Bruit du premier RER sur les rails. Télévision des voisins full volume dans l’angle de la chambre. Publicités quand j’ouvre YouTube pour écouter de la musique. Publicités pendant la musique. Annonces sonores quand j’écoute une vision du monde à la radio sous la douche. Annonce sonore quand je rentre dans le métro pour préciser le nombre de minutes avant sa venue. Annonce sonore pour expliquer comment recharger son pass électronique à un prix exponentiel sur des machines. Annonce sonore pour informer des adultes que la trottinette est interdite dans les wagons. Annonce sonore pour indiquer le nom des stations. Annonce sonore alarmiste pour signaler des pickpockets. La vie réelle sous impératif contaminé est méfiante. Appel vidéo sans casque par un voyageur de toute évidence sourd. Appel audio sans casque ad lib d’utilisateurs dévorés par des vortex conversationnels. Ecrans géants statiques infinis dans les couloirs souterrains qui puent. Ecrans géants et affichages dynamiques devant humains spectraux. Ecrans géants et affichages dynamiques qui projettent en alternance une publicité pour un site de rencontres adultères et une réclame pour un hypermarché aux promotions in-con-tour-nables. Bips de notifications. Pensées intermittentes. Corps sous râle. Bip d’erreur pour sortir. Klaxons structurels d’une capitale sous trafic ininterrompu. Sirènes de pompiers au loin + sirènes de police tout près. Quelques oiseaux survivants et inutiles. D’ici là, depuis lors.

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