Levée

Tu te lèves.
Tu étires ton corps grand.
Tu ouvres la mâchoire et bâilles.
Tu retires le drap blanc
Tu soulèves le corps grand
Tu t’arraches.
Tu t’arraches du lit 
Tu arraches le rêve engourdi
Tu le déchiquètes en confettis riquiqui et
Tu chasses la nuit et 
Tu bois ton café tu bois un autre café
Tu te noies dans la caféine pour être opé
Tu es une femme très occupée oui très occupée
Tu dois être opé dès le matin toi tu ne peux pas te permettre de déconner
Tu bois un troisième café et puis tu
Te déplies t’emploies te réveilles te wakes up te makes up tu te démarques te décolles tu décolles tu t’emploies tu t’emploies à tuer tuer la nuit tu tu te tartines une tartine te tartines la gueule tu tu tu as déconné hier trop bu trop bu tu bous tu bois tu bois tu bois du café du café tu fais pétiller un citrate de bétaïne dans un verre d’eau pour ta gueule de bois tu bois un citrate de bétaïne tu tu déplies ton corps grand ton journal tu as mal mal au crâne tu poses ton journal tu te brosses brosses les dents brosses brosses tu as déconné maintenant tu te reprends tu te recomposes tu retrouves tes repères tu te mets bien machine de guerre bon tu gerbes tu nettoies tu te rebrosses brosses les dents tu te vois là-dedans trouble tu te vois floue dans le miroir sale ta gueule sale du matin sale de la vie sale tu te vois salie par la vie saloperie tu subis tu subis tu subis tu subitement te mets à penser je subis je subis saloperie je veux recoller les morceaux de la nuit et me replonger dans le rêve noyé par le café. 
Et puis j’oublie.

Un commentaire

Répondre à Samuel Savreux Annuler la réponse.