Il me voit arriver.
Il me regarde déplacer – un pied après l’autre. Ses yeux changent de place – de porte de fente – chaque jour de fenêtre.
Je persiste à emprunter le même chemin rugueux – le sien. Ne pas lisser – l’un des siens.
Et ils sont là. Toujours.
Sur moi les yeux.
Ils me défigurent. Pas à pas.
Lorsque j’arrive à la porte du bureau je n’ai plus de visage que le sien. Un visage gris à angles francs.
Vieux bâtiment.
Une figure aux mille fentes aveugles calfeutrées de roche pulvérisée. Un visage d’amiante comme il ne s’en voit pas.
Mille particules isolent.
Et pourtant ils sont là. Toujours.
Sur moi les yeux.
Tag / Visage
Elles me délient
les lèvres noires,
dessin ouvert sur un grand mur
Elle me couve la peau éteinte
la cendre grise
des deux pommettes
Ils me récoltent, les yeux brûlés
Leur terre rouge
Semée très loin,
semée pour moi
Je m’allonge pour ramasser
le bois sec de tes chevilles.
Le visage versatile du père devint dur et froid, sombre comme un nuage en forêt nous jète dans l’obscurité.
Un mécanisme qu’on connaissait trop bien allait s’enclencher.
Dans un temps lent, volontairement étiré, il retirerait ses lunettes, les yeux fixes, perçants, retenant toute la violence qu’il allait bientôt nous balancer.
Il déboutonnerait ses manches, les retrousserait une à une jusqu’aux coudes. Il dégraferait sa montre et la poserait bien à plat sur la table pour ne pas l’abîmer.
D’une voix quasi sifflée, il lâcherait un « viens ici » donnant fin à la scène suspendue.
Nous irons prendre notre raclée comme des chiens.