Parce que « nous » disparait sans un mot, sans même un fracas,
Dans l’indifférence grandiloquente de ton silence,
Fuis l’amour.
Parce que ta lâcheté tache ta chemise blanche,
Pour la maculer rouge sang
Fuis la maladie qui grandit.
Parce que la lune n’éclaire plus nos nuits
Lasse de nos insomnies et de nos distances,
Parce que tu te caches sous les draps,
Parce que tu as peur,
Fuis nos ébats.
Parce que le soleil ne réchauffe plus
Nos éveils arc en ciel, nos éclats de joie,
Comme nos coups bas
Fuis le jour qui se lève.
Parce que le temps est assassin
Ne pardonne pas le moindre faux pas,
Les battements de cils, les orages au loin,
Fuis nos premiers déclins.
Parce que ta voix n’a plus de sens
Que mes appels, mes mains tendues
Ne te suffisent plus
Fuis mes mots.
Parce que ma peau n’a plus de saveur
Que les parfums de nos souvenirs, lentement,
Se meurent
Fuis la quintessence de nos sens.
Parce qu’abandonner c’est plus facile,
« Parce que choisir c’est renoncer »,
Parce que superficiel c’est plus futile,
Fuis la vérité.
Parce que la lumière n’est pas toujours celle que l’on croit,
Celle que l’on croise dans la nuit,
Celle qui brille à vos côtés et qui luit,
Fuis l’ombre de nos pas.
Parce que m’aimer te semble un danger,
Parce que je lis, je pense, je danse,
Parce que je pleure, je ris, j’écris,
Parce que je joue, je jouis,
Chaotique, sur le fil de la vie
Fuis, ne te retourne pas.
Parce qu’au détour d’un couloir
Tu pourrais croiser, au hasard d’un soir,
Tes yeux chimères dans un miroir,
Parce que tu verrais ta conscience
Que tu traines en chien de faïence,
Fuis, ne te regarde pas.