Sois vive oh ma fierté
Plus vive que ta peur
Facile sera la honte
Compagne de l’immobile
Sois vive oh ma fierté
Grandir c’est traverser
Montagnes et forêts
Le plus souvent sans guide
Se perdre ou se blesser
Et risquer la relève
Sois vive oh ma fierté
Tu n’es pas seule sur ce sentier
Sois vive oh ma fierté
De ces égratignures
Des chemins hors balises
Des branches qui craquent sous tes pas
Des monts trop hauts pour être gravis aujourd’hui
Sois vive oh ma fierté
D’avoir conquis seule ton visage relevé
Tel l’enfant placé dans un lit sans histoire
Dans un lit non bordé
Blotti dans les bras de la honte
Et non ceux des rêves souhaités
Sois vive oh ma fierté
De tout ce qui t’habite
Tout l’amour qui t’habite
De l’asphalte des cités arpentées
Des mots qui te préservent des cauchemars de ton labyrinthe insatiable
De ta famille bâtie
De longue haleine rêvée
Cette enfant farouchement portée
Et tendrement bercée
De sa joie qui explose
Sa gaieté qui désarme
Sois vive oh ma fierté
Ne prends pas cette chance pour un miracle
Ne t’en prive par habitudes
Tu peux te l’accorder
Tu n’as rien à y perdre
Sois vive oh ma fierté
Oublie d’être parfaite
La quête serait vaincue
Et nul ne te le souhaites !