N’entre pas dans ces nuages. La bouche s’y virgule. Les corps agrafés. Les murmures s’étouffent. En écho ? entre le vide ?

Le bleu d’acier regarde la boue. Les ombres se noient dans les motifs.

Et les feuillages ?

La lumière s’enroule sur les barbelés. Voyez-vous cette douceur rose ? Une nuit éteinte…

Un coude replié. Un dos courbé. Une figure bleue en rondeurs. Des ongles s’accrochent tout autour d’un buste. Un tissu de laine. Le visage froid. Une figure humaine …est tombée.

Disloquée

(Sous les secousses).

– Le regard à l’envers

– Dans une flaque d’eau

Se réverbèrent des idées… peut- être. Une possible pellicule du ciel – un film ?

(vous n’y êtes pas du tout)

La nuit est salée. Papiers froissés. Identités bafouées. Mégots et vestes piétinés.

Des gisants dans une carapace vareuse. Des chaussures orphelines.

Cela pose question ces mains en relève. Tendues en prières. Le « Je vous salue » d’un jour brûlant. Et les pantins se béquillent en Requiem. Les viscères dans la rage.

Tu veux dire dans l’orage ?

L’arbre est toujours là.

et les oiseaux… ?

Voilà c’est là

C’est un parpaing rugueux qui s’arrache à deux mains des entrailles. Ça t’allège et ça te crève, ça te fait cracher tes viscères, lâcher au monde ce que tu as de plus lourd, de plus dense, de plus précieux. Ça te creuse un trou dans la moelle ancienne, comme une lumière oblique perce l’odeur des pins après la pluie, les jours d’automne. Ça brouille les interstices, ça s’installe en tanière. C’est sombre, confortable, anonyme.


Maintenant c’est là, tapi en creux, ça t’observe du coin de l’oeil, façon mycélium, fragile et bleu, ça ramène une odeur de sous-bois, puissante, profonde, et puis autre chose, une puanteur, un remugle de cadavre chétif, une petite moue brodée de mille aiguilles. Ça te rampe au-dedans, ça te colle à l’humus.
C’est pourri et lumineux, délicat et menaçant, ça suinte un jus épais, visqueux, un parfum de prune blette qui macère doucement sur le plafond du temps.


Une moisissure légère te gagne les souvenirs, te recouvre l’enfance de petites spores velues, de longs filaments fades. Ça résonne dans ton crâne.


Ça construit des enfilades, des pièces vides, obscures, avec seulement, au centre, un cendrier de marbre empli d’une eau croupie et noire, où flotte un unique mégot sale. Des portes s’ouvrent sur des peurs cathédrales. Des murs éblouissants, triangulaires, des mains douces dans des tiroirs qui sentent la mer.
Une terrasse interminable recouverte d’arcades. Des baignoires d’eau fumante. Tout cela crée en toi une attente inquiète et indéfinissable, un désir labyrinthe.


Douleur ? Délice ?

Peu importe car ça s’effondre et ça t’emporte, ça tient main dans la main avec tout ce qui s’échappe: les rues grises et les matins humides, les missels et les tracts, les bouquets fanés (déjà!), les notices d’usage, les nuits blanches teintées de mauvais vin, la fumée âcre des cigarettes dans la lumière du soir. Les petites mains tristes et les poissons crevés à la surface du lac. La conquête de l’espace.


Finalement ça ramasse une tristesse ancienne, une tristesse bien connue, épaisse et tiède, une tristesse de matins froids et de fruits acides, d’édredons légers remplis de lignes droites. Ça la ramasse et ça l’avale, avec un soulagement honteux, un soulagement qui ne veut pas se dire. C’est un petit bombé vert, moussu et tendre, qui s’élève dans la forêt obscure. C’est une fuite et c’est un refuge. Ça vomit la poussière.

Evidence

Il en va de l’ÉVIDENCE – vraiment, pas de jeu de mots !
Et dans ce cas on ne s’embête quand même pas à dire,
« qu’en penses-tu, qu’en pensez-vous ? »
J’ai beaucoup aimé, moi j’ai détesté, c’était intéressant, pour nous c’est non, vous vous êtes ennuyés,
ils n’ont pas su rire dans la dernière scène.
Une telle ÉVIDENCE ridiculement rendue explicite et… trop tard pour s’apercevoir qu’elle ne disait
rien !
Les trop parleurs disent si peu mais !
On ne va pas tomber dans le même panneau
– faire demi-tour et encore demi-tour en fin de compte on a vu quoi de la ville ?
Personne, ni rien, ni tout et plus et moins non plus.
C’est déjà plus clair !
Pas ; comme quand, on fait, du grumeau à partir du limpide.
Quelle honte !
C’est aussi l’une de leurs exclamations,
Voyons, on regarde de ce côté-là, du côté honteux supposé parce que dit,
RIEN À SIGNALER.
L’ÉVIDENCE nous avait prévenus mais mais mais ce n’est pas comme ça, en un battement de cils
d’autruche, qu’on renonce à la confiance, on aurait peur d’être cynique
et dans les salons vous savez ce qu’on en dit… des cyniques…
Plus voir moins parler, à demain !

Absenté

Et là, tout s’est absenté

L’éclair avant l’impact traverse, allume le possible,

Un cri remontant le courant

La douille brèche l’imagination, lentement, siamois de métal, tente de surgir…flamme en flash…puis disparition, visage, fish eye…dents sales…poussière mordue

Synapse en apnée, machine molle, bouge, rampe, laiteux, vitreux, grouille visqueux…soufflé au vent, tout se remplit vide…absence instantanée…javel sur visages sur décor sur sensation javel sur odeur javel sur ouïe : Blanc total et bruit blanc …origine inconue vient le larsen…vrille…cercle en spirale…depuis le centre un signe apparait…nuage griffe déchire le ciel…puis noir : fragments stroboscopiques à 180 bpm : Nausée.

Ressentir, sentir, vide qui plein …qui s’enfuit d’un arrosoir percé…vide qui se vide…

L’image arrive de loin…se rapproche, grandit…passe à droite du regard…marcher pied nu…Le sable est froid ce que ressent la peau…marcher sur le sable avec le silice qui mange les pieds…suivre les rails qui chantent,… dansent ? Pourquoi ce chemin fume ? Pourquoi ces pierres s’embrassent ? S’embrasent il y a cinq milliards d’années ? Qui fut ici ? Errance de l’hippocampe…perdu aux abysses de l’univers, instant originel…

Les neurones se mêlent, s’emmêlent se mélangent, liquides, liquidés, partouze de néant, orgie des trous noirs

Erasé de toute base.

Renaitre sans avoir été

L’étau se resserre, vient écraser…

Parenthèse, prologue de pages blanches, ?????????????????????? 

Depuis…vers l’infini

L’oubli est survie

Quelle est la plus proche des plages de sable ?
L’étendue d’eau la plus épaisse ne la contiendrait pas, elle s’efforce de briller même dans les profondeurs. Alors
Comme nous sommes des grains qui
comme le sable se confondent
Comme nous sommes des
enfants doués de parole
noués de désirs
parfois il nous faut
nous taire
Car nous sommes
Aveuglés par le présent présent qui nous brûle les yeux à force de cristaux d’argent.
Quelle est la moins philosophique des questions ?
La consistance des parois a à voir avec le tissu du monde.
Tu sais comment ça fait un gosier qui s’étouffe en pleine nuit et qu’on n’a pas vu venir cette irritation de gorge.
Il y a des grumeaux sans fin dans la pâte à crêpes.
Sans réchauffer les matières, on n’obtient jamais rien.
Quel est le meilleur jour pour ne pas travailler ?
Il fait beau : c’est là une prairie de possibles. Prendre des paréos, cueillir des pommes, converser avec les abeilles, marcher dans les herbes. Faire du ciel son étendard. Ne pas toucher à la voie lactée.
Quelle est la chose qui reste sans réponse ?
Des milliers. Des milliards. Là, ne pas penser aux profondeurs. S’immoler dans les couleurs, peindre sa propre peau pour ne pas sombrer. Inutile de faire de la cartomancie si ce n’est que pour demander :
L’instant où l’on meurt.
Qu’est-ce qui poursuit sa course comme une comète ?
Un vide traverse la rue sur le passage piéton. Il s’engouffre. Personne ne le voit. Mais il peut prendre la forme d’un nuage rondouillet, d’une brassée de fleurs, d’un chien noir. Le vide n’a pas qu’une apparence.
Comment peut-on la dire, cette course dans les étoiles ?
Inutile de compter les mètres, les années-lumière se suffisent à elles-mêmes. On se sent dépassé. Il ne pouvait rien nous arriver de mieux, non ? Ça apprend à laisser filer – étoile filante. Il y en a tant que la bibliothèque d’Alexandrie ajoute sans cesse des rayonnages dans ses étagères. Regarde l’index. Il montre le chemin.
Qui regarde ?
Le vieil homme peut – il est aveugle mais puissant par sa mémoire. La vérité n’a rien à voir avec la mémoire.
Sous chaque image dort un roman. L’étincelle fait de chaque instant un champ vaste
Où emménagent nos dépendances friables
un miroitement hors du commun
une fleur qui s’épanouit
une fleur qui s’évanouit.

Éternel et vivifiant.

Originel et protecteur.

Il est là, un point c’est tout !

Difficile de l’imaginer autrement…

Comme un acide, puissamment destructeur et toxique qui, par oxydation, commencerait à te ronger de l’intérieur. Déversant un condensé explosif d’hypervigilance et de détestation de toi. Nourricier et affameur !

Dévastateur et pourtant…

C’est une balise Argos, intrinsèquement pluguée dans ton cerveau, annulant toute velléité de fuite, de disparition ! Un écho permanent au souffle de ta respiration actionnant le chaud et le froid à discrétion. Bienveillant et démoniaque ; Sincère et facétieux ; Diaphane et opaque…

 Un chant d’amour à jamais désaccordé ;

Une violence souterraine sans chronicité ;

Un pulvérisateur de sentiments contradictoires ;

Un broyeur d’ego te condamnant à l’errance.

Anxiogène, délibérément ! 

La récolte

Une danse dictée par le ciel, sous la pierre du soleil. Les vingts vénérés protègent circulairement les dons de la terre.

Une vision cosmique pour souligner l’extraordinaire de l’ordinaire.

Peut être que la pluie adoucira Nahui, et que le soleil du vent sera détruit par l’ouragan. Question de titans…

La direction est écrite dans l’univers.
La main de l’Homme s’en sert pour satisfaire la sorcière.

La jade éloigne. La plume de l’aigle détruit, pour finalement laisser passer la vie.

Il est probable de passer à coté
C’est une affaire sismique
Une affaire
De coulées d’or qui fondent 
D’atomes électriques qui modifient jusqu’à la structure de l’air
Tu sens comme ça ondoie ?
Ça crépite comme le sillon d’un disque ancien
Ça retient son souffle
Densité argentique
Ça fixe et ça ressaque 
Puis ça repart puisque le temps n’a pas de roue de secours 
Toi tu as les cheveux couverts de cendres 
Tu pourrais avoir mille ans 
Le séisme a renversé le paysage 
Tu sors des ruines et tout respire
Ton cœur palpitant dans tes mains 

Là, observant, dans l’ombre des reflets.
Ça ondule…
Rappelant la vanité dans un œil étrange.
Par-delà, aux horizons défaits,
agitations des agissements.
Que faire ? Que comprendre ?
Il y a tellement de choses qui s’agglutinent
jusqu’à s’entrelacer, s’enchâsser,
s’enchevêtrer, se chevaucher…
parfois même, se piétiner ou…
s’embrasser.

Car : ça ne prévient pas.
Ça ne parle pas.
Ça ne dit rien.
Non ; pas un mot.
Jamais.
Ça laisse en suspens.
Entre différents états.
Des sentiments ambivalents.
Entre joie pure … et amertume.
Une palette de nuances.
C’est vaste.

Un indescriptible
dont on ne revient jamais

… identique.

Quand on y pense…
Mais pourquoi y penser ?
Savons-nous au moins
à quoi cela ressemble ?
On ne le sait que de l’extérieur
car lorsqu’on y pénètre…

… d’ailleurs qui en est déjà revenu ?

Elle se détache?! On le voit bien.

L’auréole est devant 
devant au loin comme un linge pâle.
Pâle? On le sait trop.

La petite est restée.
Allongée.
Elle s’allonge tout en lueurs. Candides.
S’affirme.
Affine.
Sa trace, elle,
ne tombera pas.
Elle ne tombera pas?!
On sait cela?!

Pour le fond, on espère aussi 
la jute, une toile, un grand sac, épais, profond pour que l’on voie.
Voir c’est tenir disait l’oncle 
porter à soi chantait la mère 
retenir, rejeter, mettre à mal la grande distance entre le monde et toi
alors tous nous souhaitons un grand cabas car tout est plat. Oui, tout est plat!

Sans électrocardiogramme,
où vont les battements des lueurs 
leurs entre chocs de glace 
s’enfoncent et voudraient se cogner quelque part pour ressentir leur monde
ces lumières que l’on n’entend même pas
car il n’y a pas de fond

Elles
que l’on a attendues, étant entendu que l’on voulait y croire
vont-elles enfin tomber ?!!
À ne voir que cela! 
L’immense détachement !

Sans aucun sac épais
pour retenir tout ça…