Quand je n’orpaille

que des tessons

j’enfouis mon visage

dans le poil dru

des collines

___________ tu parages

Si j’orage

dents dedans pulsatiles

je vais nager

dans un lac sombre 

et immobile

___________ tu barrages

Quand je me tiens 

à la commissure du monde

tu me tends la voix

pour être aussi

de la clameur au loin

___________ tu dos larges

Si je ne respire plus

ni dans le temps

ni dans l’espace

tu me portes jusqu’à

cet endroit

qui précède le souffle

___________ m’aimes

Un grand chien dort à l’ombre
des ardoises.
Les portes des chambres sont entrouvertes
et le silence frais dans la maison
raconte août sur le plateau.

Un grand chien dort à l’ombre.
Dehors a cligné des yeux ; le paysage est sidéré.
Sur l’ardoise une soustraction :
on pose le chien et
on retient son souffle
Où sont les adultes ?

Devant la maison l’ombre du chien
gronde dans la vallée
L’eau trébuche dans la rigole
bruits de pleurs – la porte est close
Une fleur rouge s’étale sur le coton

une flaque
dehors
l’ombre n’a fait qu’un tour
devant le chien de la maison