Prends garde !
Quand monte l’éclipse au cerveau,
Que la lune gibbeuse t’éclabousse
et boit avec toi, un verre, encore un verre
Prends garde à l’écorce de tes rêves nocturnes qui se craquellent,
Aux mornes matins blancs qui poussent à enfiler les souliers rouges,
Prends garde aux ombres en sueur qui te frôlent, aux bouches affamées qui voudraient manger dans la paume des mains, dans le creux des reins, tout au bout des seins,
À l’amère et âpre goût de rancœur, gravelle qui tâche au fond du verre,
Prends garde aux mages parisiens qui choisissent les élues à la courbure de leurs hanches, à la pureté de leur robe légère,
Prends garde à tes mots qui éclatent et roulent sur le plancher, aux rires qui résonnent comme des chiens hurlants dans la nuit, à tes bras qui tentent de reprendre les rennes en vain…
Oui – Prends garde.