Sortir de l’hiver, d’abord.
Abandonner les neiges, s’habiller de blanc, dévêtir les paupières de leur voile de silence, et plonger
dans les rumeurs du monde,
Exorciser la pluie et ses grondements ensuite, porter ses charmes, les cheveux libres de toute
capuche, défaire œillères, battre au trot les pavés mouillés,
Puis saisir l’éclaircie, à pleines mains, à pleine bouche, croquer dans sa chair comme on frissonne
dans sa peur, dans les serpents noirs d’un vertige,
Savoir le corps falaise, enfin. Savoir la mort dans les sauts d’un ange. Ouvrir ses ailes. Chanter l’oiseau
qui s’est perdu dans ma chambre, qui s’est cogné dans ta tête.
Te rendre visite, regarder l’été célébrer son solstice et puis les brumes envahir tes yeux.