OUI à la VIE

J’ai grandi dans une fratrie de 8 enfants

Je suis la 7e Peut être une chance 

Je ne voulais rien d’autre que de grandir 

Je ne savais pas que j’existais, j’existais simplement

Dans un environnement bien bruyant un peu violent très vivant

Je ne voulais pas qu’on me pince, qu’on me griffe, qu’on me tape

J’aimais quand ma mère démêlait mes cheveux frisés…car à ce moment elle n’était là que pour moi… même si ça tirait fort et que cela faisait mal.

J’aimais suivre ma sœur comme son ombre… aucune initiative de ma part. J’étais la suiveuse. Parfois elle n’en pouvait plus de moi et me rejetait.

Je n’aimais pas la solitude … une peur bleue d’être seule… peur d’un invisible que je ressentais sans pouvoir le nommer.

Une année, il y a eu ma grand-mère maternelle. Elle est venue porter main forte à sa fille, ma mère. 

Elle est apparue comme un miracle.

Celle qui avait du temps pour nous, les cadettes. Celle qui écoutait et répondait dans une autre langue, celle des parents… l’arabe. Celle qui racontait, qui faisait sa gym dans notre chambre, celle qui m’a appris la caresse, la tendresse, l’attention, la douceur, l’amour.

Elle qui m’a éveillée à la vie… 

Mémé miracle de la vie. Partie comme elle était venue. Disparue à jamais mais toujours là dans mon cœur. 

Comme ma mère, mère courage qui a tenu bon jusqu’à ce que son cœur lâche.

L’enfance est toujours là, avec un regard sincère tourné vers le mystère. 

Un effondrement parfois et un rebond à jouer puisque je suis là.