Courage triangulaire
En dents de scie
Aiguisées à souhaits
Manche en bois jamais ne rouille.
Poli avec lenteur
A la vigueur de son vernis.
J’entends le bruit de ses triangles jouer en moi
La musique de l’espoir rond comme des notes
Parsemées
Sur une partition
Accrochées à ce fil
Il vibre en moi.
La rondeur de l’espoir rebondit sur les nuages de mon âme.
La géométrie de l’existence
Feuille de papier sentences
Feuille de chêne de la chance aux lignes enlacées
Feuille de tabac à rouler
Qui de plie et se replie
Sur les méandres de nos espérances
Sur notre ligne de vie
Jetées comme des dès cubiquement ballotés
Au gré du pic
Incisif des aléas
Rattrapés par la montgolfière
De l’amour.
Se gonfle de tendresse
Son ovale souffle l’avancée de destins plats
En un avenir décuplé
Comme une feuille d’origami.
La mort, rectangulaire
Comme un tiroir
Nos souvenirs se cachent sous nos derniers soupirs vaporeux
Comme des bulles de savon flottent dans l’air et éclatent.
Invisibles, étirés, allongés,
Ronds, plats, carrés, déformés
Pâte à modeler dans la mémoire des autres.
Ovales dans leurs sourires
En gouttes dans leurs larmes
Géométriquement classés
Dans des albums de souvenirs
En spirales dans leurs rêves
En pointe dans leur douleur
Tordus dans leur peine
Alignés par le temps qui passe
Qui efface
Qui gomme.
Fantômes déformés
Cendres de notre vie
Adieu les bulles de notre effervescence
Invisibles à l’œil nu
Habillés en eux
Ronds comme un chapeau
Baissé en hommage
Plats comme deux étrangers
Qui n’ont plus rien à se dire,
Rectangulaires comme un panneau
Encore dangereux.
Ovales comme un regard inoubliable
Décrochés de notre vie.
Accrochés à la leur,
Un point c’est tout
Ce qu’il est de nous
Dans le ciel linéaire
De notre mort.