Je m’écouterais, tu fabriquerais des liens sans jamais en finir. Tu coudrais les mots, les tissus et tous les autres matériaux pour que je puisse en faire des œuvres à chanter, déclamer, hurler, ou murmurer.
Je tracerais, d’une main sûre, les contours de ma carte imaginaire.
Tu y passerais tes doigts dessus, pour y créer des reliefs.
Puis nous échangerions de rôle, tu tracerais la tienne et j’y ajouterais les reliefs.
Puis nous les surperposerions, et nous découvrions les similitudes ou les oppositions de nos gestes libres : des frontières imaginaires entre ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous voudrions devenir. Nous laisserions l’espace pour marquer au feutre noir, les chemins à parcourir.
La création comme un fluide, qui circulerait entre mon tu et ton je, fait de nos forêts internes.
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VIDE
Ce ne serait pas un vide triste, ce serait juste un espace entre nous deux où nos sentiments pourraient faire leur vie sans que nos esprits les accrochent à l’espoir. Ce serait une possibilité permanente, un état dépourvu d’attente, un grand calme pour nos cœurs. Ce ne serait pas un creux ou un manque, ou une absence douloureuse, il n’y aurait pas de douleur. Il n’y aurait pas de température, ni de mouvement de l’air. On pourrait tout y inventer à partir de rien, et ce qu’on en ferait, on n’y serait pas attachés, on arriverait à en aimer, indéfiniment, le va-et-vient.
AVION
Chacun à tour de rôle on monterait dans la carcasse de notre futur, dont les ailes sont bien plus grandes, bien plus fortes que les nôtres, et chacun à tour de rôle on survolerait la moitié du monde pour retrouver la moitié de notre coeur ; car je serais la moitié de ton cœur et tu serais la moitié du mien, on aurait trouvé comment installer des parties de nous dans le cœur de l’autre tout en continuant à être entier.
J’atterrirais sur un sol sucé par les palmiers, toi sur un sol rongé par les saisons, on porterait toujours des bagages nouveaux à ouvrir devant l’autre pour lui montrer des morceaux de vie froissés par la solitude.
MARRE
Avec deux R oui, je ne parle ni des canards des étangs de Ville d’Avray que j’aimerai toujours ni de nature jolie ni de libellule ni même des cygnes du parc d’El Estero qui parfois me manque malgré le bruit des voiture, je ne chante pas mon amour d’enfant pour la nature, non, au contraire, je parle de toi oui, j’en ai marre marre marre de toi oui, je reprend cet air-là ce ton qui me plaît bien même si je ne suis pas sûre qu’il soit bien le mien mais en fait, je m’en fiche, car j’en ai marre oui, marre marre marre de toi, c’est le bon adverbe qui décrit bien ce que j’ai de toi, je n’ai plus peur ni mal ni faim, ça tombe bien, je ne me marre plus non plus, ce n’est plus drôle
et toi, tu te foutrais un peu de ma gueule ?
LAVANDE
Ce serait une douceur comme
Ce serait une douceur comme
Une douceur comme une force oui
Ce serait une douceur comme une force mauve, qui sent les grandes enjambées sur des paysages secs, et les petites chutes pas graves qui marquent un peu l’épiderme mais donnent à la vie ses recoins.
Ce serait une douceur comme le courage d’aplanir les reliefs de mon horizon, pour m’y reposer vraiment de façon confortable.
DEMAIN
Ce serait bien plus qu’aujourd’hui mais ce ne serait pas plus lourd, j’aurais enlevé plein de trucs encombrants, j’aurais effacé tous les clichés de mon écriture, j’aurais purifié mes vieilles pensées pour ne plus les confondre avec des sentiments, j’aurais trouvé une voie de poèmes pour y construire une route sur laquelle cheminer pour de bon, j’y aurais déposé de jolis pavés pas lourds et pas trop lisses pour ne pas glisser, j’y aurai construit des aires de repos sans culpabilité.
MENUISIER
C’est ce que je ferais en aménageant le petit refuge de terre crue au fond de mon cœur de monde, il y aurait des étagères irrégulières où se disposeraient parfaitement les restes variés de mes jours et les morceaux de celles que j’ai été, et tous les livres refermés mille fois, et des milliers de fleurs séchées auxquelles mes larmes redonneraient leurs couleurs, parfois..
Il y aurait une table immense jamais vide, toujours un peu encombrée de choses que personne ne comprendrait, des œuvres en devenir et des pots de trucs pour nourrir mon corps et mes pensées.
Il y aurait des boîtes sculptées dans des branches tombées d’arbres adorés, où je cacherais des rituels, un pour chaque poème, ça ferait beaucoup mais il n’y aurait personne pour se plaindre de mon bordel.
Bréviaire du concept en étreinte
L'attente Ce serait un jeu, une oppression parfois jusqu'à la joie, tout chiffre devenu vain : regarder le monde exactement sans toi. L'image Ce serait un don sans dette qui donnerait un au-delà à la chambre, sans qu'il n'y ait rien entre nous que l'air des caresses. Le lit Il serait seulement son nom sans souci de façon ni de matière, forme parfaite pour nos tableaux soumis à nul regard, cadre ne se souciant pas d'être dépassé, surtout ne voulant pas être dressé. La main Je la regarderais, tienne, chaque fois dans le monde. Elle serait le multiple et le mouvement, et toujours l'ironie double : insinuation pour courtoisie, effleurement pour impatience, gifle pour passion. La joie La joie elle serait tout, presque rien. Toujours voulant celle de l'autre pour la sienne. La vague Elle ne serait pas que précision, mais une répétition toujours changeante. Tu serais surprise. Rien n'irait de l'avant, rien ne tomberait. Par la danse, il n'y aurait plus ni dedans ni dehors. L'horizon La lumière serait à plat comme porté par une eau sans vague pour aboutir à ton triangle touffu, niant seul la géométrie pour la luxure. Miroir Ce serait des renversements à foison : tes mains appuyées comme si le mur était terre, nos regards parallèles pour que nos yeux se pénètrent, l'oeillet à la joie d'être bouche, toi régnant d'être inclinée.
Ancrages I & II
TRISTESSE
Vague enfle
te dilue toi
silencieuse mon invisible
Je ne saurais dire
fantôme frileuse
_____________ si
en mon sein sombre
_____________ tu serais heureuse
A Dungeness les fleurs
naitraient là dans la pierre
et la mer en colie
TERREUR
Rafale l’air
_______– quelle amer
_______menace
chahute
tes organes ?
Pétrifiées mes mains
sous la bise
__________te verraient luire
toi __toute transie
joues livides
La centrale
explosive
et trouble vacille
COURAGE
Je puiserais alors
la force de mon âme
dans le terreau chagrin
des peurs immémoriales
RAGE
De ta glotte terrifiée
s’agiterait
ton cœur
_______en étoile
Feu
de mes langues intérieures
et l’éveil__________ inespéré
______– falaise de mes viscères
______s’embrasent
d’une conscience __réparatrice
LECTURE
Je plongerais mes racines
dans le verbe humide
des conversations amies
Repulpée de poisse
crèmerais de mots
mes ankyloses quotidiennes
Tendrais-tu ta main __mauve
aux jacinthes d’avril ?
FLEURAISON
_______Vase tulipe
assemble__ –____ moi
T’exhorterais
______________ _toi vivante
____de mes caresses
____velours
Lors gouterais-tu la soie
de ma bouche mimosa ?
____________Harmonie rose et or
________ _donnerait cœur à corps
_____________aux jours informes
TENDRESSE
Lueur rieuse de tes paumes
_____________guimauves
réchauffe ma peau calme
J’effleurerais _ tes cils
soyeux se duvètent
_______Mollement
les pompons dorent
la fenêtre
JOIE
Je me fondrais alors
au creux de tes chairs
Aisselles souples
nos rêveries s’extasent –
Voilier
VOILIER :
Je détacherais tes chaînes, tes chaînes en forme de cordes, tressées comme des nattes, des nattes de Cheyenne tissées sur une poitrine. Je hisserais ton drap à la force des bras le long de ton échine, je coifferais ton corps pâle de nœuds en huit, de nœuds de chaise, de cabestan, pare-battages sur les flancs.
Tu prendrais ton envol, chevaucherais les dunes, des dunes d’eau et de sel, au galop sans obstacles. Là où les eaux se perdent, où les tissus se délitent, où les temps se déchirent, j’apercevrais en toi la louve des forêts vierges. Tu pousserais un cri ; la bête inassouvie connaîtrait la jouissance. Au large, tu comprendrais que dans le ventre du monde le désir prend naissance. Dans le creux des tourments, la gueule tournée vers l’ouest, mordant les alizés, tu hurlerais à la lune, consciente de ta puissance, fière de ta solitude. Et au petit matin, auréolés d’une couronne de mouettes, les aigles des marins, tes crocs seraient caresses.
Une fois au port, je ferais coulisser autour de tes poulies des chaînes en forme de cordes, tressées comme des nattes, des nattes de Cheyenne. Sur le bois de la terre humide et incertaine, je sauterais à pieds joints, pare-battages sur le pont, cavalière sans monture.
ÉPINGLER
Tu ramasserais une branche molle, avec ta canine en prélèverais la feuille coupante. Donc j’ouvrirais mon nombril pour lui tenir chaud et un liquide jaillirait comme du lait en plus âcre et la boue virerait iodée. Tu ouvrirais tes paumes en soucoupe comme pour récolter l’eau de la fontaine d’un certain parc puis je te regarderais t’engorger. J’agripperais ta carotide pour éviter de me répandre, éventuellement te léguerais un ongle tendre. Ainsi nous ne serions ni scellées ni prisonnières, mais épinglées.
FONDRE
Un individu pourvu d’une large bouche en forme de ténèbres. Tu le verrais la première et évidemment tu t’y précipiterais. Je n’essaierais pas de te retenir par crainte d’abîmer le paysage, à cette heure tu adorerais les précipices plus que d’ordinaire. Ton besoin de chaleur m’intimiderais beaucoup. J’en serais réduite à te deviner, et ce vide étrangement préciserait tes contours. Je pourrais dire : je l’ai vu fondre, cela n’avait rien à voir avec moi, désormais je la connais.
OEIL
J’aurais un creux au niveau de la cheville droite. Je penserais d’abord à la canicule, alors tu frotterais un glaçon à l’endroit du creux. La chair autour du creux palpiterait, tu penserais d’abord au coeur d’un oiseau minuscule, peut-être en rapport avec une promenade en forêt. Tu cautériserais à l’aide d’un cil, le creux aspirerait le cil qui proliférerait. Un os soyeux, finalement. Un os soyeux, finalement un globe lisse, animé d’une pupille vacillante. La première pupille de cheville du monde, la naissance d’un oeil à l’endroit du creux, cet endroit où je n’ai d’oeil que pour toi.
CHAMPIGNON
D’humeur fongique je ferais fi de ma pudeur et je cueillerais une petite chose à la peau élastique. Je l’enroberais de ma salive sans te quitter des yeux, le champignon remplacerait la pomme, on rirait beaucoup.
REPOS
Un tissu moelleux déployé sur une surface aléatoire. Tu déposerais dessus une épaule et ta bouche, je n’oserais pas t’en demander plus. Dans le fond, je voudrais simplement me reposer et toi tu serais bien désolée. Une épaule et une bouche effilochées à force d’être triturées comme lorsque, enfant, je m’agrippais au bout de tissu pour retrouver le monde intact au réveil.
CIGARETTE
Tu agirais bizarrement à cause du temps maussade soi-disant, sauf que je ne serais pas stupide. Tu sortirais acheter des cigarettes, yep, je saurais de quoi il s’agit. J’ouvrirais à peine les rideaux et ta silhouette opacifiée traverserait la route. Je m’épuiserais à t’attendre et je fumerais trop, sans doute.
chat
tu serais dans un corps poilu et doux, pas très grand et tu me ferais des câlins et moi je serais dans un corps humain-beaucoup moins poilu et je te regarderais miauler et faire tout ce que tu fais et je te donnerais à manger et quand tu aurais faim tu me mordrais
écriture
je serais dans mon corps et je noterai les mots qui me passent par la tête qui feraient des phrases qui feraient des histoires et toi tu me lirais
miracle
tu ferais des trucs qu’on t’a dit que tu ne serais jamais capable de faire et moi je les regarderais
tendresse
tu me prendrais dans tes bras et moi je te prendrais dans mes bras et on recommencerait jusqu’à ce qu’on en ait marre!
nudité
tu porterais des tissus cousus sur ton corps pour le couvrir et quand tu les enlèverais tu serais nue (et moi je te regarderais)
Course
Nom féminin. D’abord « corse » 1205, puis « course» 1553
J’aurais gratonné gentiment avec toi à Bleau. Je me demanderais comment je t’informerai de mon fantasme d’escalader en solo, la face nord de l’Eiger par la voie Heckmair. Tu opposerais, angoissée, des tonnes d’arguments à ce projet de course mythique. Tu m’exposerais tes réticences : le risque mortel, l’absence de guide, la solitude, les intempéries, le bivouac éventuel dans la paroi, la lourdeur de l’équipement. J’insisterais, je me connais, et te dirais que c’est mon ardent désir, d’autant que j’ai à mon actif des sommets himalayens. Je noterais la pâleur de ton visage aussi blanc que neige.
Le lendemain tu me raconterais ton cauchemar nocturne où tu aurais vu mon corps chuter pendant 1500 mètres sur les rochers. Alors je te répondrais pour vaincre ta résistance, que j’engagerais un guide suisse et rechercherais un compagnon de cordée extrêmement entrainé pour cette course.
PORTANT
Je me serais égaré au Bon Marché devant un portant en acier chromé en forme de dinosaure. Attiré par son design et la beauté des habits présentés, j’aurais pris une photo. Ce faisant j’aurais charmé la vendeuse affectée à ce stand qui m’aurait tutoyé familièrement, l’œil souriant. J’en aurais fait immédiatement autant. Tu m’aurais fait remarquer à juste titre que je n’avais pas le droit de photographier cette œuvre d’art. Immédiatement je t’aurais proposé de poser pour moi. Tu aurais alors pris mon bras familièrement comme pour me manifester le début de notre histoire. J’aurais bien voulu te demander ton numéro de téléphone, mais tu m’aurais devancé.
C’est pourtant important les portants
REVE
Je t’aurais donné rendez-vous sous l’horloge de la gare à vingt heures et je t’aurais attendue, attendue, tu ne serais jamais venue, comme dit la chanson. Tu m’aurais donc oublié et tu aurais décidé de me larguer. Très-très tard je serais rentré, harassé. Et, ô miracle tu m’aurais téléphoné. J’aurais alors osé te demander si tu pourrais rappliquer. Et ce rêve inaccessible, je l’aurais réalisé !
Murs
Il y aurait quatre pans autour de nous, de brique ou de plâtre. Ils seraient hissés tout autour, rétrécissant l’espace, le cloisonnant. Ils pèleraient à force qu’on gratte puisque nous serions enfermés. Nous serions animaux levant la patte, le signe que les murs seraient insuffisants à délimiter notre territoire. Nous les aurions voulu plus larges. Nous aurions voulu les abattre pour laisser entrer la lumière.
Fenêtres
C’est pour ça que nous aurions percé les murs. Nous y aurions laissé entré la lumière par de petites ouvertures de la largeur de nos bras. Nous pourrions les ouvrir et les fermer. Les fenêtres feraient un pas en avant et les yeux nous précéderaient à l’extérieur. Les vitres réverbéreraient l’éclat des choses. Ce serait façon d’illuminer les murs.
Portes
Nous aurions choisi de percer de plus grandes ouvertures de la hauteur du plus grand d’entre nous. Nous aurions installé un panneau à ouverture latérale. Ce serait comme une fenêtre mais très haute qui permettrait de sortir entièrement. Les portes feraient un pas en avant et nos pieds nous précéderaient à l’extérieur. Ils seraient aussitôt suivis de notre corps entier. Et de nos yeux qui avaient parcouru tout l’horizon avant, par les fenêtres. Tout notre corps pourrait alors emboîter le pas des yeux, puis des pieds et alors, le monde serait à nous.
Monde
Ce serait une immensité. Il serait tellement vaste qu’il semblerait infini, qu’on ne pourrait jamais le parcourir en entier. Jamais nous n’en serions rassasié. Le monde serait ce que nous avions longtemps rêvé et auquel nous avions désormais accès, grâce aux fenêtres, grâce aux portes.
Fantasme à quatre temps
Espace
On dit que la distance entre Terre et Lune varie constamment selon la position de la Lune sur cette orbite – à l’échelle de l’Univers, l’unité de distance est donnée en seconde-lumière – Toi, tu serais la planète que l’on dit bleue comme une orange. Et moi, je serais ce satellite en rotation absolument synchrone avec toi. Toujours pâle et jamais même – tantôt gibbeuse, tantôt ronde ; parfois rousse, parfois blonde – je te montrerais continûment la même face. Tout l’univers serait à sa place. Et, en ce sens, nous irions parfaitement, main dans la main, comme de vieux amants.
Interface
Sur les écrans, oscilleraient deux images. Deux visages y figurent. Deux souffles, deux essences, deux chairs en puissance dans la constellation des cristaux liquides. Tu m’apparaîtrais ainsi dans un faisceau de lumière crue. Je te ferais face aussitôt, emprisonnée dans un rectangle quelconque. Pixelisés dans la zone magnétique, nous serions réunis le temps d’un mot doux, d’un baiser virtuel. Soudainement, le tunnel se refermerait et nous recracherait dans le néant. Fondus au noir, black-out, nous serions éjectés dans nos solitudes respectives. En exil.
Surface
Ce serait ce lieu, un serment sur la langue, rêvé de nuit comme de jour, dessiné sur la page à l’encre sympathique, pétri longuement entre nos doigts. Ce serait un lieu bâti par nous, pour nous, mot à mot, phrase à phrase, champs contre champs, pierre après pierre, au corps à corps, peau à peau. Ce lieu serait notre gîte quelles que soient les saisons. Un nid pour nos caresses. La canopée serait un ciel de lit étoilé pour nous. Ce serait un abri dans les feuillus sur la terre arable et fertile où je te dirais oui, toujours ; où tu me dirais oui toujours. Un refuge.
Profondeur
Un frisson à fleur de peau, un balbutiement de la chair, ainsi s’afficheraient l’amour et le désir. Venu des tréfonds, de la nuit des temps, de bien avant le langage parlé ainsi serait mon désir de toi, inextinguible. Mon amour de toi, infiniment. Tu serais ce feu en mon centre, les flammes du plaisir sur mes joues. Ton nom, absenté ici, serait inscrit sous ma peau frémissante. Ton nom, qui m’est cher et doux, je l’aurais écrit secrètement dans le noyau de mon corps tremblant.