L’être/lettre à 

J’ai lancé Arte Concert sur le balcon des albizias 

J’ecris une lettre à 

Je pense à 

Cette lettre est une lettre d’…. truc 

Je l’adresse à personne 

J’écoute celui là 

Il scande des mots, musique live

Les grillons font leur machin 

Moi j’écris mes trucs

Je survole tout

Je survole rien

Le chat se frotte 

La balançoire commence à 

Mais je pense trop vite 

À ci 

À ça 

De ci

De là 

Tout vagabonde

Les arbres poussent

Les fleurs se fanent à cause des

Rayons du vélo qui tournent

Cercle, rond, soleil, sphère, terre, eau, air 

Cercle, rond, anneaux, engagement, désengagement, brisure, verre, eau, boire, jus, rouge, sang

L’attention vagabonde 

Les notes de la chanson accaparent

Et je chante à l’intérieur

Maintenant que l’avenir s’est ouvert comme une fleur ou deux bras de ton corps terre labourée par le
temps tu reviens d’un exil froid acier béton
coeur marche mécanique
Tu as goûté au sel de tes yeux et de la mer et ramené de tes voyages une parole dressée contre la mort
Élargis ta conscience Fais face au vent Porte tes souffrances
La nuit n’est que le nom d’une couleur
Et l’horizon une ligne droite à tracer
Saison nouvelle enfance oiseau
Sois d’un calme lumineux la beauté est assise parmi nous dans le jardin à cet instant tu n’auras qu’à
fermer les yeux pour voir

La bouche arc-en-ciel

A ce moment précis
Tu seras happée par la couleur des mots,
Tu seras pailletée de toutes leurs nuances,
Tu t’étourdiras aux sons de ce miel
Répandu dans les airs juste pour toi.
Par la bouche arc-en-ciel,
Tu seras rayonnante féérie.

Et donc
Et donc, tu oublieras,
Tu oublieras qu’arc-en-ciel et paillettes sont niellés d’éphémère
Et dans ton amnésie, tu n’entendras pas,
Tu n’entendras pas les bruits sourds sortir par filets,
Puis par rafales entières de la bouche arc-en-ciel.
Et tu seras cinglée par la violente pluie qui s’abattra sur toi,
Elle te tailladera comme des lames de couteaux.
Répandra sur ton âme la douleur des mots,
Brisera sur ton corps les couleurs en mille et un morceaux.
Quand la bouche arc-en-ciel t’aura tourné le dos,
Tu deviendras insignifiante scorie.

Sirène

Etendez vous, détendez vous, entendez vous, détendez vous, édentez vous, répandez
vous, éventrez vous, détendez vous, étranglez vous, excusez nous. Stop.
Vos lunules pullulent et maculent les pustules de vos pores dilatées dilatées, dites latée .
Hop.
C’est la terrible histoire du vent si frais qui siffle sur le bout du quai. OOOOOH
Qui gifle, qui siffle , qui gifle la , qui rifle et renifle. Qui sniffe.
Lalala au creux de l’estomac, démange ton chant qui prends racine la.
La rime qui s’encrasse dans les replis fétides de ton bide.
Hon !
Fort avec le rôt , casse case casse le pot fait péter la tartine et chauffe, chauffe donc
Ce sang qui gémit dans tes tuyaux de peau, fouette le, Yaaah.
Maintenant tes cellules s’entrechoquent avec un petit bruit de pluie,
écoutesplicplicplic, il fait chaud.
Transpire, respire, transpire, respire, inspire, soupire, expire, siffle avec ton vagin et
geint.
Ecarquille tes esquilles, ouvre grand la bouche, le nez, les dents, tes yeux si bleus, et tes
nageoires si noires. Et la ton regard rouge sang frétille intensément, ton cou se gonfle et
vas y aspire et encore plus fort, gonfle lentement et stoke . Pause. Et donc.
Et donc, le souffle doux du mou qui bout est à bout, est tabou, vas y siffle le , verse le
doucement d’entre tes dents, ce chant d’ou s’accrochent entre les croches, tes serments.
Verse, déverse le, converse, en riant.

Ode à la culotte menstruelle

La culotte menstruelle,
Tu l’enfiles
Et hop !
T’es partie pour la journée.
Simple.

Pas le plastique couleur de violette, senteur de mort et bruit de scotch.
Pas l’ogive de coton, celle, oubliée, qu’une médecin, spéléologue, est allée, pince à la main, chercher tout au fond de ta cavité.
Pas la pilule oubliée avec la régularité d’une horloge.
Pas le fil de plastique, gorgé d’hormones, coincé dans le col, parfait, s’il ne vous rend ni obèse ni dépressive.
Pas le calice, effet ventouse.
Non plus, la serviette éponge de ta mère, accrochée au fil à linge, dont l’absence informait les vieilles alentour d’une grossesse en cours.

Non,
La culotte menstruelle c’est
La disparition du flux dans l’épaisseur noire.

Et le moment venu c’est
La réapparition du flux,
Trop longtemps encagé dans la violette et l’ogive.

Non pas Lady Macbeth, frottant sans relâche, priant pour sa disparition.
Non, le contraire, plutôt.
Du tréfonds de l’épaisseur noire,
Le sang.

Les doigts dans le sang, retour à la vie.
Sous le jet, sortir les eaux rouges du noir.
Mouiller, tordre.
Regarder le rouge serpenter dans la bonde.
Encore.
Mouiller, tordre, rouge.
Mouiller, tordre, rouge.
Enfin, retour à l’eau claire.

Machine. 30°.

Et puis,
Quand le moment viendra,
Rejoindre,
Sous l’eau claire,
Orques, belugas, narvals et globicéphales.

J’étais où personne n’était
En ces lieux où persona non grata
Je n’étais nulle part au présent
Toujours passé par là, revenu de tout
Je suis ailleurs à présent, même sans savoir où
J’avais plaisir d’avoir, comblé d’aller partout
Parlant parlant parlant
Je suis vide maintenant
Prêt à m’emplir de nouveau
Cherchant à aspirer le son de voix neuves
De qui veut bien me parler
M’adressant à tout va
Je volais le temps des autres
Je jouais à faire durer
Sans savoir quoi mais toujours le soleil
Désormais je rends ce temps ruiné
Je reste présent sous l’ondée
M’offrant
Perméable à tout ce qui veut bien
M’envahir

la fulgurance et la perte

J’étais un pirate sur une mer infernale et je tentais d’attraper dans mes filets les presque morts qui me demandaient juste de sourire. Je suis à présent la presqu’île, le demi-mot qui a trop ri pour convenir et l’océan fendu m’a retourné trois fois. J’étais l’étendue et la confiance tranquille, je suis le trou noir, j’engloutis. J’étais ce que l’on me demandait d’être, je suis l’excès de mes propres souhaits. J’étais douceur, lactée, bleutée, sucrée, algue dansante, souple et solaire, je suis la vase noire, odorante et stagnante, s’accroche à tous les pieds qui voudraient bien s’approcher. Je me retire lentement à chaque vague habitée de coquilles vides, de coraux blancs.
Je suis le fond de la lumière, la fin de la vitesse, la fulgurance et la perte.

je n’avais rien
je m’préoccupais 
de rien

le piquant de ta langue 
contre la mienne
excitation – chargée

soupirs – nicotinés
on s’acoquine
dans un brouillard électrique

ça m’pique
ça m’transperce

devine
encore
nos deux corps
ouverts

partout – encore

un élan
une nuit comme ça
résolue

vouer aux jeux des flots de peau

et le ciel se casse
sans la nuit

Je suis né d’une idée, sorti de terre,

érigé dans un ensemble.

Ma base reposait sur six pieds

qui ont foulé mon sol au quotidien.

J’étais l’arche de Noé de mes 6 pieds

et de leurs invités.

On chantait en moi, on dansait en moi,

on ne laissait pas le temps à la vie

de claquer ma porte,

on poussait mes murs pour faire de la place

à la légèreté,

on ouvrait mes fenêtres pour laisser

éclater les rires dégustés en entremets.

Aujourd’hui il ne reste que deux mains,

lestées d’un cœur lourd,

pour porter mon passé

dans des cartons, trier les poussières

de vie amassées en souvenir lointain.

Ne pleure pas, j’ai bien vécu,

je peux être et avoir été.

Je suis appartement témoin,

du temps jadis et de demain.

CRÉER :

Je m’écouterais, tu fabriquerais des liens sans jamais en finir. Tu coudrais les mots, les tissus et tous les autres matériaux pour que je puisse en faire des œuvres à chanter, déclamer, hurler, ou murmurer.
Je tracerais, d’une main sûre, les contours de ma carte imaginaire.
Tu y passerais tes doigts dessus, pour y créer des reliefs.
Puis nous échangerions de rôle, tu tracerais la tienne et j’y ajouterais les reliefs.
Puis nous les surperposerions, et nous découvrions les similitudes ou les oppositions de nos gestes libres : des frontières imaginaires entre ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous voudrions devenir. Nous laisserions l’espace pour marquer au feutre noir, les chemins à parcourir.
La création comme un fluide, qui circulerait entre mon tu et ton je, fait de nos forêts internes.