Champs de velours

Je suis au bord, sur ce balcon
dans ce rêve, au bord de tomber
je ne fais que monter, monter,
je ne cherche pas à descendre
je ne descendrai pas

là où tu repiques des poiriers, et du houx
un jour j’observerai la pleine lune des fraises
là où la terre devrait être parsemée de rouge
c’est un champs de velours, de fruits pourris
la chaleur fait tout tourner, et tes sentiments ?

là où tu arrives, mon coeur palpite
de grosses palpitations, écoeurantes
je caresse ton chien, je veux te retenir
je te parlerai, un jour je te parlerai
depuis le lit que nous partagerons, et
tu éteindras la lumière de notre chambre

là où tu arraches et où tu récoltes
mes perles de sueur gouttent, je tiens
des fleurs de lavande fraîche
dans ma paume repliée, je te regarde
tu es aussi réel que le vent dans les arbres
nos ondes, calmes et concentrées, se parlent

Je suis au bord, mon coeur saute par-dessus
la mer sent la rose, la rose les embruns
tout se renversera, l’océan en surchauffe,
el niño fonce sur nous, je suis au bord
je tiens, je ne tiendrai plus longtemps, et toi ?

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