Je marchai, le nez planté au ciel.
Comprimé par un bout de tissu pour éviter que le sang coule.
Travail, le rendez vous était important.
Je hatai mon pas, mais l’instant m’arrêta.
Je plantai le nez au ciel sans mouchoir et sans me mouvoir.
Les nuages moutonneux accrochés aux arbres, donnaient des formes que mon imaginaire interprétait, une feuille de figuier, un bateau, un gros animal qui ressemblait à un bœuf ou une vache… Mon esprit se troublait un peu.
Le goût du sang finit par m’arriver à la bouche.
Je l’eusse accueilli si je n’avais pas été pressé.
Souvenir, le rendez-vous était important.
À cet instant précis.
C’était à un autre ciel que je pérégrinais.
Enfant, de l’autre côté de la méditerranée, mon sang avait eu le même goût et le bleu du ciel déchiré par les nuages, m’offrait les mêmes images : une traversée en bateau et une vache à l’ombre d’un figuier.
Plus de trente ans plus tard.
Je n’avais pas le temps, et pourtant je venais de traverser une mer, deux ciels, des villages et des années… sur des nuages au goût de mon sang.
Le sang a le même goût sous n’importe quel ciel, hâté ou pas par la vie.
Je ne crois plus, aujourd’hui je sais.
Mes rendez vous sont toujours importants !