Littérature étrangère

L’écrivain islandais s’attache à faire entendre le cœur battant de la vie sous la glace et le froid d’un monde hostile.
L’écrivain suisse épingle l’obscénité ambiante.
L’écrivaine libanaise donne voix à ces naufragés qui n’ont nulle part où aller.
La nouvelliste irlandaise peint le silence, et des personnages abîmés.
L’écrivain russe a un talent immense pour peindre des personnages dérisoires, attachants ou abjects.
L’écrivain basque publie le roman d’une éducation sentimentale, marquée par l’exil et les blessures.
L’écrivain catalan tisse une œuvre audacieuse et flamboyante où les passions humaines se heurtent aux tourments de l’Histoire.
L’écrivain anglais dresse un portrait émouvant de l’artiste et de ses contradictions.
L’écrivain colombien revisite ses années parmi les clandestins.
L’écrivain italien propose un autre regard sur la cité éternelle.
L’écrivain mexicain part sur les traces d’une dramaturgie cruelle.
L’écrivain américain dresse le portrait d’une humanité déracinée.

L’écrivain anglais multiplie les angles d’approche pour rendre le pouls du monde plus digne.
L’écrivain autrichien fait partager le rythme de ses dérivations.
L’écrivain berlinois propose le roman perturbant d’une révolte destructrice.
L’écrivain bosnien éprouve le destin de l’homme déraciné.
L’écrivain belge nous plonge dans un siècle sanglant, écho de ce qui se joue aujourd’hui dans le monde.
L’écrivain québécois publie un autoportrait désarmant.
La romancière brésilienne revisite le devoir de mémoire des années de dictature.
L’écrivain allemand fait le bilan de ses idéaux et de ses engagements.
L’écrivain anglais restitue avec sensualité l’âme étrusque.
L’écrivain québécois interroge la question complexe de l’exil politique.
L’écrivain argentin fait du récit un art de l’expansion.
L’écrivain belge dessine une épopée.
L’écrivain chilien explore ses mondes noirs et envoûtants.
L’écrivain espagnol bâtit une œuvre inclassable et d’une haute exigence.
La romancière autrichienne offre une somptueuse méditation sur le paradis perdu de l’enfance.
L’auteur argentin fait du parcours d’une rue le centre d’un monde de fiction.
L’écrivain allemand impose un roman sur le mal, la violence et les filiations.

L’écrivain américain clôt l’histoire violente de sa famille.
L’écrivain écossais prend date avec l’avenir du monde.
L’écrivain anglais refuse l’illusion de la fiction.
L’écrivain brésilien réussit un roman flamboyant.
L’écrivaine roumaine déploie un hymne à la femme.
La romancière argentine ausculte et met en pièce la famille.
L’écrivain argentin construit une étonnante machine à fictions.
Le romancier angolais invente une rébellion des favelas.
Le nouvelliste catalan s’amuse non sans gravité.
L’écrivain libanais dresse le portrait foisonnant d’une ville au miroir brisé.
L’écrivain portugais construit un roman qu’on lit en apnée dans une plongée vers l’âme humaine.
Le philosophe allemand se fait sourcier pour éclairer les à-côtés de l’Histoire.
Le romancier américain explore la nature originelle pour mieux toucher le cœur des hommes.
L’auteur écossais cristallise la folie d’une société soumise à la tyrannie de l’image.
L’écrivain argentin impose une écriture qui ouvre à des voyages intérieurs.
L’écrivain autrichien est un conteur hors pair et un créateur de personnages inoubliables.
L’écrivain espagnol investit le champ de la mémoire par des chemins improbables.
Le poète russe bâtit une œuvre-vie lumineuse et inépuisable.

Le raconteur d’histoires californien n’a de cesse de chercher à triompher de l’impossible.
L’écrivain majorquin se souvient de sa jeunesse.
L’écrivain argentin ouvre les portes d’un royaume labyrinthique.
L’écrivain napolitain façonne une œuvre âpre et lumineuse.
L’écrivain suisse use avec précision des outils narratifs pour capter son lecteur.
Le romancier catalan interroge le processus même de la création littéraire.
L’écrivain italien dresse un portrait saignant des hommes et du monde.
L’écrivain portugais bâtit une œuvre vertigineuse où s’entend battre le pouls des morts.
Le romancier autrichien offre un laboratoire d’observation du mal.
L’écrivain sud-africain revisite l’histoire du continent noir.
L’écrivain irlandais bâtit un roman envoûtant et oppressant.
Le nouvelliste américain rend visible ce qui nous est ordinaire.
L’écrivain argentin bâtit une œuvre romanesque aussi radicale que généreuse.
L’écrivain chilien fait de la fiction un purgatoire où tout est possible.
L’écrivain israélien charge l’expérience des pionniers d’un caractère qui lui est propre.
L’écrivain suisse fait de la promenade un art de vivre, en même temps que le modèle et la condition d’une prose aussi labyrinthique que bouleversante.
L’écrivain italien porte la parole grotesque des puissants.

L’écrivain mozambicain arpente les versants du rêve, de l’amour et du post-colonialisme.
L’écrivain norvégien réveille les noirceurs d’un passé encore présent.
L’écrivain polonais voyage aussi vers son propre passé.
L’écrivain québécois ressuscite des histoires déjà parues.
L’écrivain espagnol livre un combat contre la soumission et le nouvel ordre mondial.
L’essayiste belge redonne du lustre au pastiche.
La romancière portugaise porte la nostalgie d’une innocence perdue.
La romancière turque est l’auteure d’une œuvre singulière et profonde.
Le romancier slovène trouve dans l’écriture un moyen de dénoncer les abus du pouvoir.
L’auteur suisse écrit ses livres au gré des rues.
L’écrivain autrichien escorte une fois de plus ses morts, et les ressuscite.
L’écrivain irlandais esquisse une galerie de personnages hantés par la perte et le renoncement.
L’écrivain new-yorkais revisite le mythe de l’adolescence sacrifiée.
L’écrivain allemand parvient à donner des mots aux hommes défaits – mais survivants.
L’écrivain coréen poursuit sa quête spirituelle.
L’essayiste italien relit quelques chefs-d’œuvre du XIXe siècle.
L’écrivain suisse interroge le mythe de la terre d’asile.

L’écrivain anglais invente un nouveau théâtre.
L’écrivain corse plonge au cœur des ténèbres.
L’écrivain espagnol dénonce la surveillance généralisée de nos vies.
L’écrivain haïtien plonge dans les quartiers humbles de la ville.
L’écrivain portugais revient sur la guerre et invente un nouveau temps de la narration.
L’écrivain israélien rassemble les éclats de vie du survivant orphelin qu’il fut et demeure grâce à l’écriture.
L’écrivain italien fait de son œuvre l’objet d’un exercice baroque de détestation.

Connard boréal

Ce sera l’hiver 

Devant l’âtre d’un feu vidéo 

Ou peut être l’été

Ventilo + âme dans le dos 

Dans la touffeur d’un mardi 

Sous un ciel sapin grillé 

Tu ne voudras pas y croire 

L’autre aura arrêté tout cuit 

De respirer

Tu seras relâchée 

Les cils en barbelés 

Éloignant tes yeux bruns momie

De ce maintenant 

Où tu n’auras plus jamais 

Le temps 

De lui 

D’être 

De dire                          POURQUOI

De pardonner 

Tu colleras tes mains 

Sur le rebord de sa vie

Tu y chercheras

Les oiseaux les traces 

Du printemps 

Toujours absent            CONNARD

Tu as souvent pensé 

Qu’avaler du vert 

Ça t’ouvrirait un peu

Les boyaux le bide à l’air 

Mais les marques

Ont la couleur boréale

Du temps qui passe

Entre le dégel et la glace 

Elles ne se voient pas 

Ça ne se dit pas

Qu’il il il il il                   T’   A(S) FAIT ÇA

Tu seras là plantée 

Larmes cendrées 

Rouge à lèvrée

Du noir de sa suie 

Tu auras 

Six ongles de pieds

Déjà sous terre

En vigies-nature

De sa lente décomposition

Et dans le talkie-walkie

De ta sève éclatante 

Tu entendras 

Il est mort 

Disparu 

Effacé 

Toi tu vivras 

Tu auras une bouche

Pour crier

tout haut et vert 

Que pardonner

= impossible 

Tant qu’ils n’auront 

Pas compris

Que c’est aujourd’hui

Espace-Temps-Ici-Maintenant 

Qu’il faut casser

L’odieux bruit blanc

Le silence assourdissant 

Tu grandiras enfin 

Mains et épines tendues

Vers les nuages carbonneux

Tu seras immense et lourde

Un phare de chaire retrouvée 

Dans la tempête de ton monde 

Tu seras une forteresse

De fleurs d’eau de sang

Il sera loin le temps 

Des années sans printemps 

Où il était là 

Où ils ne comprenaient pas 

Ces ils n’existeront plus 

Avalés par le monde nouveau 

Dont tu seras l’un et l’une 

D’un peuple taïga tropicale 

Fait de briques et de chocs 

De ciels d’aubépines roses

Et d’amours pleines et justes

Garde-espoir ce soir pétard

TA PAROLE EST EN CHEMIN

Une chaîne de montagnes

Il y a celle qui ensorcèle pour tutoyer le ciel.
Celle qui reste sur terre, un destin bien ancré dans sa chair.
Il y a celle qui dessine des courbes, en glissant sur la neige. Celle qui côtoie

l’aiguille, pour s’enfuir.

Il y a celle qui est volcanique, sans triche. Celle qui réchauffe les coeurs, sans peur.

Il y a celle qui dévisse, sans vices.

Celles qui rêvent lentement, pour éviter l’éboulement.
Il y a celle qui est reine, sans tenir les rênes.

Celles qui soutiennent doucement, pour éviter l’effondrement.

Il y a celle qu’on ne voit qu’à la lumière de la lune, lointaine perspective. Celles qui

cachent leurs ombres dans leurs songes.

Un ciel clair

Un cumulus qui touche l’horizon

Pour bien gravir les nuages mieux vaut apprendre avec un cumulus un seul d’abord assez gros, assez dessiné,

S’entraîner dans un ciel clair et transmettre à l’enfant

Je tiens la main de l’enfant Il a la bouche grenadine et son parfum qui s’échappe dans le ciel clair

Nous levons le pied, ensemble il m’imite et le posons un peu plus loin, un peu plus haut

Ce n’est pas très différent de monter un escalier

C’est juste plus approximatif

Le pied tâtonne pour trouver la dureté sous la surface molle puis prend appui, l’autre se lève alors à son tour mouvement itératif

La main de l’enfant serre la mienne Je serre la sienne pour trouver la dureté sous la surface molle

Étape par étape, nous montons

Les sons s’amenuisent, le bruit du monde s’éteint

Juste mon souffle et le souffle de l’enfant qui font danser l’édifice

Juste nous deux, qui progressons, ensemble

Nous deux liés, loin du bruit du monde.

En bord de jardin, assise sur un banc, il y a celle, isolée, qui n’a jamais cru que ça arriverait. Jamais vraiment. Qui a quand même choisi sa robe avec attention, blanche aussi, par provocation. Et qui s’est dit qu’elle serait celle qui se lèverait à l’église pour s’opposer, mais ne l’a pas fait.
Debout, à côté du buffet, il y a celui qui est venu manger gratos. Il est debout parce qu’il n’a pas de table, parce qu’il n’est pas invité, et, à côté de lui, il y a son pote qui glousse en disant : « C’est bien dans Les Valseuses que les mecs s’invitent à un mariage, non ? »
À chaque table, il y a des groupes, rangés dans les bonnes cases. Les mariages ne sont pas faits pour mélanger, juste pour arranger les mélanges.

Les amis. On a mis ceux de Mademoidame avec ceux de Monsieur. Et là, il y a celle qui a attrapé le bouquet de la mariée, qui avait déjà les joues roses d’excitation : elle serait la suivante ! et qui se laisse courtiser d’un pied opportuniste qui profite de son trouble et de son ébriété pour lui faire des avances. Il y a le propriétaire du pied qui a retiré son alliance pour ne rater aucune occasion et le complice goguenard qui se gausse en silence de la dinde qui finira farcie dans un massif de buis.
La famille. Les parents et beaux-parents, les frères et sœurs, et, aux tables adjacentes, les tantes et les oncles, les cousins et cousines. Le père de Monsieur à côté de la mère de Mademoidame la regarde avec indifférence et ses questions affichent une curiosité factice. La mère de Mademoidame, elle, n’ose pas le regarder. Cet homme l’impressionne. Les mariages font parfois s’entrechoquer des mondes.
Les élus. Mademoidame, les yeux plongés dans ceux de Monsieur, le sourire rivé au pupilles. Monsieur, l’air béat, très en verve, en rire, la ressert de champagne, la resserre dans ses bras et la soulève pour l’emmener sur la piste de danse.
Sur la piste de danse une fillette se trémousse, un nœud rose dans le dos de sa robe d’ivoire.

J’ai été invisible. Longtemps. Enfant taiseuse, discrète, disciplinée. De celles que l’on
oublie.
Je suis devenue sauvage. J’ai perdu le lustre de l’obéissance, ma douceur, développé
mes aspérités.
Étonnamment, j’étais née polie, je suis devenue brute.

– Tu ne te souviens pas de moi ?

– Non.

– Nous étions meilleures amies…

En terminale, retrouver ses marques auprès de ceux qui ont compté… Découvrir
l’absence d’empreinte laissée.
J’ai été naïve.
Je suis devenue lucide, sans pitié, sans regret à couper les amarres.
J’étais partie de force, souvent. Je me suis mise à partir de gré. Chercher la forêt, la
terre, la montagne. Courir en montagne. Me cacher dans les abris sous roche, me
couvrir de feuillages. Chasser.
J’ai été invisible.
J’ai choisi de le devenir. Je suis devenue invisible.

Annonce

Vend terrain
atopique, atypique

d’une certaine surface
plane
mais pas seulement
courbe
grenue
(ci-joint une liste d’adjectifs
non exhaustive
dans laquelle piocher
les qualificatifs les plus appropriés
selon vous)

pour raison
inavouable

si cela vous intéresse
adressez un courrier
une lettre
anonyme
(vous pouvez découper les caractères
dans ce journal même
où l’annonce paraît)
à l’adresse
non indiquée
ci-dessous

Il fait nuit, tu n’as pas allumé la lumière. Il te manque, tu ne veux pas voir qu’il est absent.
Tu avances dans le couloir, à tâtons. Mur de droite sous la main droite comme une immense rampe plate que tu suis. Une palissade. Ta maison s’est muée en un labyrinthe. Tu cherches la faille, la sortie.
Là, tout à coup, sous ta main la trace d’une boursouflure, une cloque traversée d’une ligne accidentée. Tes doigts la détourent, s’interrogent, il n’y a rien de tel sur ton mur. L’angoisse. La mer qui monte dans ton gosier.
À cet instant, tu sais combien tu es fragile, vulnérable… seule. Tu as peur parce que tu es seule. Tu as peur parce que si le mur ouvre la bouche – c’est bien la bouche du mur cette boursouflure, cette plaie que tu sens s’animer sous tes doigts – si le mur ouvre la bouche, personne ne sera là pour le voir t’engloutir.
Tu fais le vide dans ta tête, tu dois te ressaisir. Tu inspires. Tu souffles. Tu inspires. Tu souffles. Tu dois te trouver à trois mètres de la porte de la salle de bain. Tu seras à la salle de bains dans trois mètres à peine. Tu pousseras la porte et là, par la fenêtre, la lune t’aidera à y voir plus clair. Tu ouvriras le robinet, te mouilleras le visage pour camoufler tes larmes… voilà, dans trois mètres à peine, ça ira.

Marseille

Et tu t’es éloigné quand ça a commencé. Tu t’es éloigné et tu n’as plus parlé. La grande ville ne l’a pas remarqué, tu y es revenu quelques fois. Un ou deux jours pas plus, par peur peut-être de retomber. Tu as été heureux là-bas tu disais, mais l’arrivée de l’enfant, l’appartement trop petit pour trois, maintenant, fini ton grand voyage, on arrête de déconner, retour auprès des proches, de l’autre côté du pays.

C’est toi qui les aide maintenant qu’ils sont vieux. Tu ne regrettes pas ton choix, dans tous les cas tu l’aurais fait, partir, mieux valait il y a quinze ans, quand t’étais jeune.

Maintenant tu t’en fous de tout ça, les villes se ressemblent. Là-bas il faisait trop chaud, ça te rendait malade, ici ça fait campagne, ça te rend triste.
Partout tu te sens seul, maintenant t’essaie même plus les relations, les femmes, toutes se ressemblent. Avant tu supportais une capricieuse, ça t’enfermait, maintenant tu habites avec une folle et ça t’enferme encore.
Tu as été, dès tes trois ans, quelqu’un d’anéanti et tu es maintenant toujours brisé en mille morceaux. Tu as guetté sur le toit, adolescent, le signe d’un espoir et tu connais maintenant la déception des nuits d’attente.

Les journées passent et tu continues ce que tu as toujours fait, subir leur lent défilement.

Die Bachen lesen ein buch

A trois,
Tu vas arrêter. Pinailler sur n’importe quoi, tu vas arrêter.
Ta bouche, tu ne vas plus l’ouvrir, elle sera fermée
Et ta soit disant brûlure dans le ventre pour moi, tu vas l’éteindre.
Sans adresse, sans verbe, tu ne me verras plus, je ne suis plus dans la grande existence.

Et ensuite,
Tu partiras en Allemagne, à Berlin, où tu veux.
Tu n’auras plus d’amour pour moi, tu n’y penseras pas, ça n’est jamais arrivé.
Les attentes et les grands sentiments, la toute-puissance et l’enfermement. L’enfermement.
Tout ça n’aura jamais eu lieu. Tu partiras en Allemagne peinard, et je partirai sans coup,
tranquille.