Le cou de la rage

Courage triangulaire
En dents de scie
Aiguisées à souhaits
Manche en bois jamais ne rouille.
Poli avec lenteur
A la vigueur de son vernis.
J’entends le bruit de ses triangles jouer en moi
La musique de l’espoir rond comme des notes
Parsemées
Sur une partition
Accrochées à ce fil
Il vibre en moi.
La rondeur de l’espoir rebondit sur les nuages de mon âme.
La géométrie de l’existence
Feuille de papier sentences
Feuille de chêne de la chance aux lignes enlacées
Feuille de tabac à rouler
Qui de plie et se replie
Sur les méandres de nos espérances
Sur notre ligne de vie
Jetées comme des dès cubiquement ballotés
Au gré du pic
Incisif des aléas
Rattrapés par la montgolfière
De l’amour.
Se gonfle de tendresse
Son ovale souffle l’avancée de destins plats
En un avenir décuplé
Comme une feuille d’origami.
La mort, rectangulaire
Comme un tiroir
Nos souvenirs se cachent sous nos derniers soupirs vaporeux
Comme des bulles de savon flottent dans l’air et éclatent.
Invisibles, étirés, allongés,
Ronds, plats, carrés, déformés
Pâte à modeler dans la mémoire des autres.
Ovales dans leurs sourires

En gouttes dans leurs larmes
Géométriquement classés
Dans des albums de souvenirs
En spirales dans leurs rêves
En pointe dans leur douleur
Tordus dans leur peine
Alignés par le temps qui passe
Qui efface
Qui gomme.
Fantômes déformés
Cendres de notre vie
Adieu les bulles de notre effervescence
Invisibles à l’œil nu
Habillés en eux
Ronds comme un chapeau
Baissé en hommage
Plats comme deux étrangers
Qui n’ont plus rien à se dire,
Rectangulaires comme un panneau
Encore dangereux.
Ovales comme un regard inoubliable
Décrochés de notre vie.
Accrochés à la leur,
Un point c’est tout
Ce qu’il est de nous
Dans le ciel linéaire
De notre mort.

Lilly

Elle est jolie ma Lilly. Elle a la grâce d’un cygne et la légèreté d’un oiseau en plein vol. Ses longs doigts grattent sa guitare accompagnée de sa douce voix. Elle captive le monde depuis sa naissance. Elle est celle qui s’attache aux autres juste par un claquement de rire, un grincement de cœur.
Son maître la met au piquet comme chaque jour. Elle arrive à parler, suivre, écouter le programme des plus grands. Elle est partout. Collée contre le mur, elle parle au silence, à l’invisible comme elle parle à la mouche attrapée dans un bocal. Tout est vivant chez elle. Elle a une autre dimension du monde. Rien n’est figé, rien n’est rien. Tout est tout.
Elle marchande sur les marchés balinais. Trois jours qu’elle est là. Elle connait déjà tant de mots. Elle est belle avec ses boucles d’or, sa taille de guêpe, sa tête dans les étoiles. On veut me la marier. Elle a le même sourire qu’eux, limpide de joie, transparent de bonheur. Elle aime le monde. Elle boit chaque goutte de sang qui coule dans les veines du cœur des autres. Elle s’enivre de leurs différences. Elle s’offre à la vie.
Maman regarde, il y a un rapace dans le ciel. Ses palmes aux pieds, son masque de snorkelling plein de buée, elle photographie le monde de ses yeux chercheurs. Elle est partout. Sous l’eau, dans le ciel. Rien ne lui échappe. Elle vit de ce qui l’entoure. Elle boit, elle mange le monde.
Endormie sur son sac-à-dos, dans un couloir en face de toilettes nauséabondes, elle occupe tout l’espace avec ses rêves défilant à la vitesse du train du Sri Lanka : lentement. Même endormie, elle est là. Sa gentillesse, sa bonté transpercent le silence et le sommeil. Une dame la réveille doucement pour lui offrir son repas. L’odeur de la noix de coco lui chatouille les narines. Le goût du partage flotte dans l’espace. Le goût des autres. Le goût de l’humanité au-delà des mots. Ce qu’elle est, ce qu’elle cherche, partout elle le trouvera. Il y a des êtres plus clairs que l’eau de roche, plus limpides qu’un diamant. Elle est la fée clochette, lumineuse. Elle s’éclaire d’un regard, d’un geste, d’une parole. Elle rend ce qu’elle prend de l’autre et de la vie.
Son prénom est Lisa, tout droit sorti d’un album de Cabrel. Un titre que je n’aime pas. Il y a des sons plus fort que tout.  » Lisa nos barques en papier dans le grand matin bleu…tu disais souvent on vivra ailleurs ». Peut-être que tout part de là. On dit que le fœtus entend et ressent. Il y a des hasards envoyés comme des pétales de rose dans nos cœurs. Il m’a fallu attendre 20 ans pour comprendre pourquoi ce prénom. Je n’aime toujours pas cette chanson mais toi je t’aime plus que tout.

Petite bulle

Je suis là depuis tant de temps comme un vieux chêne creux. Je t’observe d’un œil pétillant comme un jour de fête.
Tu sautes à pieds joints sur les chemins de terre
Tu joues à cache-cache avec le soleil
Tu grimpes aux arbres pour te pendre à l’envers sur une branche. Ta jupe recouvre alors ta tête. Tu montres ainsi ta culotte au ciel.
Tu t’en fous
Tu n’es pas pudique
Tu as à peine conscience de ton corps
Tu es trop occupée à découvrir le monde
Tu me sautes au cou. Me serres presque jusqu’à l’étranglement.
Tu déposes des bisous baveux qui claquent au coin de mes joues.
Tu joues avec mes cheveux comme si j’étais une de tes poupées.
Tu es fraiche.
Tu crois en tout. Tu pleures pour un rien. Même pour un escargot écrasé.
Tu aimes tout le monde.
Tes amis imaginaires, tes nounours et tous ceux qui gravitent autour de toi.
Tu es belle comme la rosée.
Tu éclos chaque matin
Tu n’as pas peur de demain
Tu connais tout juste le mot hier
Tu vis au jour le jour.
Tu croques les heures
Tu glisses sur les minutes
Avec ton innocence et ta candeur.
Mes yeux se ferment de vieillesse
Tu me réveilles avec la cloche de tes rires
Tu es l’église de mon existence.
Tu es vide d’expérience
Tu es pleine d’imagination
Tu es un tout
Tout petit d’homme
Tout doucement
Tout en toi s’éveille
Alors qu’en moi, tout meurt.

Flash

Je pique les saucisses avec ma fourchette.
Je les aligne sur la grille.
L’odeur des herbes de Provence me chatouille les narines.
Une belle journée d’été entouré du soleil et de mes amis. Je m’éloigne discuter avec Émilie
Nous ne nous sommes pas vu depuis 10 ans.
Soudain, l’odeur du brûlé me rappelle ma mission culinaire.
Le noir des saucisses calcinées.
L’odeur piquante du brûlé.
La fumée qui enveloppe l’air.
Un brouillard léger dans lequel je me noie d’un coup.
Je transpire. Je tremble. Je vacille. La panique m’envahit.

Flash-
Les flammes bougent comme des danseuses en habits de lumière.

Elles sont si nombreuses. Le balai de l’enfer flamboie

Flash –
L’immeuble s’écroule peu à peu comme un château de cartes. Je ne suis qu’un pion sur un jeu de hasard.

Flash-
Les cris d’un bébé au dernier étage comme s’il venait de naître alors qu’il va sans doute mourir.

Flash-
Les gens rescapés et blessés entassés à terre comme mes saucisses.

Cramés comme elles.

Flash-
Le saut d’une femme. Poupée de chiffon vole dans l’air comme

superman mais s’échoue sur mes pieds. Le poids de la mort soudaine se répand sur ma jambe

Flash-
Les chairs ont éclaté partout sur moi comme les saucisses sur le barbecue.

Flash-
J’ai peur. Je ne peux pas. Je veux prendre mes jambes à mon cou Je ne peux pas. J’irai bien sauter dans les flammes. Je ne sais plus ce que je dois faire. Je ne sais plus où je suis. Je suis perdu. Mais je suis urgentiste. Je conduis cette ambulance qui sauvera des vies. Je me force à rester immobile, à fermer les yeux que je dois cependant garder ouverts.

Je retire du feu les saucisses qui pourront être mangées. Je jette les autres comme j’aimerais jeter des souvenirs.
20 ans déjà….
Mon amie s’approche.
Je dégouline de sueurs.
Elle me dit de m’éloigner du barbecue.
Je voudrais juste m’éloigner de ma mémoire. Oublier.
Comprendre.
Arrêter d’entendre que je suis une personne courageuse car je sauve des vies. J’aimerais crier : j’ai un trauma. Je ne suis pas mort mais je ne suis pas totalement en vie.

Empotée

« Remue-toi, la cruche, viens travailler ! »
« Celle-là, si on a besoin d’eau au moins on a une gourde ! »

EMPOTEE MAIS QUELLE EMPOTEE.

Je pense à la chaise où j’ai finalement envie de m’enraciner. On pourrait y écrire avec un gros feutre rouge : chaise de l’empotée. Puisque j’y suis, autant me faire un bureau avec une table, une machine à café, quoique le café risque de m’exciter et me sortir de mon pot. On écrira : bureau de l’empotée.
Cela ne sonne pas bien mais en contrepartie, vu que personne n’a besoin d’une empotée, j’aurai la paix. Tiens, j’y pense, sur mon cercueil, on mettra : ici, gît l’empotée. L’empotée enterrée…. Ça sera encore plus lourd pour moi : un pot, un cercueil, de la terre……. Il ne manquerait plus que je meure noyée dans mon pot. Je les entends déjà dire : « elle était vraiment plus qu’empotée, celle-ci pour finir comme cela ».

J’ai envie de crier à tous ces casseurs d’argile, de terre glaise :

« Si l’empotée se faisait emporter par le vent vers le port, pensez-vous que le pot coulerait dans l’eau ou pas ? ». Ils me répondraient : « bonne baignade l’empotée ».

« Si l’empotée ouvrait la porte qui l’emporte ailleurs, où irait -elle ? » Ils me diraient : « ciao l’empotée ! »

Je pense à mes potes de lycée, qui disent que je suis une déportée : toujours ailleurs, perdue dans mes pensées, vers un autre monde. Finalement, déportée, empotée, tout n’est qu’une histoire de porte et de pot que je trimballe avec moi.

« Suis-je l’eau, suis-je la clé ? »

« Qui donne vie au pot ? Celui qui l’a créé, celui qui est dedans ou bien celui qui le voit ? »

Plus je me pose de questions, plus j’ai l’air d’une empotée déportée mais je m’en fiche. Ce pot qui colle à ma peau, qui dérange les yeux des non empotés, ce pot n’est qu’un passage vers une autre porte. Tout dépendra de l’eau sur laquelle je glisserai quand je casserai ce pot et de la clé dont je me servirai.

Je me lève d’un coup de ma chaise, je fissure donc une petite partie de mon pot pour leur parler et dire :

« Vous les non empotés, vous savez ce qu’il y a dans mon pot ? Ce n’est pas de l’eau, mais un bout de ce que je suis et mes rêves. Je suis une fleur, que l’on empote, dépote au gré des saisons des humeurs des autres. Les graines plantées dans MON POT sont l’écriture et la poésie. Sachez que si je suis réellement empotée, comme vous le dites, je vais grandir et un jour, je serai cette empotée, dépotée, plantée dans un jardin parmi les arbres, les fleurs, les fruits, les légumes. Ceux qui m’ont mis là, diront :

« Tu as vu comme elle s’est faite belle, elle pousse bien, elle grandi en toute splendeur ! On a eu raison de lui donner une place dans notre jardin, quel plaisir de la regarder, elle nous donnera de belles pousses !!! »

J’ai une dernière question avant de prendre la porte : « Si moi je suis une empotée, êtes-vous jardinier ou bien un simple jars pour mon diner ? »

Un corps

Ses beaux cheveux frisés au matin
Comme des popcorns
Explosant dans le micro-onde.
Sa tête, dont le maquillage a coulé pendant la nuit,
Une voie goudronnée en plein chantier.

Elle ronge ses ongles
Comme une hyène affamée.
Elle perdra un jour sa peau
Comme cet arbre mort
Sans écorce ni feuilles.
Ses dents ont joué à la bataille navale.
Beaucoup ont coulé.
Se forment dans sa bouche
Des trous
Comme des balles de revolver
Tirées pour la faire taire.
Cette bouche, un port asséché.
Des lèvres
Comme la langue de sable des Maldives,
Sèches, fines presque inexistantes,
Comme un cordon ombilical coupé trop court.
Son nez, filet de tennis troué
Par les cratères d’une acné ancienne,
Empêche les balles de ses yeux
De voler en éclats
Comme de pauvres comètes
Pulvérisées par un soleil trop bouillant.
Ses oreilles
Comme des capteurs wifi
Envoient tous les signaux des autres à son cerveau,
Ordinateur à la mémoire pleine.
Comme un saucisson
Ficelé dans sa vieillesse,
Elle déborde de partout

Dans des habits
Qui ont perdu l’éclat de la lumière.
Sa peau fripée comme un charpei
Danse dès qu’elle se déplace.
Tombe, se relève dès qu’elle sourit.
Des grosses pommettes saillantes
Comme les roues d’une voiture
Qui fonce à toute vitesse.
Blancs sont tous ses poils
Comme si la pureté et l’innocence
Allaient réapparaître
Son pubis,
Celui d’une petite fille innocente
Comme un fruit épluché,
Comme une figue séchée par les ans.
Son fessier
Comme un oreiller sur lequel on a trop dormi,
Ayant perdu ses plumes,
Plat, trop plat
Comme une feuille de papier à poncer.
Ses yeux
Comme des boutons de fleurs
À moitié prêts à s’ouvrir
Petits, plissés.
Dynamique, tous ses nerfs parlent à sa place,
Tendus comme une arbalète
Dont les flèches font
Un éternel va et vient.
Sa colonne vertébrale
Comme un sentier escarpé,
Caillouteux, déformé,
Relie difficilement son corps.
Ses pieds, des péniches granuleuses
Commençant à prendre l’eau
Car ses ongles ont perdu le rivage de la jeunesse.
Jaunes, longs, comme des bananes pourries.

Elle est comme je l’ai connue
Un jour dans mes souvenirs.
Elle n’est pas encore celle de demain.
Elle n’est plus celle d’hier.
Jusqu’au bout, son corps
Comme un bateau ivre de vie
Naviguera sur le chemin de notre amour.

Mon corps
Poisson sur le quai d’un port,
Trop pêché
Relâché à la mer.
Mon corps
Comme une carte géographique déchirée,
Une boussole qui s’emballe,
Perdu, à la dérive.
Mon corps
Comme une lettre d’amour gardée
Secrètement pendant des ans,
Comme un silence jauni qui s’effrite.
Mon corps
Comme le passeport de ma vie,
Tamponné de partout,
Par qui l’a bien voulu.
Mon vagin
Comme une figue sèche
Fut un jour
Comme un pigeon voyageur
Annonçant une bonne nouvelle.
Mon corps
Comme un Ball trap troué par les autres.
Mon corps
Comme une exposition de peinture surréaliste.
Mon corps

C’est quand ?

Pudeur :
Les pétales tombent doucement
Dénudée, la fleur se meurt.
A côté d’elle,

La liberté :
Elle n’a pas fière allure
Sous sa coquille, ses traces gluantes.
Pourtant, elle vit en cet escargot
Qui a tout son temps. Jamais sans abri.
Sur sa route, il rencontre

L’enfance :
La rosée perle sur ses pieds nus
Cheveux au vent
Elle observe le monde.
Attend

L’adolescence :
La fumée d’une cigarette
Allongée dans l’herbe
Regardant les étoiles filantes
Faire des vœux à l’infini.
Buée de camouflage sur les vitres
Couverture nuageuse des émois
Nus
Enlacés
Seuls au monde
Bulle cotonneuse des premières amours interdites.
En nous un sentiment d’

Eternité :
Ta bouche chatouille ma peau
Elle engloutit mon sein
Tu t’endors collée à moi
Notre amour nous caresse.
Instant de

Bonheur :
Eclat de rires transperce de sa flèche le silence
L’arc de la joie se détend en humour
Sourire d’un mendiant,
Des grands yeux ébahis
Suspendus sur le fil du

Regard :
Phare lumineux par temps de joie
Boussole de la vie
Livre ouvert de ceux qui veulent se taire
Parfois il est noyé de

Maquillage :
Peinture des fenêtres, des murs,
Des portes de notre façade.
Ustensile illusoire d’illumination des

Autres :
Des mouches, agglutinées
Entre elles sur les vitres de ma demeure.
Cherchent juste à déféquer
Sur tout ce qui leur sert d’appui.
Se collent près de qui passe
Parasites ne servant à rien.
Allez dehors prendre votre

Envol :
Le fil des ans, la peau sur l’étendoir à linge
Espoir de voir sécher et retrouver sa fraicheur
Au vent du désir de jouvence.
Regarder les oiseaux
Ramasser une de leurs

Plumes :
Douceur du duvet où s’enroulent les rêves
Moteur à réactions des écrivains.
Sa légèreté biseautée caresse mes

Tatouages :
On a peint mon corps avec l’encre des blessures de ma vie.
J’ai ainsi écrit à ma peau.
Raconté les combats de mon âme
Je suis l’indienne de mes douleurs
La mort se dessine en noir et blanc.
Puis j’ai déposé de mes rêves, les couleurs
« impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque »
Témoigner, ne pas oublier
Ne pas se noyer
Dans

L’alcool :
eau polluée
Baignade interdite
Cascade
Risque de courants forts
Liquide transparent
Couleur de l’innocence
Coloré
Couleur d’un tableau
Flamboyant d’espérance
Traitre besoin d’évasion
Mon ivresse

Le voyage :
Maldives
Un balai de raies Manta
Tournoie autour de moi
Danseuses classiques
Silences hypnotiques
Des profondeurs
Marcher sur la douceur
De la langue de sable
Entourée d’une bouche
Cristalline est sa couleur
Immenses chauve-souris à table
Me mènent ensuite à ma couche…

Je déchire le filet de pommes de terre.
Je choisis les plus charnues
Mets à la poubelle
Celles qui sont trop abimées.
Je les épluche.
Je deviens cet assassin en série
Dépeçant les corps
Collectionnant les peaux.
Je sens sur mes doigts
Couler le jus de l’amidon.
Les gouttes de frayeur
Des minorités décimées
Les larmes de peur
Des camps de concentration.
De ces patates,
J’ai le destin entre les mains
Comme toutes les nations
Sacrifiant l’humain.
L’apparence,
Sélection
L’utilité,
Motivation
Pour faire tourner le monde,
Rester dans cette ronde
De la société.
Enfermés,
Enchainés
Entassés sur la terre
Nous sommes tous des pommes.

Les voilà, nues, sous mes yeux.
Elles s’illuminent
Otées de leur habit rugueux
Soleil luisant de fraicheur.
Elles sont l’adolescente, insouciante, en maillot de bain, sur la plage
Transpirant de fraicheur
Portant son corps
Comme un trophée fougueux.

Je les ai laissées trop longtemps à l’air libre.
Elles noircissent
Semblables à nous autres
Rongées par le temps qui passe
Tatouant nos corps et nos âmes.

Alors que je vais les rincer, l’une d’entre elle s’échappe.
Elle tombe à terre.
Elle est espoir
Croire en sa chance
Elle est la danse
Des plus courageux
Elle est le risque
Elle est la vie.