la maison gémit dans l’obscurité
des épines perforent sa peau
l’horizon penche incertain

cette nuit il a plu du sang
On dirait qu’un manteau de coquelicots
recouvre le lit de la neige

comme si des becs d’oiseaux
déchiquetaient l’arbre poumons
sous les plis de leurs ailes

on dirait que l’air vient à manquer
elle dénoue ses cheveux de l’absence

juste le vent    dans le silence

tu __se détache du nous
les roses se cognent
et le moi se soulève

dé chi ru re
dé chi ru re
dé chi ru re
dé chi ru re d’amour

étoffe pourpre
d’un cœur décousu

l’arrachement de sa chair

la poitrine qui se serre

sœurs de sang
rougissent l’air

la gorge nouée
l’étreinte de la nausée

douleur
douleur
douleur d’amour

et se rejoue
la séparation première
l’orage embrase et couture le jour

il défait fil à fil
le tissu
d’amour

un bouton s’ouvre en secret

il/lacère l’intime
elle /sa patience infime

dé chi ru re
dé chi ru re
dé chi ru re
dé chi ru re d’amour

il/tracer son chemin sans elle
elle/rassembler ses forces sans lui

à la lueur d’une chandelle
leurs ombres brunes désunies

ô corolle rouge de la nuit

On a le temps posé
sur l’étagère de la cuisine
tu attends
dans la langueur de l’été
on s’égare on t’oublie


à la lumière crue du matin
tu attends tremblant

affaibli à l’agonie
tu attends


et puis on se souvient
deux mains désolées t’emportent
il est grand temps
deux mains creusent ta place
dans la croûte de terre
tout près du thym


il suffit pourtant de presque rien
un peu d’eau de paille chaque jour
pour que ton pouls batte à nouveau
dans ce petit bout de jardin


deux mains t’espèrent attendent
l’élancement vers la lumière


il suffit pourtant de presque rien


caresser tes joues prendre soin
pour que ton corps se relève
courageux vaillant
basilic