Rentre
Ne sonne pas
ne sonne plus
je t’attends
rentre
ça fait longtemps
que je t’attends
rentre
il est tard
il fait froid
rentre
pose ton manteau
là
sur la chaise
rentre
pose toi près de moi
rentre
tu le vois le café sur la table ?
tu le vois le café dans la tasse ?
il fume encore
tu le vois ?
rentre
Il est encore chaud
rentre
il est bon, tu verras
rentre
J’ai mis des fleurs sur le petit tabouret en bois
rentre
regarde comme elles sont belles
rentre
elles sont pour toi
rentre
ça fait longtemps que je t’attends
rentre
Tag / Poète postpunk
Connais-tu ma tristesse ?
Elle me cloue au sol en des heures sans fin;
Et les jours sont semblables et les calendriers n’ont plus de sens
Si ce n’est de lier les jours inavouables
De son départ et de ton départ !
Les orphelins sont-ils toujours aussi honteux ?
Connais-tu ma tristesse ?
Elle que je suis partout et qui me suit partout.
Connais-tu ma tristesse ?
Elle a le son du silence qui gronde en mon immobilité. Rien d’autre n’est au monde,
Ni mon souffle, ni celui de l’enfant d’hier,
Ni vos deux voix devenues si tôt indéfinies !
Connais-tu la tristesse ?
Fraternité damnée !
L’absence, amie en la chair scellée !
Et la joie incertaine,
Compagne de haute lutte,
Devenue seule dignité.
Et l’espoir plaie ouverte !
Comment le déserter quand le sourire des
Ombres au cœur s’enchaîne ?
Connais-tu la tristesse ?
Houle vive conquérante où se noient les étrangers à la peine. Les esquifs du réconfort tour à tour s’y brisent.
Connais-tu la tristesse ?
Pour elle, on promet tout et par elle, tout advient.
Pour elle, de lui j’ai tout refusé .
Il ne pouvait demeurer que le vide.
Pour elle, de toi j’ai tout accepté, jusqu’au parfum que tu aimais, que je dépose sur ma nuque aujourd’hui.
Connais-tu ma tristesse ?
Ne l’ais-je criée à chaque ligne ? Puisses-tu me l’accorder encore un peu !
Connais-tu mon amour ?
Je l’avais ensevelie au plus profond de ma colère. Je n’ai pas su l’exhumer à temps !
Connais-tu mon amour ?
Il ressurgit aux cendres littorales alors qu’il se fait tard. Toi seule peut l’accepter, comme le peuvent les mères. Je le sens en mon âme à présent.
Connais-tu mon amour ?
Connais-tu ma tristesse ?
Connais-tu ma tristesse ?
Tu ne crois pas ?
Tu ne crois pas?
qu’un pétale peut nous retourner
tu ne crois pas?
l’infinitésimal sous l’épiderme
tu ne crois pas?
l’eau de nos yeux
tu ne crois pas?
le gargouillis de la rosée
tu ne crois pas?
je vais te sourdre
t’enlever tes branchies
t’assécher les alvéoles
te sécher au soleil
tu ne crois pas?
que les escargots ont une âme
tu ne crois pas?
je vais te nouer à l’araignée
t’enrouler dans une coquille vide
tu ne crois pas?
un oiseau sur trois
a disparu
tu ne crois pas?
à l’écorce contre ton sein
au silence du guerrier
tu ne crois pas?
je vais t’arracher l’aubier
piétiner les radicelles
te déraciner
émietter la terre sèche
tu ne crois pas?
à la flèche taillée
au poignard aiguisé
aux os incandescents
tu ne crois pas?
colin-tampon
à l’écart du désastre
nous divaguons
esquilles du vivant
tu ne crois pas?
à l’invisible danse
du coléoptère
le soleil en point de repère
tu ne crois pas?
Bienvenue
Ma femme fatale
Mon enfant reine roi oiseau
Ma surprise mon insupportable
Ma craie jaune rouge et verte
Bienvenue
Ma princesse des bas-fonds
Ma terrificatrice
Mon choix d’amour d’oubli d’inceste
Bienvenue
Mes contradictions détresses sourires ogres
Bienvenue
Mes soiffes mes plaisirs
Ma peau nue le vide en moi fumant
Bienvenue
Mes oreilles branlantes hurlantes brulantes
Bienvenue
Ma fatalité
Bienvenue
Ma mère et mon père
Mes sœurs mortes dans l’œuf sans
Mes ancêtres de tous les ramages
Et les fruits des arbres oui, tous
Bienvenue
Bienvenue
Bienvenue
Bienvenue
Venez je saigne
Venez je commence tout juste à m’aimer
Venez je me cogne
Venez putain vous me manquez
Venez je m’habille en noir et noir
Venez je sais que vous m’sauverez
Venez je me ramasse à la pelle
Venez venez venez venez
Au revoir les petits oiseaux
Au revoir le chant des papillons sauvages
Au revoir les gais pinsons
Au revoir la rivière qui danse la dense danse du temps
Au revoir les croc mitaines
Au revoir les étoiles tant adorées
Au revoir les chameaux couleur camel du chameau à bosses-attend, combien yen a déjà
Au revoir la vie vive vida vita
Via de la soif joie roi
Et moi ?
Au revoir
Les choses toutes petites
Minuscules. Minuscules et
Magnifiques. Magnifiques
Toutes petites choses
Au revoir
Oh tiens ma peau
Tiens je te dis au revoir
Bienvenue à toi
La sorcière la femme
La pute la guenon
La mystique la guerrière
La modèle l’andalouse
L’immense la fourmi
La galeuse la pétasse
La dame l’enfance
L’animale
La poilue ailée griffeuse
La cracheuse coureuse rongeuse
La pointue rampeuse nageuse
La grimpeuse lécheuse songeuse
La bleue verte jaune rouge
La lundi mardi mercredi jeudi vendredi
Bienvenue à toi
Oh oui
Écoute
La voix des ancêtres
Écoute
Le dessous dedans sous terrain
Écoute les couleurs elles dansent
Écoute les lettres
Écoute la ponctuation
Écoute le bruit du silence
Écoute quand ça tait
Écoute les voix mutiques
Les instants élastiques
Les plantes sauvages
Écoute tes dents
Écoute ton ventre tes pieds
Tes chevilles
Les genoux que tu as
Écoute les
Écoute comme tu n’as jamais tendu
Pas tes oreilles pas tes mains
Pas tes yeux
Mais
TA PEAU
Quand les fils sortiront en boule du cœur froissé
qu’en feras-tu ?
Quand l’aiguille à vif remontera des entrailles pour tout crever
qu’en feras-tu ?
Quand les coutures craqueront sous le poids des poids trop lourds pour moi
qu’en feras-tu ?
Quand la travailleuse débordera de nos fleurs asséchées
qu’en feras-tu ?
Quand le coton me grattera et que la soie m’étranglera
quand seras-tu ?
Tu ne crois pas
Tu ne crois pas ?
Que les jours se ressemblent
et que ma tête est vide.
Que le chat a très faim.
Que les paroles s’envolent.
Tu ne crois pas ?
Que les hommes se lassent
et que les fleurs se fanent.
Que l’avenir sera beau.
Que nos corps se réclament.
Tu ne crois pas ?
Que j’ai trop de travail.
Que le jardin respire.
Que ce pull te va bien.
Tu ne crois pas ?
Que nos jours sont comptés.
Que le monde est foutu.
Et qu’il faut profiter.
Bye bye
Bye bye baby
Bye bye ton air buté, ta brutalité
ta façon de braire sur moi
de me traiter de branleuse
de bouche à pipe
Bye bye les bleus les ecchymoses
tes cours d’estampes sur peau
tes pluies de juron
tes déjections verbales
tes vertes et tes pas mûres
Bye bye tes bruits dégueu
tes dégueulis quand t’as trop bu
tes prises de bec avec le monde
jamais refait jamais repeint
toujours haï (moi la première)
Bye bye ta guerre de tranchée
(dans le vif)
tes coups hauts de boxeur
tes coups bas de sournois
ta castagne tes pains quotidiens
tes arrachages de dent
Bye bye tes mensonges éhontés
tes faux semblants tes faux sourires
tes faux armistices et faux espoirs
tes fausses promesses de faux amis
tes amours fausses
pas de faux départ je te dis
bye bye
bye bye you’re not my baby
anymore
merdalor
encore une nuit blanche j’écoute les chats dehors
s’escratcher souffler geintoirer
bousculent chahutent le couvercle-ferraille des vieilles poubelles d’avant plastique
dans le coin tout noir si bien pratique
pour l’urine brillante
merdalor
a pissé l’odeur vert-moussé en têtes de serpent
merdalors
craché
merdalor
enfin
merdalor
t’as pas cinq balles ou un ticket ?
rien à bouffer
t’as pas cinq balles ?
tu sais ça peut tourner !
merdalor
un troupeau de fesses sur l’escalator
tout occupées à monter
merdalor
t’as rien oublié ?
merdalor
dans mon rêve tout patraqué tourleloupé
une feuille de papier : les mots que j’écris
n’arrêtent pas de se rotationner les lettres
se transbahuter se virevolter se mutationner
la grand-roue de l’infortune mon mal de …
merdalor
tousser dormir tousser retousser
merdalor
au pays de merdalor
le grand sorcier a des maléfices
mais m’Alice blonde a tous les ressorts
merdalor
nouz zont mis une guerre
une guerre et des zavions
nous zont mis une guerre
une guerre et des canons
juste pour l’Eurovision !
merdalor
sul’tapis rouge
on s’ébroue on s’ébruite
il fait le pitre
faites la moue pas la roue
merdalor
une pirandole d’oiseaux métal rouillé
sur le bord de la fenêtre
ça sent la nostalgie d’antan
bon marché pour petits et grands
merdalor
j’ai la jalousie et l’envie faciles
c’est mon très grand je me tords
merdalor
quand y’en a plus c’est pourtant toujours
merdencor
merdencor
j’ai si tellement l’envie facile
c’est mon plus grand merdencore
merdalor