La mer est pour ceux dont les yeux sont arides
Pour ceux qui, passifs, voient rouler les vagues
Pour les peureux qui ne plongent pas
Ceux qui voient leur visage se refléter
Scintillant comme des pierres semi précieuses
Pour ceux qui se noient dans leurs souvenirs
La mer est pour ceux qui n’ont pas appris
Pour ceux qui vont à reculons
Se contentant des embruns
Pour seules caresses.
La mer est pour ceux qui voient
L’horizon
Comme mille possibles.

Une façon de pleurer

Une façon de pleurer
C’est de penser
Laisser monter
Laisser faire

Mais une autre façon est d’y mettre du sien
Il ne sert à rien de regarder il faut
Penser à
Puis aiguiller
Exagérer
Concentrer
Ratatiner
Rentrer dans un trou
Une perle
Pleurez comme une perle

Roulez
Roulez-vous en vous-mêmes
Recrachez-vous par les yeux
Quand vous êtes plein
Et trop
En vous
Sortez de vous
Fuyez
Comme un tonneau percé de balles
Pleurez comme un western spaghetti

Des phrases bouleversent parfois
Des phrases comme
« Je ne sais pas comment c’est possible mais c’est vrai * »
Pleurez en pensant que c’est vrai

Une autre façon est le mensonge
Mentez-vous
Et puis jetez-vous la vérité
Sceau gluant de brumes
Le non-dit a condensé
Formé ses champignons microscopiques
Miasmes miasmes miasmes mon amour j’ai cru t’aimer

Cet air pollué
Inspirez
Pleurez pour des champignons
Pour le nucléaire ou pour
Pour ce qui est rampant poudreux blanc noir et jaune
Sur les murs de mon corps
Dans la cave de mon corps
Et au-dessus
Chapeau de cheveux de fumée toxique
Qui fait pleurer

Pleurez en traversant la fumée
Soleil assèche
Larmes trophées
Brillantes
À s’en aveugler
Pleurez comme une victoire amère
Pleurez comme une langue inconnue qui libère
Pleurez comme un rêve
Sous-marin
Familier

 » Je ne sais pas comment c’est possible, mais c’est vrai  » est une phrase extraite du roman d’Adrien Lafille, Le Feu extérieur, éditions José Corti, 2024. 

Une fois encore, la vieille auge me tend les bras. 
Sa pourriture nacrée met la hache dans ma main 
son fumet monte jusqu’à mes narines,
sa danse est bien rodée.
Le monde tout alourdi 
baisse d’un ton.
Et il n’y a plus que la délicieuse soupe,
grasse et voluptueuse à grands cris 
où nager libre à gros bouillon 
vaincre par la valse des grandes goulées
rejoindre enfin le plancton de l’humanité. 
La potion perlée grumelle et gît 
son orchestre résonne à tout jamais 
pour qui danse sous la lame invisible 
des craintes étouffées.

Il me parle. Il me dit de toujours m’enfoncer plus loin, dans la morsure de l’air. J’ai confiance en lui, je le suis. Il m’apaise et me plie à sa direction sans que je me sente obligée de rien, ni de le suivre, ni de rebrousser. C’est chaotique et caillouteux mais je le suis. L’impression rampante de glisser, de flotter au-
dessus. Je n’ai pas peur. C’est lui qui me fait ça, et le murmure de la rivière en contrebas, et le chant des pintades. L’eau devant, figée, me souffle le froid qu’il fait. Elle est encore gelée et, à l’endroit où sa surface se froisse, ça fait comme un sourire. Plus loin des feuilles d’érables jaunies tombent en tourbillons et le tapissent à mesure que je passe. Je m’arrête et je les regarde longuement. C’est un or hypnotique qui le pare et qui me fait continuer. Là, le chemin plonge et je déboule sur lui, sans me tordre la cheville. Ce qu’il me fait : me sentir vivante. Il génère une énergie qui s’était endormie depuis la veille. Il me régénère.

Je peux te suivre longtemps, je ne fatigue pas. Je contourne tes plaques de boue, tes flaques gelées mais c’est pour mieux coller à la sente, la plante de mes pieds à tes empierrements, la glaise qui macère sous tapis de feuilles, terre tassée-soulevée qui respire sous mes pas. L’espace délaissé par la mélancolie se charge d’humus et d’odeurs vivaces qui m’imprègnent, plus animale de te parcourir. Si tu es litière, je suis bête plus lourde de t’appartenir, pleine et renforcée. Dans l’appui, à même toi, je déroule ma bipédie comme si je progressais à quatre pattes, mon ventre à ton humide soleil, mes flancs à ta fente creusée, soulevée d’éclats de calcaire et tapissée, herbeuse, de glands et de pommes de pin. Bête parmi les bêtes, vois ce que tu fais de moi, griffes et poils, croquant le gel du matin.

Parfois, je perds espoir. Comment l’écraser en venir à bout le destituer mettre fin à son règne ?
Je l’imagine comme un énorme tas de tôles qui s’entrechoquent dans ses mouvements répétés
Usine vivante dont la fumée crachée nous avale les poumons
Il hoquette dans des cliquetis des bruits explosifs ces bruits qui font rentrer en soi-même et font monter la tornade angoisse
Parfois un gouffre s’ouvre au milieu de ses pièces brinquebalantes
Sourire carnassier rompt la neutralité glaciale avec laquelle il s’affaire
Il étend des fils plantés dans nos corps nos cerveaux et érige des murs partout
En nous en moi en colère contre moi
De ne pas y arriver arriver à quoi à être peut-être à pouvoir être
Son influence m’arrache à un moi que j’ai soif de connaître
Je tourne en rond animal en cage
Dans ma captivité fulmine ma rage
Dont je suis la cible et des coups s’abattent en double
Il s’insinue partout dans les interstices de mon être et des autres
Il est dans l’espace public, au boulot, au pieu, dans les conversations, aux toilettes, à l’hôpital partout il
est les guerres qui pleuvent ailleurs et en nous
Entre ses mains nous sommes ses marionnettes
Pantins soumis à ses desseins
Jamais rassasié, il continue toujours d’éructer
Bulldozer écrase déplace creuse
Dans une avancée impériale et totale
Il façonne modèle sculpte une armée lobotomisée
Pour perpétrer ses méfaits et, galvanisé,
J’entends ses rires qui me toisent vainqueurs
Quand il attrape les pensées qu’il m’a soufflées
Il se veut invisible, lové le plus souvent dans nos inconscients
Mais quand je le vois pour ce qu’il est, je ne suis plus ma proie
Il me donne toutes les raisons de me battre juste pour l’écraser

Tu es le forgeron dont l’écho du marteau résonne dans tous nos corps
En chacun de nos inconscients se glisse la forme que tu imposes
En chacun de mes mouvements je te sens
En chacune des fenêtres sur le dehors je te vois
En chacun des bruits du monde je t’entends
En chacune de mes respirations tu es là
Tu veux faire de nous tes soldat.e.x
Toi qui nous déracine de nos maisons nos pays notre planète nous-mêmes
Qui construit des barrières pour isoler dans cette binarité
Toujours plus meurtrière toujours le dominant le dominé
Culture nature valide handi minces gros blanc les autres hétéro les autres hommes cis les autres
Tant d’exclusion pour que ne reste seulement qu’une
Petite part qui mange tout le gâteau
Petite part dont le monde est écrasé par l’égo
Ton nom est pluriel et tes formes infinies
L’oppression est une réserve inépuisable
Où trouver les façons de perpétrer ton pouvoir
Je continue de subir les coups de ton martèlement lancinant
Tu m’as volé ma vie en me pétrissant pour un moule
Bien trop excluant si on déborde c’est la disparition
Longtemps ignorée, ton emprise n’est pas absolue
L’héritage des luttes est le boulon dans tes engrenages bien huilés
Tu frappes sans cesse pour donner forme
Et à chaque impact j’abats les normes
J’utilise ta force pour briser les chaînes
Ta cruauté pour que ma rage se déchaîne
J’invoque tous les temps pour conjurer ton empire
Et sous les ondes de choc, nous défaisons pour reconstruire

Enfant, je faisais un rêve récurrent: je courais pour fuir quelqu’un mais jamais assez vite pour lui échapper. 

J’étais rattrapée et je devais me battre pour me défendre et pour défendre une ombre que je devinais être ma petite sœur. 

Peu importe mon élan, la force des coups que je portais, mes poings étaient trop lourds et je ne touchais jamais ma cible.  

Je me réveillais calme. Frustrée de pas avoir pu dégommer le type. 

Depuis j’ai pu dégommer des mecs dans la vraie vie. Mais je sais pas si je protège bien ma sœur. 

Ma frustration est mélangée à la colère, j’imagine que c’est courant. Colère sourde, juste ou pas. Sûrement légitime. Parfois. 

Je traîne une frustration des mots et une colère liée à ma voix. Pourtant elle est grave, elle porte. Je parle fort. Pour me faire peur ou pour me rassurer. 

La frustration ça naît pas seul, chez moi ça vient après la peur et le risque. Je prends un risque des que je produis un son. Des qu’un mot bute sur mes dents ou mes lèvres, qu’une syllabe glisse sur ma langue. Je prends le risque de mal dire, mal nommer, mal décrire. Le risque de trahir mon corps et mon cerveau. 

Mais j’essaie au moins. 

De nommer, de décrire, de parler. D’être juste. 

Et la vraie peur c’est celle de pas être écoutée. J’ai plein de gens autour de moi qui entendent mais j’en ai rien a foutre d’être entendu. 

Je veux nommer, décrire, expliquer parce qu’avant j’ai failli crever de pas pouvoir parler. J’ai failli crever de pas être écoutée. 

La frustration c’est humide. Plein de larmes. 

J’ai tellement gueulé, j’ai même gueulé sans prononcer un mot. Personne a su voir ou lire. 

J’en ai voulu à celles et ceux qui m’écoutait pas. Je veux pas être un fond sonore, la télé qu’on allume en arrière plan. 

J’en ai voulu à celle qui a pas pu porter mes mots vieux de 25 ans. Mais c’est mon taffe de m’occuper de ces mots là et de les apprivoiser. 

Mon taffe d’apprendre à être juste dans ma colère. 

Et puis j’ai finalement arrêté de crier, arrêté de boxer dans le vent pour demander à ma sœur si elle avait besoin de moi. 

Mes potes m’appellent Force Tranquille et c’est putain de drôle parce que j’ai encore des mots bouillants dans le ventre. C’est comme ça que je sais que je vis. Parce que je sais nommer, décrire, dire et écouter. 

l’automne arrivait et comme tous les ans elle ressentait le besoin du nord. pourquoi ressentait-elle cela ? et pourquoi est-ce que ressentir cela lui faisait presque mal ? elle ressentait le besoin du nord et les souvenirs de ses voyages remontaient, voilà longtemps qu’elle avait compris que la mémoire ne se loge pas seulement dans le cerveau mais aussi dans les os, dans les muscles, dans tout le corps et tout son corps ressentait ce besoin, tendu vers le nord et vers les sensations du nord, le soleil qui se couche tôt, le vent trop froid et trop fort, l’humidité, l’océan sans couleur, le froid lui-même qui fait tout ressentir plus fort, et elle ne savait pas d’où lui venait le nord, ni pourquoi le nord s’était installé en elle, elle savait que c’était quelque chose de profond, trop profond pour être expliqué, et que quand on est coupé de ce qui bat aussi profond en nous on est malheureux, et c’était peut-être cela cette douleur, c’était cela et aussi autre chose, le nord battait trop fort, elle le savait, tout battait toujours trop fort en elle et elle pensait qu’il aurait peut-être suffit d’oublier, ou peut-être de mettre à distance ses souvenirs pour ne pas ressentir cela, mettre à distance le nord, elle pensait cela tout en sachant que ce n’était pas possible car on ne peut pas se couper de ce qui s’est accroché aux os, aux entrailles, alors sans l’oublier il aurait fallu que cette intensité cesse, que le nord cesse, que le nord ne lui manque plus comme lui manquerait une personne, et cela à qui pouvait-elle le raconter, qui aurait compris, et les vagues s’écrasaient sur les falaises et elle ne savait toujours pas si elles étaient bleues ou vertes, ni si cela avait une importance, et les vagues devenaient grises, un gris ni clair ni sombre, vagues translucides et familières, sœurs peut-être, sans doute qu’elle avait trouvé un peu d’elle en elles, et elle se sentait bien en regardant les vagues ou peut-être qu’elle ne se sentait pas bien car c’était plus puissant que se sentir bien, c’était quelque chose comme : se sentir là, là maintenant, seule dans le vent, dans le froid et la brume, un corps juste, au milieu de tout cela, être là, un cœur qui bat.

On m’a dit que le viol était un crime dont je ne me remettrai jamais, qui ouvrait l’âme en deux et coupait le corps de l’esprit, comme si cette séparation était nécessaire, on m’a dit que je serai sidérée, dissociée, anéantie, seule à fouiller parmi les décombres pour recoller les morceaux, les bouts de moi éclatés, on m’a dit que la sexualité ne serait plus terrain de jeu mais terrain miné, on m’a dit que la colère me boufferait tout entière jusqu’à avaler mes os, que son ombre me dédoublerait, que je marcherai dans la rue traînant derrière moi des silhouettes fracturées, que dans le miroir je disparaitrai, ayant perdu mon corps et ce qui donne envie de vivre, cette joie simple et pure d’être au monde et de tremper ses lèvres dans le café du matin. On m’a dit que je serai blessée et que mes larmes ne suffiront pas à nettoyer ma plaie, comme si pleurer était inéluctable, il faudrait exhiber la blessure dans toute sa laideur, bien montrer à quel point elle est sale et nous tristes, vides, à quel point la densité que l’on perd se dissout dans le sel qui coule de nos yeux. On m’a dit que j’aurai la sensation de ne plus être dans mon corps, que m’absenter du monde et devenir présence fantôme seraient les conditions de ma survie, comme si pour continuer il fallait d’abord s’effacer, s’excuser, se faire disparaître. On m’a dit qu’il me faudrait faire le deuil de moi, de mon passé insouciant, on m’a parlé du viol comme d’une rupture dramatique et sans retour entre la vie d’avant et celle d’après – mais rien de tout ça ne s’est produit, si ce n’est cette lourdeur dans la poitrine, juste en dessous du cœur, comme si ma peau abritait une masse en plus, invisible, dissimulant aux autres et à moi-même quinze minutes de crime, qui après tout ne m’a pas fracassé, puisque je suis toujours là, inchangée ou presque.
Depuis le viol un rêve se répète (seulement) : je suis dans mon lit et il fait noir, un des auxiliaires de vie de ma colocataire se colle à mon dos en cuillère et me pénètre, (c’est toujours le même, comme si son désir (non réciproque) pour moi conditionnait sa violence), et alors je suis terrifiée, me réveille et constate soulagée que je suis seule dans mon lit, puis je me rendors, assez rapidement, comme si rien n’était arrivé, puisqu’après tout ce rêve n’est que l’activation d’une peur très grande qui m’esseule. Une nuit d’octobre, j’ai rêvé que je rêvais. Je croyais me réveiller, vérifiais qu’il n’y avait personne derrière moi, puis me rendormais. Un rêve dans un rêve, c’est comme un miroir dans un miroir, l’image se décuple à l’infini, et on la fixe pour tenter de trouver son point de chute, sa finitude, mais elle s’impose à l’œil comme une illusion d’optique. Contrairement aux autres nuits, je ne me suis pas réveillée en sueur, le cœur battant, rassurée d’être seule dans mes draps. Mon cerveau a enchaîné sur un autre rêve (une histoire de meurtres dont il s’agissait de trouver le coupable) et ce n’est qu’en prenant mon petit-déjeuner le matin que je me suis rappelée de mon cauchemar dans le cauchemar. Ma terreur était intacte, elle avait l’aspect des maisons sans fenêtres, et dans mon faux réveil, le soulagement était intact lui aussi, j’ai cru me rendormir quand en réalité ma nuit se poursuivait.

Le placard

Il paraît que rester dans le placard est dangereux pour la santé mentale. Pourtant le placard de mon enfance était vert comme l’espoir et j’y ai passé des heures bien calée entre les housses des vêtements d’hiver. J’étais blottie là, les genoux sous le menton, les coudes dans le mou, comme si mes avant-bras ramaient dans les nuages.

Il paraît que sortir du placard peut être le remède à tout, nettoyage aux photons, pureté et douceur d’après lessive. Je sortais du placard bien sûr, je sortais du cocon mais pas en papillon. Je sortais éblouie comme si j’avais exploré les entrailles de la Terre, fripée comme si j’avais trempé trop longtemps dans son sang. Je sortais sur mes pieds dans lesquels couraient les fourmis de l’après-midi. Souvent, dès les fourmis calmées, je courais aux toilettes. Ma vessie soulagée, j’hésitais à entrer à nouveau dans le placard vert pour y passer une bonne soirée. Généralement, le bruit de la chasse d’eau alertait ma mère au rez-de-chaussée et elle criait : sors de ton placard, on va bientôt manger.

J’étais contrariée mais je n’avais pas de quoi manger dans mon placard. J’aurais aimé que maman apporte mon assiette, là au fonds de l’armoire mais maman refusait. Les repas se prennent en famille. Alors je descendais et je mangeais le contenu de mon assiette sur la table en marbre ovale, entre mes deux sœurs puisque j’étais celle du milieu et entre mes parents qui ne se disaient rien d’intéressant mais qui le disaient très sérieusement comme si nous mangions sur une tombe. Je mangeais en silence. C’était pas obligé mais je n’aimais pas parler au-dessus de la table en marbre. Après le silence, j’allais chercher l’éponge pour essuyer la table, effacer le repas. Mes sœurs s’échappaient et je me foutais de l’injustice tant que je pouvais retourner dans mon placard vert pour digérer.

La métamorphose du concombre

A quoi je ressemble ? A un foutu concombre !


Un concombre droit, interminable, sans la moindre courbe. Mon corps s’étire, tendu entre l’infini et le néant, oscillant entre le vert éclatant et le jaune maladif au rythme de mes nausées. A l’intérieur, il n’y a que de l’eau, de l’eau et quelques graines dérivant dans mon ventre comme des naufragés, vestiges d’un semblant de satiété.

Populaire durant l’été, sous les longues robes légères, les regards glissent sur ma peau fine et lisse, révélant une ossature qui m’articule, comme les mouvements délicats d’un pantin. Certains m’admirent et me jalousent, d’autres détournent le regard. Puis vient l’hiver, où je me fais oublier, emmitouflé sous des couches épaisses de vêtements. Mes contours se floutent, des rondeurs réapparaissent, et je me fonds dans la masse, devenant une présence invisible et inutile.


Je m’accroche à la vie telle une cucurbitacée obstinée, agrippée à sa tige de perversion vrillant en sens inverse avec persévérance. A force de me nourrir que de concombres, je me transforme peu à peu en un légume insipide, sans odeur, sans éclat. Je deviens ce reflet fade de ce que je pourrais être, réduit à une simple chair aqueuse, dénuée de vie.

Je suis un p*tain de concombre, et rien d’autre !