Perdue, éperdue dans cette forêt de lianes et de liens

tu la vois, celle qui renaît de

l’oubli, bras lenticulaires corps kaléidoscope phalanges hypnotiques cinétique de l’inconnu résonance d’énergie pure

Tourne la tête et regarde là-bas, oui, c’est lui,  flow séquencé rimes spasmodiques consonnes coupent le vent rhétorique katana verbe acéré vers sombres percutent les cœurs noyés de nuit

Ici face à lui, lui, elle et lui, les cors mutins sonnent éructent accents répétitifs mélodie mécanique mouvement sériel serial emotion filtrée à 432 hertz

Et lui, à l’oblique d’elle à la gauche de sa hanche droite aux baisers braises étreintes stroboscopiques s’éteignent lentement au matin froid

Celle-ci ouvre grand cris chants qui dès l’aube s’enfuient d’arbres en arbres cabrioles de lip smaking échos malicieux grimaces d’âme

Regarde, là , juste derrière le chêne écorcé vif, celui qui a la bouche fatiguée lèvres liquides coulent au sol rivière de tentations flot de soif recherche langue soeur

Regarde l’ombre de celui-là, pantin autonome essaye d’échapper à son maître s’évader de ce corps en geste épileptique envoyant loin jambes et bras tentaculaires dans un pogo de feu ouvrant le vide des pieds et des mains baston fantôme

Face à lui l’autre est immobile, archange métallique sourire forgé par un démon stupide regard fixe chimique injecté de pourpre l’oreille  muette coeur qui a finit par se taire

Ses yeux à elle qui flirtent avec l’ombre de lui écoutent la brume qui transporte la

peur le vide la fin

Celle-là que tu vois là-bas s’évanouit de ses rêves insoumis songes reprennent leurs chaînes attachement trop fort nerfs qui partent en vrille s’entremêlent s’entrechoquent éclair disjoncte game over

Celle-là voit, sent, incarne son serpent son venin tchatche aux cellules active au tempo ne cesse de danser en vagues déferlantes pouls en furie poussée de full moon

Tu la vois, elle ? Décillée plisse le regard rétine  plein capteur et dans sa veine au front pulse la nuit et voit la ride humide d’où coule le temps

Et celui-là et son corps et dès la rosée se refuse de faner mains racines poussent au ciel emmènent ses mystères danser la voie lactée

Regarde celle qui rampe hors des abîmes, sculptant la poussière en sillon d’ADN ensorcelé court vers ces terres où subsistent ceux qu’elle a aimés

Vois. Celle-là vient nous délivrer animer nos pulsions ses doigts courants sur nos peaux foudroyées pores électriques ouverts vers l’inconnu 100000 volts d’acmé arc de pulsions zébrées éclairs de vie brute révolte game changer

Il y a aussi lui, celui qui regarde cœur béat encore debout noyé de désirs pulsation interne de fleurs acres et blanchâtres volcans cutanés naissant de toute part la vie qui veut aller

Et aussi elle, au blafard se lève et danse encore pieds fiévreux marqués scarifiés en autoroute d’hémoglobine marques indélébiles de fureur hypnotique BPM glorifié

Regarde maintenant, la biche, le serpent, le hibou nous observent, satisfaits enfin

Avec les étoiles qui meurent au soleil et les branches qui se bousculent et slament et nous écorchent et vomissent en sève primordiale,

nous sommes où plus rien ne se dit

A conquérir la lumière 

Dans cette brume est gravée en ombre mouvante notre intime liberté

Là, nous sommes venu renaître à nous comme au début des temps 

Autodafé intérieur

J’ai déchiré un livre en deux
Dans la largeur
C’était mon livre préféré
Car il parlait
De science-fiction, d’une planète-organisme, de son étrange
attraction sur l’homme et la conscience
J’ai déchiré un deuxième livre en deux
Dans la longueur
(Ce fut plus long)
C’était mon deuxième livre préféré
Celui qui narrait
L’histoire d’un homme-boîte, d’un homme
poussé vers l’invisible sous l’effroyable action de répulsion du
monde et de la société
J’ai déchiré un troisième livre dans le biais
(C’était difficile – je n’aime pas lire les livres en diagonale)
De quoi il voulait me parler, je ne me souviens plus
C’était mon troisième livre préféré, pourtant
Les mots étaient trop
épars sur les pages déchirées
comme les pensées de cette femme qui aimait tant la vie dans un
autre livre dont j’ai oublié le titre, et organisait des parties dans la
Londres d’entre-deux-guerres ; voyait revenir un amour de
jeunesse éconduit ; doutait de ce qu’elle était devenue ; se
confrontait à la futilité de sa vie
J’ai déchiré mécaniquement
Tous les livres
Qui passaient à portée de ma main
Des livres que je ne lisais plus des livres de poche des livres pour
enfants des magazines des bandes dessinées des livres d’art des
beaux livres des essais des livres scientifiques des livres des livres
des livres
En me disant que ce serait plus facile

De s’en délivrer que de vivre avec.
Je les ai déchirés
Dans tous les sens j’ai essayé
Sans dessus dessous des confettis de papier
Et ce geste
: déchirer une main
sur la tranche l’autre
sur le bord extérieur
Formation en ciseaux
Pour avoir la force
D’effectuer
Ce geste
Destructeur
Vide
Était la pièce remplie de poussières
De pages de miettes de mots la lumière
Passait à travers cette brume épaisse de matières
Et de savoirs suspendus qui tamisait la pièce
Ça sentait
Ça sentait
Le papier la poussière l’encre les années les fleurs séchées la
sueur
Comme des larmes sur le tapis de feuilles
De papier déchirées
Par le vent de mes mains le souffle de mes doutes

J’ai déchiré toute ma bibliothèque
Je pensais avec incertitude
Que ce serait plus facile de ne voir que la moitié du monde
De ne garder que le commencement de chaque page
Laissant le reste libre
À l’invention d’une autre histoire, quelque chose à venir
Je me trompais  à travers ce geste
De déchirement
Je me suis retrouvée
Emmurée dans des paroles contraintes
confuses, condamnées
comme des
fragments de voix
à consoler et composer
avec des mots à redire
et des idées à relire
et retourner
dans tous les non-sens possibles, comme un rituel pour refermer
une déchirure à repriser, un manuscrit à relier
d’une vie à recoller
Par morceaux réassemblés
Dans le désordre
Par un autre geste, à délier, à contresens, mouvement
Du corps délivré

Geste

Un geste
Un seul
Geste de
Ma main à
Mon front
J’essuie
Ma
Sueur
Des gouttes gouttes gouttes
Roulent roulent roulent
Dévalent dévalent dévalent
Mon front mon front mon front
Mon dos mon dos mon dos
Depuis la racine de mes cheveux humides
C’est l’été il fait chaud
J’essuie mon front de ma main
C’est l’été indien il fait chaud
J’essuie mon front de ma main
C’est l’automne il fait chaud
La chaleur des feuilles bleues J’essuie mon front de ma main
C’est l’hiver il fait chaud
La chaleur d’un plat mijoté de mon pull
J’essuie mon front de ma main
C’est le printemps la chaleur remonte
J’essuie mon front de ma main
C’est l’été de nouveau
Et ce geste toujours J’essuie mon front de ma main
Essayer encore et toujours d’essuyer encore et toujours
La sueur sur mon front
Dégoulinant d’une rosée d’eau salée pesant et dévalant la
pente de mon front, gouttes de pierre cristalline que je remonte
dans un effort croissant sans fin
Au sommet de mes tempes tempête hors du temps
Sur mon front, des traces blanches sur ma chemise
Auréoles de cette eau salée

Qui s’évapore de mon corps, que je sens
Sale, actif immobile endormi, que je sens à l’ombre du soleil la nuit
l’été, ce que je sens ! la pluie la sueur
Je sens je sens je sens
Qu’on me regarde et pourtant
Ce geste si
Naturel, personne ne le voit
Personne ne me voit
Effectuer ce geste
Répétitif
Vague
Après vague
De chaleur,
Thermorégulation
Excessive intempestive
Qui échoue
Sur les rives de ma peau
La falaise de ma conscience
S’effondrant
Un peu plus
dans
l’abîme
du
mal-être
à
mesure
que
la
sueur
inonde
mon
front
Que
le
dos
de
ma
main
essuie
éponge
essore
et dans ce geste, l’éternité
À supporter
La chair qui peine
À vivre
engloutie
par
la
marée
issue
d’un
dérèglement
climatique
De mon corps
Les gens
Ils me regardent
Pas les gens
Je sue je transpire je sens ma sueur
Sur le dos
De ma main
Dans mon dos le creux du genou le creux
Des aisselles
Et les gens ignorent cela
Je ne supporte plus
La moiteur de mon corps
Et les gens ignorent cela
L’air est chaud
L’air est tiède
L’air est froid
L’air est glacé
De ma sueur refroidie ma sueur froide ma sueur sur le dos de ma
main que j’essuie
Car elle est pleine de ma sueur
Et les gens ignorent cela
Je jette les gouttes hors de moi
Je jette ces gouttes qui dégoûtent
Loin de ma chair
Loin
De moi
Dégoutée de mon corps dégouttant
Et les gens ignorent cela
Gouttes à gouttes
Le geste
Pour survivre
Essuyer
De ma main ma sueur, de ma main qui essuie en continu
De mon corps, cette eau salée et usée
Qui s’évacuant évacue
mon âme
ma raison
mon être
Je sens mon corps perdre
Cette eau et ma main
L’essuyer l’évacuer
Ma main essuyant sa paume
Sur ma chemise
Comme un suaire
Qui recueillant ma sueur
Tenterait de préserver
Quelques reliques de ce que j’étais

Il se tient debout. Il est seul dans sa cabine de pilotage. Il tend son bras droit. Il pointe de sa main droite. Il prononce des mots. Toutes les minutes. S’il ne le fait pas, il ne se concentre pas sur sa tâche. Il peut faire une erreur. Il faut qu’il répète le geste, pendant tout le parcours, toutes les minutes.

Il est seul dans sa cabine de pilotage. Personne ne le surveille. Personne ne l’accompagne. Si le train était vide, s’il parcourait un désert ferroviaire, il le ferait quand même. Il répèterait ce geste, le bras droit pointé, le doigt pointé, le regard fixe, concentré. 

Shisa Kanko.

Pointage et appel.

Il pourrait aussi être sur le quai. Il pourrait aussi lever le bras, pointer le doigt, dire le mot.

Il pourrait être seul. Ou entouré d’une foule, silencieuse, qui glisserait autour de lui, de quai en quai. Le jour ou la nuit. L’hiver ou l’été. 

Par temps de pluie ou de vent.

Il serait là. 

De toute façon, ce qui compte, ce n’est pas le temps qu’il fait, ni la foule qui l’entoure, ni la saison, ni aucune autre circonstance qui peit sembler primordiale.

Ce qui compte, c’est le geste accompli parfaitement. Puis la parole dite précisément. 

L’ordre et l’harmonie qui arrangent le chaos, des éléments, des tsunamis, des tremblements de terre, des maisons de papier qui sont soufflées, des jardins de pierre qui sont inondés, des lanternes qui sont renversées. 

Shisa Kanko.

Il porte des gants blancs. Des gants immaculés. Ils dessinent des gestes simples, purs, essentiels, assurés. 

Il a le visage de ceux qui savent. Il pourrait avoir n’importe quel âge. Venir de n’importe quelle région. Il a un visage immémorial. Il est celui qui fait pendant que les autres passent.

Avant une représentation

Avant une représentation. 

C’est un lieu de création artistique, il y a des spectacles de danse, de poésie ou de théâtre, des expos et des marchés artisanaux, c’est un ancien cellier de champagne et c’est très beau. La pièce qui va se jouer est précédée d’une exposition à découvrir et d’une dégustation de soupe vietnamienne. C’est une pièce sur l’identité métisse franco-vietnamienne. Aux portes de la salle, il y a une table avec des photos de famille que chacun peut prendre et accrocher sur la scène. 

Une heure avant le début de la représentation.

Il ne sait pas quoi faire, s’il doit prendre un bol de soupe ou regarder l’exposition, il reste planté là. 

Il est âgé, il a juste envie de s’assoir, ça fait longtemps qu’il n’est pas sorti de chez lui, ses lunettes sont sales. 

Elles arrivent en force, quatre étudiantes, elles ont encore leurs sacs de cours, pas eu le temps de repasser chez elles, elles parlent fort, s’exclament en reconnaissant un pote sur une photo de l’exposition, quand elles passent, on sent leur odeur de jeunesse et de tabac.

Elles sont deux, elles se ressemblent, elles font les choses avec méthode, elles se font offrir un bol de soupe, et à pas précis, scrutent un à un les panneaux, la cartouche biographique, la photo, le code QR à scanner pour écouter l’entretien. 

Il voit mal, mais il sort tout le temps, il salue les personnes qu’il croit reconnaître, il est jovial, et on oublie qu’il a une canne blanche, pas son genre d’attirer la compassion, il a hâte que le spectacle commence.

Il joue dans la pièce, ça va bientôt être à lui, il regarde les visages, s’assure que la soupe est bien servie, que les portes sont ouvertes, il va et il vient.

Elle joue dans la pièce, elle reste un peu éloignée, est-ce que son chignon va tenir, la dernière fois, il s’est défait, est-ce que ses bracelets vont tinter lors de son monologue, c’est important qu’ils tintent, la dernière fois, personne ne les a remarqués 

Il joue dans la pièce, il va voir ses parents, c’est la première fois qu’ils viennent le voir, il ne sait pas s’il est content.

Elle a écrit une partie de la pièce, elle accueille les gens, elle en connaît beaucoup, elle salue, embrasse, serre la main, accompagne, sourit, elle a mal au ventre.

Il est à l’écart de tout, il regrette d’être venu, il a commandé un blablacar et s’inquiète de la durée de la pièce, ça aurait déjà dû commencer, on se croirait à un vernissage, il ne va pas aux vernissages, il imagine. 

Il y a ceux dont on ne sait pas s’ils étaient là. 

Il ya celles dont on se souviendra, elles sentent bon, elles crient fort, elles marchent comme d’autres défilent. 

Il y a les plus jeunes, qui ne vont jamais au théâtre, il y a les plus âgés, qui sortent partout et toujours, il y a les ni jeunes ni âgés, les entre-deux qui sont venus à plusieurs comme au cinéma ou au restaurant, il y a les théâtreux, ceux du Off et des Hors-les-murs, l’air blasé et le cœur battant.

Il regarde sa montre, il regarde les autres, il prend un micro, et ça commence.

Les mots papillons

Ils ont frappé à la  porte avec leur mains, sales. Ils nous ont bandé les yeux et nous ont emmenés au cimetière des vivants. Le hangar de la mort. Il faisait froid. Ils ont fait valser mon corps en éclats parce qu’ils ne parvenaient pas à extirper les mots de ma gorge. Ils ont pénétré ma bouche avec leurs mains, sales. Les mots se sont retournés, repliés, refusés, évadés, semblables à des papillons, des papillons de nuits. Les mots étaient libres, ils virevoltaient. En les retenant j’offrais un peu de liberté, derrière  chaque mot, chaque nom manquant, chaque silence, il y’avait une vie sauve. 

Ils ont tiré longtemps avec leurs doigts, sales. Ils m’ont cassé les dents mais les mots glissaient, insaisissables. Les mots papillons, les mots retenus avaient trouvé le chemin de la liberté.

Je me suis réveillée, dispersée en lambeaux aux quatre coins de la pièce.

J’ai voulu me trouver, me rassembler comme un puzzle, mais je ne voyais plus.

Mon corps découpé en petit bout, je me refusais à abandonner ne serait-ce qu’un centimètre de peau.

J’ai cherché ma tête et mes yeux avec les mains. Puis je me suis souvenue qu’ils me les avaient retirés lorsqu’ils t’avaient volé, arraché à mon ventre, puis à mes bras, en fouillant à l’intérieur de moi avec leurs mains, sales. 

Les cris de la veille déchiraient le silence.

Ils m’ont emmenée cette nuit-là pour étrangler ma voix et mon souffle. 

Ils ont tenté de couper ma langue et mes oreilles. Ils ont pris mon cœur avec leur mains, sales.

C’était la fin de la nuit et ce fut la nuit de la fin. Ils sont revenus au matin reprendre les morceaux épars de mon corps pour les jeter du haut d’un avion et les disperser dans le Rio de la Plata. Je n’étais déjà plus là à cette seconde, j’avais transpercé les murs, ce qui a survécu de moi était en train de naître dans une autre rue de Buenos Aires. C’était le 19 juillet 1976 dans les premiers mois de la guerre sale. Au plafond,  les papillons de nuit ont salué ma naissance.

Littérature étrangère

L’écrivain islandais s’attache à faire entendre le cœur battant de la vie sous la glace et le froid d’un monde hostile.
L’écrivain suisse épingle l’obscénité ambiante.
L’écrivaine libanaise donne voix à ces naufragés qui n’ont nulle part où aller.
La nouvelliste irlandaise peint le silence, et des personnages abîmés.
L’écrivain russe a un talent immense pour peindre des personnages dérisoires, attachants ou abjects.
L’écrivain basque publie le roman d’une éducation sentimentale, marquée par l’exil et les blessures.
L’écrivain catalan tisse une œuvre audacieuse et flamboyante où les passions humaines se heurtent aux tourments de l’Histoire.
L’écrivain anglais dresse un portrait émouvant de l’artiste et de ses contradictions.
L’écrivain colombien revisite ses années parmi les clandestins.
L’écrivain italien propose un autre regard sur la cité éternelle.
L’écrivain mexicain part sur les traces d’une dramaturgie cruelle.
L’écrivain américain dresse le portrait d’une humanité déracinée.

L’écrivain anglais multiplie les angles d’approche pour rendre le pouls du monde plus digne.
L’écrivain autrichien fait partager le rythme de ses dérivations.
L’écrivain berlinois propose le roman perturbant d’une révolte destructrice.
L’écrivain bosnien éprouve le destin de l’homme déraciné.
L’écrivain belge nous plonge dans un siècle sanglant, écho de ce qui se joue aujourd’hui dans le monde.
L’écrivain québécois publie un autoportrait désarmant.
La romancière brésilienne revisite le devoir de mémoire des années de dictature.
L’écrivain allemand fait le bilan de ses idéaux et de ses engagements.
L’écrivain anglais restitue avec sensualité l’âme étrusque.
L’écrivain québécois interroge la question complexe de l’exil politique.
L’écrivain argentin fait du récit un art de l’expansion.
L’écrivain belge dessine une épopée.
L’écrivain chilien explore ses mondes noirs et envoûtants.
L’écrivain espagnol bâtit une œuvre inclassable et d’une haute exigence.
La romancière autrichienne offre une somptueuse méditation sur le paradis perdu de l’enfance.
L’auteur argentin fait du parcours d’une rue le centre d’un monde de fiction.
L’écrivain allemand impose un roman sur le mal, la violence et les filiations.

L’écrivain américain clôt l’histoire violente de sa famille.
L’écrivain écossais prend date avec l’avenir du monde.
L’écrivain anglais refuse l’illusion de la fiction.
L’écrivain brésilien réussit un roman flamboyant.
L’écrivaine roumaine déploie un hymne à la femme.
La romancière argentine ausculte et met en pièce la famille.
L’écrivain argentin construit une étonnante machine à fictions.
Le romancier angolais invente une rébellion des favelas.
Le nouvelliste catalan s’amuse non sans gravité.
L’écrivain libanais dresse le portrait foisonnant d’une ville au miroir brisé.
L’écrivain portugais construit un roman qu’on lit en apnée dans une plongée vers l’âme humaine.
Le philosophe allemand se fait sourcier pour éclairer les à-côtés de l’Histoire.
Le romancier américain explore la nature originelle pour mieux toucher le cœur des hommes.
L’auteur écossais cristallise la folie d’une société soumise à la tyrannie de l’image.
L’écrivain argentin impose une écriture qui ouvre à des voyages intérieurs.
L’écrivain autrichien est un conteur hors pair et un créateur de personnages inoubliables.
L’écrivain espagnol investit le champ de la mémoire par des chemins improbables.
Le poète russe bâtit une œuvre-vie lumineuse et inépuisable.

Le raconteur d’histoires californien n’a de cesse de chercher à triompher de l’impossible.
L’écrivain majorquin se souvient de sa jeunesse.
L’écrivain argentin ouvre les portes d’un royaume labyrinthique.
L’écrivain napolitain façonne une œuvre âpre et lumineuse.
L’écrivain suisse use avec précision des outils narratifs pour capter son lecteur.
Le romancier catalan interroge le processus même de la création littéraire.
L’écrivain italien dresse un portrait saignant des hommes et du monde.
L’écrivain portugais bâtit une œuvre vertigineuse où s’entend battre le pouls des morts.
Le romancier autrichien offre un laboratoire d’observation du mal.
L’écrivain sud-africain revisite l’histoire du continent noir.
L’écrivain irlandais bâtit un roman envoûtant et oppressant.
Le nouvelliste américain rend visible ce qui nous est ordinaire.
L’écrivain argentin bâtit une œuvre romanesque aussi radicale que généreuse.
L’écrivain chilien fait de la fiction un purgatoire où tout est possible.
L’écrivain israélien charge l’expérience des pionniers d’un caractère qui lui est propre.
L’écrivain suisse fait de la promenade un art de vivre, en même temps que le modèle et la condition d’une prose aussi labyrinthique que bouleversante.
L’écrivain italien porte la parole grotesque des puissants.

L’écrivain mozambicain arpente les versants du rêve, de l’amour et du post-colonialisme.
L’écrivain norvégien réveille les noirceurs d’un passé encore présent.
L’écrivain polonais voyage aussi vers son propre passé.
L’écrivain québécois ressuscite des histoires déjà parues.
L’écrivain espagnol livre un combat contre la soumission et le nouvel ordre mondial.
L’essayiste belge redonne du lustre au pastiche.
La romancière portugaise porte la nostalgie d’une innocence perdue.
La romancière turque est l’auteure d’une œuvre singulière et profonde.
Le romancier slovène trouve dans l’écriture un moyen de dénoncer les abus du pouvoir.
L’auteur suisse écrit ses livres au gré des rues.
L’écrivain autrichien escorte une fois de plus ses morts, et les ressuscite.
L’écrivain irlandais esquisse une galerie de personnages hantés par la perte et le renoncement.
L’écrivain new-yorkais revisite le mythe de l’adolescence sacrifiée.
L’écrivain allemand parvient à donner des mots aux hommes défaits – mais survivants.
L’écrivain coréen poursuit sa quête spirituelle.
L’essayiste italien relit quelques chefs-d’œuvre du XIXe siècle.
L’écrivain suisse interroge le mythe de la terre d’asile.

L’écrivain anglais invente un nouveau théâtre.
L’écrivain corse plonge au cœur des ténèbres.
L’écrivain espagnol dénonce la surveillance généralisée de nos vies.
L’écrivain haïtien plonge dans les quartiers humbles de la ville.
L’écrivain portugais revient sur la guerre et invente un nouveau temps de la narration.
L’écrivain israélien rassemble les éclats de vie du survivant orphelin qu’il fut et demeure grâce à l’écriture.
L’écrivain italien fait de son œuvre l’objet d’un exercice baroque de détestation.

Connard boréal

Ce sera l’hiver 

Devant l’âtre d’un feu vidéo 

Ou peut être l’été

Ventilo + âme dans le dos 

Dans la touffeur d’un mardi 

Sous un ciel sapin grillé 

Tu ne voudras pas y croire 

L’autre aura arrêté tout cuit 

De respirer

Tu seras relâchée 

Les cils en barbelés 

Éloignant tes yeux bruns momie

De ce maintenant 

Où tu n’auras plus jamais 

Le temps 

De lui 

D’être 

De dire                          POURQUOI

De pardonner 

Tu colleras tes mains 

Sur le rebord de sa vie

Tu y chercheras

Les oiseaux les traces 

Du printemps 

Toujours absent            CONNARD

Tu as souvent pensé 

Qu’avaler du vert 

Ça t’ouvrirait un peu

Les boyaux le bide à l’air 

Mais les marques

Ont la couleur boréale

Du temps qui passe

Entre le dégel et la glace 

Elles ne se voient pas 

Ça ne se dit pas

Qu’il il il il il                   T’   A(S) FAIT ÇA

Tu seras là plantée 

Larmes cendrées 

Rouge à lèvrée

Du noir de sa suie 

Tu auras 

Six ongles de pieds

Déjà sous terre

En vigies-nature

De sa lente décomposition

Et dans le talkie-walkie

De ta sève éclatante 

Tu entendras 

Il est mort 

Disparu 

Effacé 

Toi tu vivras 

Tu auras une bouche

Pour crier

tout haut et vert 

Que pardonner

= impossible 

Tant qu’ils n’auront 

Pas compris

Que c’est aujourd’hui

Espace-Temps-Ici-Maintenant 

Qu’il faut casser

L’odieux bruit blanc

Le silence assourdissant 

Tu grandiras enfin 

Mains et épines tendues

Vers les nuages carbonneux

Tu seras immense et lourde

Un phare de chaire retrouvée 

Dans la tempête de ton monde 

Tu seras une forteresse

De fleurs d’eau de sang

Il sera loin le temps 

Des années sans printemps 

Où il était là 

Où ils ne comprenaient pas 

Ces ils n’existeront plus 

Avalés par le monde nouveau 

Dont tu seras l’un et l’une 

D’un peuple taïga tropicale 

Fait de briques et de chocs 

De ciels d’aubépines roses

Et d’amours pleines et justes

Garde-espoir ce soir pétard

TA PAROLE EST EN CHEMIN

Une chaîne de montagnes

Il y a celle qui ensorcèle pour tutoyer le ciel.
Celle qui reste sur terre, un destin bien ancré dans sa chair.
Il y a celle qui dessine des courbes, en glissant sur la neige. Celle qui côtoie

l’aiguille, pour s’enfuir.

Il y a celle qui est volcanique, sans triche. Celle qui réchauffe les coeurs, sans peur.

Il y a celle qui dévisse, sans vices.

Celles qui rêvent lentement, pour éviter l’éboulement.
Il y a celle qui est reine, sans tenir les rênes.

Celles qui soutiennent doucement, pour éviter l’effondrement.

Il y a celle qu’on ne voit qu’à la lumière de la lune, lointaine perspective. Celles qui

cachent leurs ombres dans leurs songes.

Un ciel clair

Un cumulus qui touche l’horizon

Pour bien gravir les nuages mieux vaut apprendre avec un cumulus un seul d’abord assez gros, assez dessiné,

S’entraîner dans un ciel clair et transmettre à l’enfant

Je tiens la main de l’enfant Il a la bouche grenadine et son parfum qui s’échappe dans le ciel clair

Nous levons le pied, ensemble il m’imite et le posons un peu plus loin, un peu plus haut

Ce n’est pas très différent de monter un escalier

C’est juste plus approximatif

Le pied tâtonne pour trouver la dureté sous la surface molle puis prend appui, l’autre se lève alors à son tour mouvement itératif

La main de l’enfant serre la mienne Je serre la sienne pour trouver la dureté sous la surface molle

Étape par étape, nous montons

Les sons s’amenuisent, le bruit du monde s’éteint

Juste mon souffle et le souffle de l’enfant qui font danser l’édifice

Juste nous deux, qui progressons, ensemble

Nous deux liés, loin du bruit du monde.