Une rose est une rose
Est une rose 1
Aucune sans épine
Etendards fragiles
Barbelés de beauté
Fils cousus d’un monde
Aux pétales brûlées
Un corps est un corps
Est un corps
Le mien grêlé d’échardes
Les yeux funambules
Sur des sarments de ronces
Ma peau, un récif d’orties
Je pique à fleur de mots
Trémière aux flancs des murs et murailles
Pétales pâlies des parfums de suie
Suie je suis et suis
La course d’un vent de foudres et d’incendies
De folies
Le monde est monde
Est immonde
Le temps écosse ses levures dans mon ventre
Avec l’haleine acide des blessures
Que la nuit ne suture plus
Je suis d’aubes et d’épines.
1 Gertrude Stein, dans son poème « Sacred Emily », 1913.