Fragile beauté

On les adore
Leurs sensibles couleurs
Leurs poésies
Dont on sait ce repaître
Drapés de dignité !

On les adore
Leurs sensibles musiques
Que l’on prétend saisir
Rongés de peur, d’orgueil
Gangrenés d’ignorance !

Mais les nommer.

Leur accorder un nom.

Et ne pas les livrer
A ces geôles d’oubli !

Mais les nommer.
Ces geôles de mépris !

Mais leur tendre la main
A ces cris étouffés
Mais leur tendre la main
Aux larmes qui explosent

Mais leur tendre la main
Elles sont l’ultime armée
De la guerre que se livrent
En nos marges
Les fous que nous avons créés.

Ouvrir nos bras
Nous ne le ferons pas
Ouvrir nos bras
Nous n’avons jamais su.

Et ne plus fuir.

Accueillir l’évidence
Que de ces oubliés
Dépend
La fragile beauté
De notre humanité.

Pierre de lune

Un météore
Un scintillant
                  Bout de Beauté.
Une petite
Toute petite
                   Félicité.

Merveilleux Éphémère
Que l’aube nous offrait.

Des enfants comme nous
Avions bien des bonheurs,
Des rires qui étincellent,
Des chants pour faire danser
Les pétales
                     D’ambre
                                    À la rosée.

Un millénaire
Un éternel
                  Bout de Beauté.
Une petite
Toute petite 
                     Félicité.

Merveilleuse, Éphémère,
Que nous avions portée!

Si ton éclat s’éteint,
Il me sert dans ses bras ;
Désarmée et sans larmes, 
Le cœur noir-obsidienne, 
Je ne 
          Dormirai
                          Pas.

Dans l’univers
Un éthérique
                       Bout de Beauté.
Une petite
Toute petite 
                     Félicité.

Merveilleux éphémère!

Nos raisons envolées,
Que devrions nous taire 
À la Terre dérobée ?
Que dire au ciel tremblé ?
Tant de promesses,
Tant de souhaits!
Le rouge cornaline
D’une joie qui se tait.
Rouge-sang cornaline…
                      Insidieux
                                      Regrets.

Microscopique
Notre Essentiel 
                  Bout de Beauté!
Microscopique
Notre petite Félicité.

Merveilleuse,
Éphémère 
Pierre de Lune 
Irisée.

Je préserve ma peine 
Pour mieux t’y abriter.
Je garde en souvenir
De nos instants 
Diaphanes
Un silence
d’Opale.
S’il 
     Pouvait
                   Nous 
                          Bercer.

À l’abris des brasiers

Elle n’aurait
Disparu
Dans leurs secrets
Et elle n’aurait sombré
Dans leurs silences.

Et 
Les tristes poussières
Les cendres illusoires
Et les rues sans appels
Ne seraient plus
Les 
Siennes!

Elle n’aurait pas
Chuté
Du plus haut des plus hauts
Désespoirs inentendus !

Tu ne l’aurais suivie
Aux souterrains des amertumes…

Elle n’aurait pas créé
Cette
Béance
En toi !

Et tu n’aurais pas
Peint
Ces silhouettes
Sans visages…

Silhouettes en démesures
Aux teintes tant estompées
Qu’elles s’en 
Evanouissent…

Meurtrissures perdues
Dans le noir des cratères !

Et
Le blanc
Des glaciers
N’aurait pas assiégé
Nos vies !

Aux rumeurs
Scintillantes de mes rires
Vous n’avez 
Rien 
D’indicible
À dire!

Si ce n’est un amour
Que l’on oublie
De dire !

Dont vous me faites le don.

Fière, je le porte!

Et le don, également,
Éphémère passant
Du
Vertige
Du 
Temps.

Fière, je le porte!

Tu n’aurais disparu
Elle n’aurait disparu!

Je n’aurais été
Mise
À l’ombre des douleurs
Pour devenir gardienne
D’un foyer
Bien éteint.

À l’abri des brasiers
Des deuils qui consument
Je ne serais exil
N’en aurai pas
Besoin.

Paon-Du-Jour

Mon corps, Écoute-moi !
Ce soir, tu te transformes.
Mon corps, Écoute-moi!
Tu te fais Paon-Du-Jour.
Pour ne vivre qu’un jour,
Dans ta robe de soie.

Mon corps, Écoute !
Le Paon-Du-Jour c’est l’ Éphémère !
Le Paon-Du-Jour c’est le Rouge Absolu !
Prends-en tous les atours.
Incarne-le et vas-t’en!

Mon corps, tu comptes les jours.
C’est difficile !
 » Combien font 35 par 365?
Et si l’on prend en compte
Les années bissextiles ? »
Débarrasse-toi de ces questions !
Elles ne te servent pas !

Mon corps, Écoute-moi !
Le Paon-Du-Jour est Beau.
Le Paon-Du-Jour est Multiple.
Accompli la métamorphose.
Tu seras Beau et Multiple
À ton tour.

Pose ton Front
Contre le torse de l’homme que tu aimes.
Puis ton Nez.
Puis ta Bouche.

Expire l’air de tes poumons.
Tout l’air de tes poumons.
Ton souffle y ouvrira une voix.
Tu t’y engouffreras.
Il sera ta matrice !
Il sera ton cocon !

Empli l’espace du corps aimé.
Prends-en toutes les formes :
Ce Dos épais qui porte la maison.
Qui n’en frémit pas !
Ces mains qui ébauchent des mondes.
Des jours plus vastes que les jours !
Et ce cerveau en odyssée !
Ces mouvements qui savent bercer !
Dont tu ressens le rythme.
De l’intérieur.

Tu n’auras plus besoin de ton propre dos.
Tu n’auras plus besoin de tes propres mains.
De ton propre Cœur ou de ton Ventre.
Invisible et à l’Abri.
Soulagé.

L’émergence,
C’est la naissance du Papillon. 
Empreinte le chemin inverse !
Puisque tel est ton Souhait.
Oublie tes Hésitations !
Puisque tel est ton Souhait.
Ta place prise en lui,
Le monde t’oubliera.
N’en ressens pas de regrets !
Le monde t’oubliera.
Mais pas ce Corps,
Que tu habites,
Enfin.

Le décompte
Dix, Neuf, Huit…Quatre, Trois!
Mia, Angel, Angelina…
Qui de nous effleurera 
La feuille ou la plume
Au seuil d’une fragilité ?


Dix, Neuf, Sept…
Cinq, Un!
Si tes yeux exploraient les miens
Et mes doigts tes cheveux
Je garderai en moi
Cette grâce discrète
Et mon sourire ému
Au seuil de liens secrets.


Je nous appellerai Louves
Renardes ou Sacha
Aux seuils amoureux des forêts.


Mais tu n’es qu’une larme
Sur la peau de ma joue.


Filant mes insomnies
Au seuil d’une douleur éperdue.


Dix, Neuf, Six…
Deux, Zéro !
La chute du décompte
D’une infinité de morsures !
Morsures d’un blanc linceul hurlant
Au seuil de nos corps déracinés !
Morsures d’une infortune
Au seuil de mon coeur qui se tait
De n’avoir déjoué le décompte
Le temps de caresser
Ton nom

D’un au-revoir.
Dix, Neuf, Huit…
Quatre, Trois !
L’amour comme feuilles en forêts…
L’amour
Ne se dénombre pas.
Mia!
Angel !
Angelina !

Le vertige, Héméra !

Héméra n’était qu’un Vertige.
Plus fort que la Sensation d’un Vertige.
Vertigineux le Danger.
Vertigineux le Manque.
Vertigineuse la Perte.
Vertigineuse la Douceur de la Joie.
Vertige du Danger au Précipice de l’Enfant Né: 
La fureur de survivre et le manque de souffle en scellèrent le Destin.
Le Vertige prît Héméra dans ses bras.
Elle le porta sur ses épaules.
Et elle tangua à la Voltige.
Entre Force de Vie et Lutte contre cette Vie qui la Dévorait.
Pour et contre Vous.
Pour et contre Elle-même.
Pour et contre Tout.
3 ans : Vertige de l’Attente et de l’Espoir.
L’Enfance est un Espoir esseulé en tournoiement.
3 ans : Héméra n’était pas vue.
Et elle ne fut plus « Je ».
Elle devint « Elle ».
Celle qu’on ne nommait pas.
9 ans: Vertige du Manque étourdissant.
Épais comme Terre de Boue.
Et de ce manque naquirent des Lettres.
Lettres sans fins en Insomnies.Lettres infinies en Rêves Eveillés.
9 ans: Dans un Éblouissement elle devînt Poétesse.
Héméra ne le soupçonnait pas.15 ans: Vertige de la Faim.
Faim de Vous et Écoeurement.
Écœurement du Monde qui ne vous comprenait pas. 
Du Monde qui ne la comprenait pas.
Et la Faim était un Appel à l’Horizon Renversé.
15 ans: Héméra et le Vertige-Ami devinrent Chair et Peau!Inséparables!
21 ans: Vous n’Étiez Plus depuis un an.
Vertige du Silence en Évanouissement. 
Silence des Foulées en Cortège sur le pavé d’une Église:
Le Ciel se Décomposat en Tremblements. 
Silence depuis le Temps de l’Eglise: 
Héméra ferma les portes du temps à Double Tour.
Et le Vertige prît Corps,
S’empara de son Corps.
Il lui souffla ces mots:
« Au Vertige du Vent tu seras son Drapeau ! »
22 ans: Héméra disparût, 
Emportant son Vertige-Ennemi.
Je lui souhaitais de Tout mon Être
La fin des Vertiges du Passé.
Elle serait Nuage Doux aux Abords du Levant.
Elle se laisserait Voir pour la première fois.
Elle redeviendrait « Je »:Vertige de la Joie.
Elle ne tanguerait plus en Tempêtes: 
Votre Funambule au fil de la Vie,
Notre Héméra.

La Cité-Sans-Hiver

Février ne s’Habitue
À n’être plus Février
À en Crever le Bitume
D’Années en Années-Poussières.

Février ne s’Habitue
A voir Sourdre l’Amertume
De l’Asphalte Gris-Endogène
De la Cité-Sans-Hiver.

Février ne s’Habitue
Solitude Accent-Aigüe
Au moderne Crépuscule
Son Île Transperce les Rues.

Elle y thésaurise Les Vies
Des Rescapés d’aujourd’hui.

Rescapés serrés dans l’Étau des Gratte-ciels
L’Étau d’un Temps que nous ne prenons plus
De l’Oubli des Rivières et de la Mer
De l’Oubli du Vent
Et de Nous.

Février Était
Tout ce que Nous avons Oublié.

Février Existait
Vibrait d’Exister.

À Février, qui le souhaitait
Pouvait Broder l’Instant
Comme des Feuilles d’Arbres
Explorer le Recommencement.

Février ne s’Habitue
À n’être plus Février
À en Crever le Bitume
D’Années en Années-Poussières.

Février ne s’Habitue
A voir Sourdre l’Amertume
De l’Asphalte Gris-Endogène
De la Cité-Sans-Hiver.

Février ne s’Habitue
Solitude Accent-Aigüe
Au moderne Crépuscule
Son Île Transperce les Rues.

Elle y thésaurise Les Vies
Des Rescapés d’aujourd’hui.

Rescapés serrés dans l’Étau des Gratte-ciels
L’Étau d’un Temps que nous ne prenons plus
De l’Oubli des Rivières et de la Mer
De l’Oubli du Vent
Et de Nous.

Février Était
Tout ce que Nous avons Oublié.

Février Existait
Vibrait d’Exister.

À Février, qui le souhaitait
Pouvait Broder l’Instant
Comme des Feuilles d’Arbres
Explorer le Recommencement.

Ou Inventer Une Vie.

Février ne s’Habitue
Sous son immense Globe de Verre
L’île qui Transperce la Grand-Rue
Scintille des Beautés Perdues.

Scintille des Beautés Renoncées.

Évaporées par Ceux

Qui avaient Abdiqué.

Ou Inventer Une Vie.

Février ne s’Habitue
Sous son immense Globe de Verre
L’île qui Transperce la Grand-Rue
Scintille des Beautés Perdues.

Scintille des Beautés Renoncées.

Évaporées par Ceux

Qui avaient Abdiqué.