Miroir tendu
__________ sur la commode
dans le cadre d’or
la fenêtre où
__________ tremble l’eau
__________ __________ de la lumière
chemin d’odeurs
et ton visage
__________ en filigrane…

le jour baigne
ses heures
__________ et leur feuillage
sous la peau
brûle encore
la forêt d’un regard
__________ _____ la pervenche
du ciel
l’espace nu…

le temps bascule
à froisser incertain
__________ _____ les souvenirs
__________ __________ _____ et la prairie des mots
dans le silence
__________ __sous la neige
la chambre vacille
dans la blancheur des murs
__________ _____________ de la mémoire


où le vent s’assoupit…

I

accroché au réel

                                    envers et contre tout

en symbiose de vie

            le lichen

autour de la branche

           bracelet d’argent torsadé

                       s’enroule et se tord

   en un élan dur et doux

au bord d’une parole

       les mots saxicoles

                    pelotonnés en une phrase

       encore un peu       écartelée

elle vient de loin

                                 et traverse

II

posée au pied du mur

                      ce qui fait           échelle

à la recherche                     du perdu

                       du manque

de l’incertain

se tenir                 dans l’écart 

              de ce qui               n’est   plus

ou pas encore

                            ou peut-être

                passer le mur du jour

    III

                       infiltrer

l’au-delà               de la    fenêtre  

et voir              un fragment  

              de jour

déjà passé

         suspendue

aux lèvres de l’air

                 immobile

dans une verticalité

               je suis presque moi

amarrée à l’au-delà

de la fenêtre

                          d’où

il reste encore à traduire

Mémoire

Même les ruines perdent la mémoire
Cette pierre ne sait plus

Elle a été château, bergerie
Simple maison

Elle n’est plus que pierre

Je lui ressemble

J’ai dû être quelque chose
Une brique d’autre chose

Je tente d’arracher le lierre
Qui l’étouffe
Comme elle je suis envahi

De silence

Comme elle j’attends

Qu’une main me libère et me replace
Dans mon histoire