Je désire ce que tu désires

en un soupir
j’ai épilé le duvet
des secrets

boucle
tu susurres ça
qui ne vient pas
tout est question
de rythme

les silences s’épanchent
moi je te parlais des attentes

lèvre contre langue

contre lèvre

en miroir

boucle

en bas du ventre

en haut des cuisses

temps blanc du week-end
au seuil du jour j’ai encore vu l’attente

front fondu joue
tend bouche
sous la couette
tu affabules
car les mains manquent

j’ai cru à la levée du voile
puis la nuit plut
j’ai frémis
jusqu’au jour
si j’avais su
les aurores patientes

désirent ce que je désire

Triste tigre

j’ai trouvé dans un livre
une tautologie
la différence fait toute la différence

je me l’approprie
ça ne répète pas la même chose
ça fait toute la différence

quelle distinction quand
le corps sourd abasourdie
il n’y a que le silence qui vaille

en révolte impuissante
pour délier ma langue

compulsive je lèche
mon pelage fauve

à qui veut savoir
je n’écris plus à l’encre ______ sur du papier
______ ______ ______ _____ pas le temps

l’enfant s’est réveillé
le cas échéant __ peut-être __ éventuellement
j/e ______ ______ ______ ______ _ humilité
promets ce que vous voulez ______ ___ tout
j/e ______ ______ me ______ ____ _soumet
______ ______ ______ évitons les questions

boirai en silence votre médiocrité

_pour ceci cela et le reste
voilà ______ ______ ______ ___ sans espoir

______ ______ joint mon CV

ne dis rien __ de qui je suis ___ce que je fais
sans rêve __ j’ai traversé la rue __ sans trêve
j/e ______ _____ fille sage _____ _____ rien
sourire cousu main ______ ____ immaculée
______ ______ alignons les astres ____ oui
reste disponible ______ ____ ______ docile
juste comme il faut ______ où vous voulez
ailleurs _je n’ai aucune idée conviendra aussi

j/e suis joignable __ ici__ et là
sans sourciller vous __ salue __ sincèrement

______ ______ dans l’attente

regard baissé _____ __ vous fait la révérence
______ ______ ______ ____ remerciements

Désirs suspendus

______ j’aimerais qu’on
écrive______ ensemble
sur ce qui nous arrive

on a cherché
un temps
à être Lou
t’écrire deux-trois choses
de ma journée __animait
un dialogue virtuel
avec palpitation j’écrivais
______________au creux
____________ des lèvres
ma langue défroissant
l’inconnu de tes plis
______ nous frissonnions

Je pensais
désirais Lou
cette______ pou-asse
________indissoluble

qui fit bouillir
ta fiévreuse fatigue
nos corps fluides
__________________cette chose
du corps qui colle
à la peau
visse dans la chair
sécrétions charnelles

nous nous entoilions
de petits fils poisseux
ta main aimantée
à mon ventre
____________battant
nous voilà
sans mots
désormais

l’ombre fantomatique
de nos caresses voile
nos larmes sèches
écris moi __________dis moi
comment tiennent les oiseaux
blancs sur le fleuve 

il y a notre Lou
deviendrons-nous
duo
____________dis oui
____ensemble
il y a ______pourquoi pas 
Tender is the Night

la main gauche
de nos nuits
recueille à présent
ta chute________ fluctue
mes attentes
nos déplorations

est-ce là le travail
______de l’espoir 
me déposer ____en toi

s’envoyer des notes
de lecture comme
des cartes postales

__ _aucune évidence
nous étions
nous ne sommes plus
vraiment

mon Lou_ _ ma Lou
tenace_____ persiste
il y a__encore _ tant

Itérations

Rose robe de nuit
victorienne
ballonne de souvenirs


___________ luisants

Sur mes seins
le plastron dentelle
déguise l’avenir

dénude mes souvenirs
___ matin chansonne
désordonne l’alphabet

Elle dit qu’on a les yeux carrés

Je répare _tu répares_ elle répare
héritières des anges-spectres
assassinés

________Bouscule l’encre
Répondons sérieusement
à la question

Sparadraps de papier
rose-orangés ajointent
les essais lacunaires

gribouilles
surimpressions
fleurs de soie

bordent
en lambeau
la béance

ourlée d’un rouge
reluisant

La blessure suinte

et toi
quels gestes
générationnels ?

Ancrages I & II

TRISTESSE
Vague enfle
te dilue toi
silencieuse mon invisible
Je ne saurais dire
fantôme frileuse
_____________ si
en mon sein sombre

_____________ tu serais heureuse

A Dungeness les fleurs
naitraient là dans la pierre
et la mer en colie

TERREUR
Rafale l’air
_______– quelle amer
_______menace 
chahute
tes organes ?

Pétrifiées mes mains
sous la bise
__________te verraient luire
toi __toute transie
joues livides

La centrale
explosive
et trouble vacille

COURAGE
Je puiserais alors
la force de mon âme
dans le terreau chagrin
des peurs immémoriales

RAGE
De ta glotte terrifiée
s’agiterait
ton cœur
_______en étoile
Feu
de mes langues intérieures
et l’éveil__________ inespéré
______– falaise de mes viscères
______s’embrasent
d’une conscience __réparatrice

LECTURE
Je plongerais mes racines
dans le verbe humide
des conversations amies

Repulpée de poisse
crèmerais de mots
mes ankyloses quotidiennes
Tendrais-tu ta main __mauve
aux jacinthes d’avril ?

FLEURAISON
_______Vase tulipe
assemble______ moi
T’exhorterais
______________ _toi vivante
____de mes caresses
____velours

Lors gouterais-tu la soie
de ma bouche mimosa ?

____________Harmonie rose et or
________ _donnerait cœur à corps
_____________aux jours informes

TENDRESSE
Lueur rieuse de tes paumes
_____________guimauves
réchauffe ma peau calme

J’effleurerais _ tes cils
soyeux se duvètent

_______Mollement
les pompons dorent
la fenêtre

JOIE
Je me fondrais alors
au creux de tes chairs

Aisselles souples
nos rêveries s’extasent –

vanille-fraise

La maison pulse pulse pulse
______________ omniprésente

Elle vivante
__________ et toi
qui soufflé boursoufflé
___ t’affaisses de tristesse
___ en un râle affligeant
________________ L’aube se lève à peine


________________ Au loin
j’entends le plissement
____________ des monts schisteux
entends toi. qui vague orageuse
soupire
________________Je repose mon corps
__________ abruti
__________ de fatigue
dans la houle du souffle nocturne

Rose matinale
__________ aimante
les lueurs pâles
rose_______ dilue les cernures
creusées par l’air conditionné
__________ __________ __ La maison
__________ __________ _______ crac
__________ __________ _____ à nous

__________ __________ Tu demeures
et puis soudain la mer

__________ ____ Gouttelettes d’acier
__________ frient l’immensité bouffie

Toi si loin
dis-tu bouche
______ sertie de broussailles
dis les plaies les béances
qui s’accusent entre nous
_______tiraillent

Les œillets vanille-fraise
s’électrisent les jeunets
__________ Je dresse des listes
ma vie incarnée _______ avec toi
__________ qui paupières engluées
__________ __mâchonnes tes dires
La maison bruisse

d’ombres
Flottent les couleurs
__________ ____ changeantes
__________ _____ de nos alphabets

Il n’y a plus d’amour à l’aube

1 UN
dans le drap un petit trou
nos cœurs béants
qui revient là ?
l’absent·e l’amant·e

2 DEUX
matin lessive
le trou s’effile
borde béance
maintient les fils
on retient là
à tout moment
le soleil tourne

3 TROIS
s’agrandit
use les jours-nuits
tu passes touches
native des seuils
oui ?
entre la porte et le couloir
ma montre se dissout

4 QUATRE
la nuit déchire
comment ?
bisou en se quittant
sa main serre en passant 
une promesse caresse
nos effleurements

5 CINQ
nuit après nuit s’éventre
le noir
bouche vide
et pourquoi ?
être aimée
persistent
corps vivantes