On m’a souvent dit, et ce depuis ma plus brutale enfance, qu’il valait mieux être sage, douce et docile.

C’est fou comme les adultes sont capables de mentir (comme s’il pouvait en être autrement…), alors que ça aussi ils le disent : mentir, c’est mal.

Heureusement, je n’y ai jamais cru. Pourtant, j’ai toujours été friande de rumeurs, pas pour y croire bêtement, plutôt pour faire mon enquête et me forcer à réfléchir par moi-même.

D’ailleurs, c’est la première fois que je n’ai eu ni à enquêter, ni à réfléchir : instinctivement, être sage, douce et docile n’était pas dans mes cordes (comme s’il pouvait en être autrement…).

Quand les fils sortiront en boule du cœur froissé

qu’en feras-tu ?

Quand l’aiguille à vif remontera des entrailles pour tout crever

qu’en feras-tu ?

Quand les coutures craqueront sous le poids des poids trop lourds pour moi

qu’en feras-tu ?

Quand la travailleuse débordera de nos fleurs asséchées

qu’en feras-tu ?

Quand le coton me grattera et que la soie m’étranglera

quand seras-tu ?

Il est ce soir
où tu as souhaité
envelopper les
mondes à connaître
le mien d’abord
le tien ensuite et
je n’ai su abandonner que
ce que tu as pu retenir

mon regard
le vrai sous le
tapis de la parodie

mais désillusionné 
tu as été
jusqu’à ce que tu te rappelles 

il rassemblait au-delà de
tes désirs déments
en aucun cas démentis

de-ci de-là 

l’ampleur de nos
vies comme des cimes