Les pétales tombent doucement
Dénudée, la fleur se meurt.
A côté d’elle,

La liberté :
Elle n’a pas fière allure
Sous sa coquille, ses traces gluantes.
Pourtant, elle vit en cet escargot
Qui a tout son temps. Jamais sans abri.
Sur sa route, il rencontre

L’enfance :
La rosée perle sur ses pieds nus
Cheveux au vent
Elle observe le monde.
Attend

L’adolescence :
La fumée d’une cigarette
Allongée dans l’herbe
Regardant les étoiles filantes
Faire des vœux à l’infini.
Buée de camouflage sur les vitres
Couverture nuageuse des émois
Nus
Enlacés
Seuls au monde
Bulle cotonneuse des premières amours interdites.
En nous un sentiment d’

Eternité :
Ta bouche chatouille ma peau
Elle engloutit mon sein
Tu t’endors collée à moi
Notre amour nous caresse.
Instant de

Bonheur :
Eclat de rires transperce de sa flèche le silence
L’arc de la joie se détend en humour
Sourire d’un mendiant,
Des grands yeux ébahis
Suspendus sur le fil du

Regard :
Phare lumineux par temps de joie
Boussole de la vie
Livre ouvert de ceux qui veulent se taire
Parfois il est noyé de

Maquillage :
Peinture des fenêtres, des murs,
Des portes de notre façade.
Ustensile illusoire d’illumination des

Autres :
Des mouches, agglutinées
Entre elles sur les vitres de ma demeure.
Cherchent juste à déféquer
Sur tout ce qui leur sert d’appui.
Se collent près de qui passe
Parasites ne servant à rien.
Allez dehors prendre votre

Envol :
Le fil des ans, la peau sur l’étendoir à linge
Espoir de voir sécher et retrouver sa fraicheur
Au vent du désir de jouvence.
Regarder les oiseaux
Ramasser une de leurs

Plumes :
Douceur du duvet où s’enroulent les rêves
Moteur à réactions des écrivains.
Sa légèreté biseautée caresse mes

Tatouages :
On a peint mon corps avec l’encre des blessures de ma vie.
J’ai ainsi écrit à ma peau.
Raconté les combats de mon âme
Je suis l’indienne de mes douleurs
La mort se dessine en noir et blanc.
Puis j’ai déposé de mes rêves, les couleurs
« impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque »
Témoigner, ne pas oublier
Ne pas se noyer
Dans

L’alcool :
eau polluée
Baignade interdite
Cascade
Risque de courants forts
Liquide transparent
Couleur de l’innocence
Coloré
Couleur d’un tableau
Flamboyant d’espérance
Traitre besoin d’évasion
Mon ivresse

Le voyage :
Maldives
Un balai de raies Manta
Tournoie autour de moi
Danseuses classiques
Silences hypnotiques
Des profondeurs
Marcher sur la douceur
De la langue de sable
Entourée d’une bouche
Cristalline est sa couleur
Immenses chauve-souris à table
Me mènent ensuite à ma couche…

Femme tout couleur

1.
Elle s’engouffre dans la faille de la douleur
Extrapole les bleus
Sur une toile brun creux
Fait un clin d’œil à la vie photo-ciné mascotte
Le rouge l’entoure d’ombre
Elle change de décor
Elle veut des cheveux bleu klein d’yves
Sous les clématites
Le soleil
D’un sourire l’illumine

2.
Entre la danse et le théâtre : Lili vit
Entre la vie et la mort : Lili va au bal des hommes grenouilles
Entre l’homme et le stop : Lili crie
Avant le cri : Lili chute
Libre
Vers un ailleurs qui respire
Dans l’empreinte du creu du vide
De l’autre à venir…

3.
Elle veut des cheveux rouges
Un fume cigarette
Un chapeau à plume verte
Et une coupe de champagne…
Elle est popu
L’air 1930
Matahari des pauvres
Actrice des associaux…
Elle clin d’œil
Vie cerise
Soleil citron, lune vanille
Femme porteuse d’histoire
Femme de l’arche du bout de la nuit
Femme qui se décline au pluriel
Femme tout couleur.

4.
Fin de partie
Mari ligne chez les Vampires
Politique, sexe, cinéma… mafia
Femme partie

5.
A présent elle bécote sur un banc
Change de masque
Comme le temps
Vole
A cent ans, vingt ans, dix ans
Au gré du vent…

6.
Elle veut
Face à lui
Un reflet de soleil dans un nuage d’amant
Un sourire éternel
Qui fauche l’ennui

7.
Elle sait que les poissons meurent
Le barrage défait
D’overdose de mots
Nuit et jour
L’âne brait
Attaché au piquet
Les sabots trop longs
De ne pas courir à son gré
L’étoile de mer
Cherche le …
Fragile équilibre
D’un 4 trop concret
Au râgout d’un 3 abscons
Le dauphin fuit la route
Il cherche le refuge
Au silence d’une image d’Elle

La ronde des amants

Été : « Et les mots échangés, doux, tendres et forts prennent forme sous leurs doigts, comme une caresse sans promesse de vivre le présent comme le dernier instant sans conjuguer le temps »

Enigmatique et légère, elle insuffle l’oxygène à ton air.
Réveil sur ce corps, presque mort, trop longtemps endormi des
habitudes de vie.
Entre ses bras et dans tes draps, tu la regardes dormir. Souffle de vie.
Quelques larmes mouillent tes yeux candides. Départ.

Désir

Automne : « Ma bulle d’oxygène, ma douce folie, mon phare au loin, mon énergie, cette goutte d’absinthe qui met de l’ivresse à ma vie, tu guides mes pas dans la clarté du jour, et allume mes nuits d’insomnie d’audacieuses envies »


Les feuilles folles et colorées s’envolent comme les promesses d’été, le
roux de ses cheveux, la douceur de sa peau, les lumières de ses yeux
illuminent tes nuits d’un tout nouvel éclat, elle éclaire ta vie. Chaque
jour, chaque nuit, tu la respires, tu l’espères. Attente.

Amour

Hiver : « Mon cœur sonne creux dans le vide de mes draps, immensité de l’océan sombre et froid qui me glace les os et le sang quand sonne le glas »


Le vent a emporté le rouge de ses baisers, la neige a recouvert le feu de
la passion, le froid a glacé tes pensées. Le noir a enseveli les couleurs
de l’été et de l’automne. La fée s’est froissée, ses ailes sont cassées. La
jalousie te ronge. Enfermée dans son écosphère, elle est déjà loin, tu la
perds. Solitude.

Silence

Printemps : « Et je m’en vais, cheveux au vent, les paysages se succèdent à l’horizon, tout défile alors que tout fout le camp dans l’air du temps »

Et nait, une nouvelle fleur, arrosée par tes pleurs, qui éclot à la chaleur
du soleil et réchauffe ta peine. La fée s’est envolée en emportant tes
rêves et ton amour papier. Eclaircie d’un espoir, la douceur d’une saison,
l’éphémère sensation d’être toujours vivant. Revivre.

Renaissance

Comme si tout n’était qu’un leurre

Comme si nos paysages n’étaient que projection de mes pensées
Comme si ton parfum s’évaporait en particules de poussière
Comme si un brouillard opaque assombrissait la matière
Comme si ta présence imperceptible flottait encore dans l’air

Comme si ce « nous » n’avait pas existé
Comme si nos soupirs s’évanouissaient dans la nuit
Comme si tout s’échappait d’entre mes doigts
Comme si un souffle de vent avait tout emporté

Comme si ta respiration
Comme si ta peau
Comme si ton corps
Comme si tes mots

Comme si au réveil tout disparaissait
Comme si tout ceci n’était qu’un rêve
Comme si l’écrire sur le papier te rendait plus réel
Comme si tu n’étais qu’un fantôme
Comme si hanter mes nuits était ta vérité.

Comme si la fenêtre du train faisait défiler devant moi les paysages de ma vie.


Comme si dans son lent démarrage, j’entendais les pas de mon grand-père arpentant son jardin et ses plantes potagères, chaussé de sabots de bois.

Comme si à la première halte, je descendais fêter à nouveau mes dix ans, au mois de mai, sur le quai tout le printemps, si près de ma maman.

Comme si, par la fenêtre, ouverte maintenant, le parfum des tilleuls chatouillait mes narines, odeur des grandes vacances, sur la cour de l’école envolées enfantines.

Comme si à pleine vitesse, d’un coup je repartais, et que me parvenaient le bruit de l’insouciance, de la jeunesse mes rêves, vécus tambour battant, par delà les frontières, leurs langues et leurs accents.

Comme si, au coup de sifflet donné là sur le quai, soudain je me réveillais des décennies après, un sursaut un peu sec, sillons sur mon visage, quelques fils blancs avec.

Comme si, par cette fenêtre, se dressaient à présent de nouveaux paysages, sans repères aucuns, je sentais l’inconnu, l’étranger, l’incertain.

Comme si elle me conviait, avant le terminus, à poursuivre ce voyage, à voir et à
humer, à prendre et à goûter les paysages ma vie.

Si l’aube est douce

Comme si les lèvres riaient
Les dents avalent
La gorge déployée
Et le son
Qui remonte en dedans
Le soleil
Explose dans les rires

Comme si le monde
Montait le volume
Comme si la nuit
Ne voulait pas se taire
Pour qu’existent les étoiles
Inventer la musique

Comme si la musique
Avait enfanté du jour
Et la nuit
Parrainé la naissance
De l’aube
Où tout se fait tumulte
Excitation des sens

Comme si je voulais dormir
Les yeux restent ouverts
Ils tournent dans le vide
S’accrochent au néant
Je les ferme sur nous
Sur la tendresse

Comme si tout cela
N’avait pas d’importance
La légèreté
Des mœurs et l’ivresse
Comme si peut-être
La liberté se cachait
Dans le pli du coude
Quand les lèvres s’y posent
Et rient
Pour faire naître le jour

Comme si la lumière naissait dans mes mains
Comme si la chaleur allongeait le pas sous les miens
Comme si la caresse du soleil soudain s’impatientait
Comme si chaque silence me poussait entre les lignes de vie comme un arbre
Comme si le vent soufflait sur mes feuillages pour y voir de la vie
Comme si chaque pensée passait d’une main à l’autre, un tressaillement dans les branchages
Comme si chaque chose était à sa place au bout de mes doigts
Comme si chaque image à toucher y trouvait son juste révélateur
Comme si chaque parole déjà bue revenaient naître dans mes mains
Comme si dans le creux de mes paumes pouvait surgir une source
Comme si tu pouvais y boire comme un animal sans peur
Comme si ta langue léchait mes mains d’une soif oubliée
Comme si chaque sensation volait une part de moi pour la distribuer
Comme si tu pouvais saisir au vol chaque parcelle de ma peau
Comme si tu pouvais faire tien chaque énoncé de mes ongles
Comme si ton visage apparaissait ici juste entre mes deux bras d’appelante
Comme si l’invoquant de mes mains il était là l’instant d’après