ce matin là
très tôt
le vent s’est levé
dans ma nuit
comme un souffle
il m’a traversé
la lumière du dehors
m’a sortie d’un rêve d’eau
*
le vent violent
de ce matin de novembre
ensoleillé
me rappelle le mistral
me rappelle le pays
mon cœur
divisé en deux
c’est douloureux
et doux
comme l’exil
*
la passé coule sur mes joues
le vent balaie des larmes pleines
comme des ballons gonflés
elles rejoignent l’autre rive
*
je pense au temps d’après
je suis toujours à la recherche
de ce qui n’existe pas
je ramasse des bribes
je les assemble
tant bien que mal

pour que ça forme un tout
bien propre
une existence
*
le temps je le poursuis
mais ne le trouve
qu’en dedans
*
novembre à presque 30 degrés
c’est l’été
ou bien l’hiver?
l’automne ne finira donc pas
cette année?
pire été meilleur automne
ça compense
pour les jours de pluie
en juin juillet
*
oserai-je penser
qu’il n’y aura pas d’hiver alors?
*
je me cherche
à tous les coins de rue
je me suis trop souvent
perdue dans mon propre corps
*
l’hiver est à deux pas
il peut survenir
n’importe quand
en novembre
ou en décembre
tout faire basculer
en un jour

tout recouvrir
*
je veux seulement vivre
les premières neiges
de décembre
peut-être une tempête
mais pas plus
trop d’hivers ont passés
comme des années
*
le froid
toujours aussi
je l’espère je l’attend
comme un cadeau
*
c’est au beau milieu de l’hiver
que j’ai maintes fois
rencontré mon été invincible


Un job à temps plein de te faire disparaitre

te revoilà
mon tendre
mon cher creux
au fond du ventre
.
toujours je te retrouve
tu es toujours là
toi
au moins
.
nuit ou jour
je ne sais plus
petites heures incertaines
c’est le déni de ton absence qui me tient éveillée
.
impossible de me dire
que je t’ai perdu à jamais
je ne dormirai plus
trop peur de te retrouver dans mes rêves
et que tu ne sois plus là
à mon réveil
.
une telle brutalité
avant déjeuner
c’est inhumain

le voilà

ce cher
ce tendre
ce précieux
creux du manque
au fond de mon ventre
.
il n’y a plus que moi maintenant
je suis bien obligée de le nourrir
et puis avant ça
de le sentir
reconnaitre son existence
.

car tu es bel et bien
partie

.
tu ne seras plus là pour me sauver
pour me sermonner
me protéger de moi-même
de mes folies de noctambule
.
je peux faire l’école buissonnière
de notre amour
une chose pour laquelle
tu ne m’en voudras pas
.
après tout
l’oubli
ça se travaille
c’est un job à temps plein
de te faire disparaitre
lentement
t’arracher
à mon corps
.

je crois que ça s’appelle
faire table rase
tabula rasa
voilà mon seul projet
.
une fois vide
et blanche
comme la page
inscrire
sur ma peau
des marques
.
d’autres marques que les tiennes
d’autres cicatrices
avec d’autres encres
.
laisser une trace quelque part
pour la douleur
pour conjurer l’oubli
.
mon corps
cette page blanche
à recouvrir
d’autres mots que les tiens
une autre peau

Hiver

c’est la lumière d’un ciel d’hiver
à la fin du jour
température -25 degrés
*
c’est la blancheur qui recouvre tout
le lendemain de la première tempête
*
c’est le silence qui guérit
la force de se tenir debout
*
chaleur au-dedans
froid glacial au dehors
*
se creuser un été
à l’intérieur
*
recouvrir les os
des promesses de chaleur
*
Lentement
abriller sa peau
des ardeurs futures