Avant de partir

Cette chambre m’écœure
Je suis saturé de son odeur
Oppressé par son air absurde

La tête me tourne
Je voudrais respirer 
Mais ma bouche 
Mais mes narines
Mais mon visage
Asphyxiés
Plaqués par un voile lourd, épais, humide
Etole de mort

Chambre de soins
Certes
Soins palliatifs

Je te regarde
Et je t’en veux
Tu ne me regardes pas
Tu souffres trop
Et je t’en veux
Tu devrais arrêter d’avoir mal comme ça
Et me dire que tu m’aimes

Je marche dans une forêt silencieuse au bord de l’inquiétude du monde.

Odeur de mousse et d’eau sous les feuilles, un matin  de printemps.

Les buissons brillent de leurs bourgeons sucrés et les arbres offrent l’étoffe de leurs troncs attentifs, corps palpitants sous l’écorce.

Le feuillage s’éclaire d’or tout là haut.

Au détour du chemin une prairie, bordée de peupliers, de roseaux, le long d’une rivière aux pierres rougeoyantes.

L’instant vibre de vent, de lumière et invite à l’oubli.

Vert lustré de l’herbe, ocre chaud de la terre où cheminent de petites fourmis, insectes nonchalants, fleurs sauvages aux senteurs d’autrefois.

Mystère d’une harmonie de couleurs, d’odeurs et d’une vie secrète ; j’entre par tout le corps et le souffle, dans cet instant suspendu qui me transporte et m’irradie.

Toute cette beauté qui ne s’offre sans doute à l’âme qu’aux instants de contemplation silencieuse et que l’on boit avec avidité par tous les sens au point de devenir herbe, terre, neige, vagues, ciel, bouquet de couleurs, d’odeurs et de saisons.

Beauté qui nous arrache au monde par l’étreinte d’un arbre en fleurs dans la lumière, l’odeur timide des violettes ou envoûtante des mimosas, le frisson d’un oiseau surpris, la parole échevelée du vent.

Beauté aussi dans la trace des souvenirs convoqués, irrigués par les sensations, palimpseste ou chant qui s’écrit depuis l’enfance et tremble au fond de nous.

Espace indicible et vibrant de mots, tissé en nous et qu’approche parfois le poème.

Le mulot mort

Dans le jardin il y a le visage d’un mulot mort qui ne regarde plus le ciel mais se reflète peut-être dans un miroir. Un fantôme de mulot apprêté pour le voyage, poil lustré, museau propre, l’oeil noir de trop avoir guetté. Il chercherait la douceur entre ses pattes, quelque chose à croquer. Une proie sans doute. La preuve en est ses moustaches humides et rigides, indiqnant la direction. Celles de gauche montrent le nord, celles de droite, le sud. La suite serait cornélienne si le soleil ne se voilait la face, façon de protéger les êtres encore vivants d’un être déjà mort. Pas encore froid, certes, fourrure chaude et queue raide. Il ne palpite plus mais rouge encore du feu de la vie, il a l’air de bouger. Il pourrait flotter en slalomant entre les arbres. Il pourrait nager le crawl comme dans les dessins animés et remonter le cour de sa vie. Mulot caché entre le jour et la nuit, petit poilu des tranchées de jardin, a combattu pour sa survie, ventre à terre.

Le fantôme a rougi dans son sommeil sans fard. Il s’est vu gros chat plutôt que gros rat. Il s’est vu pacha sur feuilles à mâcher, sur talus touffu, sur lit de soie. Il s’est vu premier mulot de la région, élu à rebrousse-poil roi des rongeurs. Il s’est vu mulot ailé pour échapper aux chats, aux chiens pour qui il aurait servi de jouet à déjeuner. Il se serait vu supersonique pour voler plus vite que les rapaces.
Il divague dans son rêve de mort. Il galope, il est plus gros que le plus gros des chats, il est gros comme un éléphant. Il pourrait écraser un chat d’une seule patte. Il se voit comme prédateur mais il n’est jamais prédateur que de lui-même. Il trifouille dans ses cauchemars de quoi s’en extirper, histoire de voir si la greffe a pris, mais c’est trop tard, il a beau galoper dans son rêve, tout mort qu’il est, il est bel et bien mort.

Y a-t-il un paradis des mulots ? Un espace à parsemer de fleurs des champs, de galeries souterraines, de cachettes surprises. Une place pour compter les nuages et les lombrics en attendant le crépuscule. Peut-être une motte de terre à rapporter entre les pattes, une attitude à faire remonter ses souvenirs de bête, les fatigues, les réformes, les remontrances. Peut-être la perception un peu fanée d’un amour de mulot. Mulotte sans culotte, l’indécence, le fantasme au pays des mulots, le temps que prend l’amour, aussitôt grandi aussitôt enterré avec la bêche à côté et deux bouts de bois en signe de croix. Le signe de l’enfant qui a semé avec, ses espérances et ses rêves.

Que se disent des rêves d’enfant et des rêves de mulot mort ? Personne ne sait, il faudrait avoir pour cela de petites oreilles très pointues ou se laisser envahir par la terre, en avoir plein les yeux, plein la bouche, se laisser enterrer vivant, avec les rêves du mulot mort et ceux que l’enfant a déposé dans le trou.
Ou attendre la saison prochaine et déterrer les rêves.

Héritage

Tu me tiens dans tes bras. 

Mes yeux fermés, mon corps sur ton bras et ma tête sur ton épaule. Visiblement je ne dors pas, je tends mes bras et mes mains écartent leurs doigts, petits tentacules dont on devine les mouvements aveugles. Avant les regards, les sourires et les mots, palper le vide pour essayer, déjà, de comprendre.

J’ai beau scruter ce nourrisson, me dire que c’est moi, je ne parviens pas à le rejoindre. Je ne peux qu’imaginer, supposer, me tromper. Ce n’est pas de lui dont mes yeux ont soif mais de toi, à qui je ressemble aujourd’hui. Ton visage est de profil car tu es face à l’objectif mais me regardes. Si tu accordes l’accès à l’intime, tu parviens à garder toute la vérité du moment. Tu prêtes mais ne donnes pas. 

Etrangement c’est en toi que je me reconnais et non en cette vie balbutiante que tu regardes intensément. Je deviens ton regard. Il nie l’espace qui nous entoure et tente de nous saisir, il étouffe les sons qui nous célèbrent. Il est toute liberté, toute puissance et douceur ardente. Il est également cette promesse que j’entends encore, quarante-six ans après. J’y puise toujours ma force.

Je suis aussi cette bouche légèrement entrouverte, comme une porte sur ta pudeur. Elle laisse passer des mots qui n’ont pas besoin de palais, de dents ni de langue pour être prononcés. C’est peut-être pour cela que le bébé ferme les yeux. Il reçoit tes messages secrets, à lui seul destinés, un langage intérieur, fait de silence et d’amour, qui s’écoute dans le noir. Des mots invisibles que l’on peut attraper avec des doigts tentacules. Et garder toute sa vie.

Au fond d’un jean (et de l’univers)

Je suis un grain dans ta chaussure, un caillou dans ta poche. Je sais que je te blesse, je sens les lésions sous ton pas lourd dans l’escalier. Je t’entends monter à l’étage sans te voir, je te cherche sans te trouver. J’aimerais gravir les marches deux par deux et te rejoindre. Je ne peux pas. Je suis bloquée dans ce salon que la lune éclaire mollement et le halo fait écho à ma paresse. 

J’ai oublié que j’étais seule.

Je ne sais pas pourquoi tu me gardes auprès de toi, comme un talisman. Je me demande si je peux nous guérir des poèmes trop remâchés. J’ai voulu te les resservir trop de fois, maintenant les saveurs sont usées. Je voudrais ressusciter nos papilles. Je voudrais t’aimer mais j’ai perdu la recette. Je voudrais donner mais je n’ai plus rien dans mes poches. 

Pourtant je le porte en moi cet amour, c’est toi le caillou dans mon ventre. Parfois j’essaie de le noyer dans le gin et alors il refait surface. Moi je me noie et toi tu nages jusqu’à nos berges. Tu rentres à la maison. Est-ce que tu m’ouvrirais la porte si je voulais te rejoindre ? Je ne veux plus passer la nuit dehors. Je nous sème sur la route pour ne pas me perdre. 

Je renverse les assiettes, le café sur la table, mon cœur toujours trop plein. Toi c’est ton rire que tu renverses, une voie lactée dans l’espace. C’est moi ta maladresse. C’est toi ma lumière vive. Pardon pour mes errances. J’ai cru pouvoir m’en aller mais tout me ramène à nous. Je vais allumer dans le salon, ouvrir les fenêtres de mon cerveau. J’espère que tu passeras ta tête par l’encadrement de la porte comme autrefois. Je veux revoir tes yeux noirs compléter les miens. Je ne veux pas que ton sourire cesse de me chercher.

Retrousse tes poches, promis je suis tout près.

Dehors, ni pluie, ni vent. 

Dehors le soleil qui crame 

le soleil qui crame l’herbe 

l’herbe sèche 

l’herbe cramé 

l’herbe jauni cramé jusqu’aux racines 

Les racines qui forment comme un réseaux 

un réseau parallèle 

un réseau souterrain 

un réseau de vies 

de vies cramé par le soleil. 

Le soleil et ses rayons nucléaire 

ses rayons nucléaire qui créent la vie 

Nucléaire qui crame la vie

Qui crée l’or et la matière 

Pis qui explose.

Trous noirs fontaine blanche

Je veux voir la fin                                                                                                          vite.

Je veux voir la fin, me jeter dedans, y plonger tête la première et contempler le gouffre, l’abysse, et qu’il me contemple aussi et qu’il me trépasse. Je veux y plonger en apnée et rester un temps suspendu et qu’il m’aspire, qu’il m’entraine et qu’il me montre et qu’il me goûte et que je vois enfin. Je veux qu’il m’ouvre le crâne et qu’il sorte mon esprit et qu’il le projette en arrière et en l’air aussi. Je veux me bruler les yeux et avoir la tête qui tournois et l’esprit qui projette. Je veux voir la fin avant tout le monde et avant moi. Je veux m’y voir. Je veux précipiter ma chute. Je veux m’y presser et m’y lover, non m’y jaillir de toute part et exploser à sa face et à vos gueule. Je veux pas la neige en été et les enfants heureux je veux la fin et la déliquescence et voir ce que c’est là et faire waou.

 Je veux la fin et sans attendre et sans grand bordel et sans grand tambours. Je veux la fin simple et rapide, la fin simple et rapide qui vient vite avant tout le monde. Je veux me défaire et me fondre et me disparaitre et je veux l’oublie aussi. Ça serait bien l’oublie et la tranquillité aussi. Je veux la disparition. Et l’oublie je veux. Je veux un caillou qui coule très profond, je veux l’abysse et le froid. 

Je veux                                                                 vite.

Et puis plus du tout.

C’est normal ça, c’est souvent, c’est les choses.

Je vois presque la fin et je veux plus du tout la fin. Je veux le retour en arrière. Je veux qu’on me rembobine et qu’on m’accueille du retour du gouffre. Je veux des mains chaudes et douces et m’y jeter, non m’y blottir. Je veux les caresses sur les yeux et les paroles du retour, chaude et tendre. Je veux l’eau sur la nuque et l’aire dans les poumons et le cris qui revient. Je veux les éclats de vie dans ma tronche et reculer et revoir ma mère. Je veux plus voir la fin je suis plus pressé. Je veux trainer et même marcher à reculons et voir plus en arrière pour une fois et aller voir au-delà de l’avant. Je veux aller là où on va pas et moi j’irais. C’est bien avant le début. 

Je veux voir avant le début, l’apnée éternelle et la flottaison douce. Je veux voir la lumière qui traverse la membrane et les bruits étouffé. Je veux voir avant moi et l’ignorance de moi et la solitude éternel et l’obscurité et l’autre gouffre. Je veux voir le gouffre qui projette en avant et qui expulse toutes choses, direct. 

Je veux voir                                         vite.

Lorsqu’arrive la fin de sa journée, rien ne semble changer autour de la baie vitrée hermétiquement close, et elle n’a pour horizon que la mer de nuages flottant, indéchiffrable, au pied de la tour comme une couette lourdement oubliée sur un lit. Le soleil comme une boule de feu qui explose sur la ville depuis ce matin mais qui reste dissimulé, sauf du haut des étages supérieurs de la skyline en bord de mer. Si elle se levait, allait coller son nez à la vitre enchâssée dans le sol, et regardait en bas, tout en bas, alors elle pourrait apercevoir, dans une trouée cotonneuse, un lampadaire déjà allumé malgré l’heure et qui éclaire de son aura orangée la route grasse d’humidité et de la suie des paquebots restés à quai qui tirent sur leur laisse. Et puis il serait normal qu’elle retourne prendre sa place face au courbes et aux chiffres qui défilent par saccades et se reflètent dans ses lunettes, dissolvant son regard dans un flux numérique et éphémère. Et puis, elle décroise les jambes, recule son fauteuil et referme son ordinateur qu’elle place bien au centre de son bureau. 

Lorsqu’il leur paraît évident, mais tellement improbable, qu’elle va se lever, prendre sa veste, se diriger vers le fond de la salle, en franchir la porte et qu’ensuite il ne lui restera plus qu’à patienter devant l’ascenseur dont le bouton clignote avant de s’y engouffrer, ils tournent la tête, leurs regards balayant la pendule murale, la mer de nuages à l’extérieur à la recherche d’un signe des autres, aux regards aussi vides que le leur. Comme si ils ne pouvaient entendre le ballet des portes qui s’ouvrent et se referment avec la voix pré enregistrée souhaitant la bienvenue aux passagers embarquant à chaque étage. Puis un long silence persiste. Comme si l’activité ne pouvait reprendre qu’une fois qu’elle aurait bien quitté le bâtiment.

Et c’est alors que tous voient passer un corps qui chute et frôle les baies vitrées incassables, comme au ralenti, avant de disparaître dans la mer de nuages.

Transite

Je l’aimais. Alors je lui avais donné un sac à dos (le mien) pour qu’il puisse rentrer chez lui sans encombre. Ça avait été dur de le laisser rentrer chez lui parce que je l’aimais. Il aimait beaucoup ce sac à dos avec un truc en plastique orange fluo pour le fermer roulé sous lui.  

Plus tard, un jour, il m’envoie une photo. On voit un mur bleu et blanc, un trottoir et devant une route mouillée et entre la route et le trottoir, et entre le trottoir et le mur, il y a des mauvaises herbes en pagaille. Et puis au dernier moment, on remarque tout seul sur la route mouillée le sac à dos posé là comme s’ il était épuisé ou juste un peu malade.  

Beaucoup plus tard, il revient me voir chez moi avec le sac à dos. Le sac à dos est usé en bas, dessous, et au niveau des bretelles. On s’aime mais ce n’est pas possible d’être heureux ensemble alors il part le sac à dos vide au milieu du couloir il l’a laissé pour dire voilà. Je déteste le sac à dos vide crevé sur les tomettes. Je le laisse là au milieu du couloir que c’est pas pratique.  

Plus tard je dois quitter mon appartement en catastrophe parce qu’à Marseille les gens peuvent perdre leur maison en catastrophe à cause du péril imminent soit disant. Et on se dit qu’est ce que je prends avec moi en catastrophe ? On attrape une lampe. Un édredon. Une poêle tordue. On fourre les livres les plus lus et les vêtements les plus colorés. On s’encombre d’une plante. J’ai laissé le sac à dos. Il est resté là dedans je le

jure pour toujours. Mon ami que j’aimais est devenu silencieux pour toujours je croyais. Peut-être que les gens qui ont trouvé refuge dans mon appartement sous scellés, peut-être qu’ ils ont trouvé le sac à dos et qu’ils s’en sont servi pour leur vie quotidienne j’aimerais beaucoup.  

Un jour mon ami est revenu dans ma vie. Son retour c’était pas des mots et c’etait pas un corps non plus. Son retour c’etait un son youtube. Et après tout le temps qui fait qu’on pouvait appeler ça un retour véritable, et le temps que ça m’a pris pour dire au revoir, après 400 jours pour le dire, j’ai eu froid. C’est quand il est revenu par le son youtube que j’ai eu vraiment froid tout à coup. Je me suis allongée sur le canapé enroulée n’importe comment dans une couverture moche comme je perdais la sensation de mes mains. Elles étaient parties de mes mains en même temps que la sensation. Et je perdais aussi bien mes pieds, et tout mon corps. Le froid emportait toutes les sensations. Comme le bus scolaires le matin les enfants à la campagne pour les réunir ailleurs. 

Le matin très très tôt la campagne pousse des spectres. La campagne givrée au-dessus d’elle les spectres se promènent doucement. Le froid a gagné la pensée j’ai pensé mais non quand même pas. J’ai pensé à comme on voulait voir l’océan avec mon ami et comment il faisait pour avoir jamais froid. Là bas il y avait des choses qui ne sont pas encore exactement passées j’ai pensé.

Tu fulminais dans mon dos et je continuais de fourrer mes livres dans le carton de déménagement. Plus tu t’emportais plus j’allais vite. J’essayais de me faire sourire en me disant que je n’avais jamais été aussi efficace, en te remerciant presque. Tu étais allongé dans le canapé, ton téléphone à la main me donnait quelques minutes de répit quand tu tombais sur un post qui t’absorbait subitement, et puis ça reprenait, tes injures. Ta revanche, au milieu des cartons. Je ne voyais pas que c’était une posture, que ton téléphone t’empêchait de couler, que tu m’offensais pour ne pas sombrer. J’essayais de ne pas t’écouter, je fredonnais dans ma tête des chansons douces, et je m’appliquais à la tâche.
Déplier un carton, scotcher, entasser mes livres. Je me disais Tiens bon ne craque pas tais-toi ne lui fais pas ce cadeau demain tu seras partie tout sera derrière toi ce type est fêlé tu as fais le bon choix te sauver. Je ne voulais pas voir la brutalité du choc. Ni l’ampleur de l’échec. Je ne comprenais pas qu’en me perdant tu perdais tout. Je ne voyais que la violence, elle avait pris ton visage. Je ne t’accordais aucun droit. C’était trop tard. C’était ta faute. Troisième carton, deux mains deux bras. Mécanique de survie. Ne pas flancher. Faire. Se taire. Et puis je craquais, trop c’était trop, il fallait que je te réponde. Je ne comprenais pas que tu ne voulais que ça. Me retenir par le bout de quelque chose, ne serait-ce qu’un mot, me rattraper au vol et qu’on reprenne la danse, que ça tournoie comme avant. Mais c’était fini, je ne voulais plus de tes filets, je voulais juste m’échapper, courir aussi loin que possible, ne plus te voir t’entendre m’étendre mais te fuir. J’étais en armure et tes flèches ricochaient sur moi, et même si à l’intérieur je tremblais comme une feuille, même si mes jambes ne me portaient plus, j’étais debout, en guerre, dos tourné, contre toi. J’entendais tout ce qu’il me fallait pour ne rien regretter. Tes attaques perfides. Je n’entendais que ça. Ta perfidie. Je n’entendais que la haine. Je n’entendais pas que tu pleurais sous les cris, ni ta peur, ni à quel point de folie tu m’aimais.
Ni combien c’était vrai.