la verité toute nue, ou histoire de Louise

La vérité toute nue se baignait dans le torrent de pierres
Lorsqu’un chat sans tête lui vola son regard
Elle errait se cognant les doigts de pieds sur les gros cailloux
S’enfonçant dans la vase, le visage fermé , les mains en avant
Un goût amer dans la bouche

Du ciel muet

Le brouillard tombe
La lune embarrassée, toujours pressée, file
La cime des arbres luit
Près de chez Louise.

Louise est obèse, grande et sans cheveux
Elle se dilate, et flatte d’un coup de natte, le vieux lapin, son cousin
Un grand cri dans la nuit et puis

C’est le matin

Un nain vient
Dans sa main
Il n’a rien

Dans l’autre non plus
Brillent les âmes des farfelus
Une pluie de petits nez est tombée
Cette nuit dans le pré
Louise a rêvé

Son grand corps jaune se balance
Sur le chemin de son enfance
Branche en fleur
A la saveur de pèche.

Dans le lit sombre
Des mains sans frein
Ont pétrifié
Son corps de braise

Elles ont enfoui
Dans ses replis
Leurs ongles noirs
Sans espoir, sans amor, ni remords

L’aube est blanche et muette, la pluie fait dur bruit sur le toit du grenier .
C’est l’avant printemps des boutons en devenir, si fragiles aux gelées.

Corps inconscients
Insouciants d’un futur qui chavire dans la soie grège des printemps écarlates.

Rha

Crache tes dents,

Sèche dans le vent, sèche et trique dans le sang

Coince le franc qui se pompe et se repends

Soulèves la marque du cycle lent

Fond ton pardessus pardessus

Racle tout racle encore

 Encore plus fort

Pigne chigne choigne

Rauque de vie rauque de la, rauque de si

Effouille ta marmouille

Flotte ta lotte, rote

Contre moi mon ame

La c’est fini rote, rote encore

Encore plus fort.

Viens la motte contre, la

Si bête si prête, enlarmouillée de ras

Toute menue nue , toute chenue

Pose ta tête la. la.

Pète, hocquete , sur le tas

Tatatère douce pétulère

Chelmine un peu la, tout bas,

Pur murmure, éraflure si tant

Que jamais ne fut la pauvre bête aimant.

Reste la , dans mes bras.

Fluide écartelé de larmes

Fibre de doux remords

Sommeille en mon corps

Dors dors et rêve encore

De chasses carnassières,

de petites mortes en bière

de flou, de doux de douces famouilles,

scrabouille qui me mouille et me mords encore,

abandon de la bête, abandon du bandon, lachez les sons

lachez le fond.

Viens sors de ton corps et viens éclore la tout bas, tout chat ,

doucement la, si la, di da, ta tête sur.

Ce soir c’est la poire craintive, qui fait son entrée sur la table à dessert.
L’endive peureuse, noyée dans un flot de mauvaise sauce disparaît dans la poubelle
d’une contorsion du poignet de la cuisinière. Le baron est furieux, c’est une grosse
légume, et elle est payée pour se mêler de ses affaires, donnez nous maintenant du
flanc au caractères d’enfants, Zan !


Il fait froid dans le pré, il gèle.
Le dos des vaches aux caractères d’enfants, ondule et frissonne dans le vent.
Sur un air de contorsion, une pieuvre aimable et un bar craintif et peureux,
Les bras étendus nonchalamment sur la corde à linge,
se mêlent pour réchauffer leurs haleines de baleine.

Les hommes aux caractères d’enfants, étaient autrefois des poupons roses et joufflus,
Leurs mères les gavaient de lait tiède où se mêle la semoule de mais à la fleur d’oranger.
Ceux ci repus d’amour voyaient leur peau se tendre, et la graisse, sur leurs cuisses,
causant leurs contorsions difficiles, il arrivait parfois qu’ils fussent rendus craintifs et peureux,
lorsqu’il fallait se battre, sauter les haies, se jeter du pont dans le fleuve.

Osmosis 
Secret de beauté 

Partir dans un pays lointain.
Regarder l’envers des choses.
Parler une autre langue, plus simple, plus directe qui changera ton rapport aux êtres et te rendra plus hardie.
Le français est comme un fleuve, la langue des scrupules, des détours, des méandres.
Avec une autre langue, insensiblement quelque chose migre dans l’espace de ton cœur sans que tu le décèles.
Changes de vêtements, comme un déguisement, entraines toi à te fondre dans ce qui t’entoures.
Ressens la température, la chaleur, la sueur, une autre température, la qualité d’une autre fibre sur ta peau.
La soie rêche sur ton dos.
Dors nue.
Cultives ta nudité.
Savoures la.

« Se faire masser régulièrement des pieds à la tête, avec de l’huile tiède,
Pendant une heure au moins ?
Transpirer dans une petite cuve en plastique,
être douchée avec de l’eau très chaude .
Frottée avec des graines pilées, rincée.
par deux petites vieilles aux mains râpeuses. »

Et la tu commences à bouger dans ton fort intérieur, insensiblement.
Tu t’es assouplie.
Tu commences à t’ouvrir comme une pomme  au beurre passée au four.
Tu es prête.
Il te faut quelqu’un maintenant.
Peut être n’importe qui, mais ce n’est pas si sur.
Tu entends sa voix, une fois au téléphone,
C’est le début.
Tu laisses tes cheveux libres sur tes épaules
D’y repenser, la paume de tes mains s’écarquille.
Tu t’enfonces jusqu’aux chevilles dans les pétales de fleurs violettes et jaunes qui jonchent le sol.
Il fait un temps doux et léger.
Tu marches à ses côtés, et c’est d’une lenteur étrange, sa démarche te contient, t’accompagnes, t’enrobes.
Tout est incroyablement suave.
Tes cellules entières pompent un fluide délicieux au parfum délicat.
Une douceur s’est insinuée dans ta poitrine, intense, rebelle.
Elle ne veut pas partit de là et toi tu ne veux pas qu’elle parte.
C’est cette douceur qui fait que tes yeux brillent H 24.
Qu’une chaleur bienfaisante campe entre tes cuisses.
Que ton sourire est plein de lumière.
Que ton visage s’affine.
Que ta peau devient fine et translucide.

Cette douceur tu dois la cultiver en toi pour qu’elle grandisse encore, emplisse tous les interstices de ton
corps et s’encre définitivement dilatant ton regard qui va se poser comme une boussole sur toute la beauté du monde.

Alors, va dans la forêt, sens le vent et le soleil sur ta peau, et tes cheveux, respire l’odeur de la terre, écoute le murmure des pins, le bruit de l’océan tout proche, qui gronde.

Et, aime.

Sirène

Etendez vous, détendez vous, entendez vous, détendez vous, édentez vous, répandez
vous, éventrez vous, détendez vous, étranglez vous, excusez nous. Stop.
Vos lunules pullulent et maculent les pustules de vos pores dilatées dilatées, dites latée .
Hop.
C’est la terrible histoire du vent si frais qui siffle sur le bout du quai. OOOOOH
Qui gifle, qui siffle , qui gifle la , qui rifle et renifle. Qui sniffe.
Lalala au creux de l’estomac, démange ton chant qui prends racine la.
La rime qui s’encrasse dans les replis fétides de ton bide.
Hon !
Fort avec le rôt , casse case casse le pot fait péter la tartine et chauffe, chauffe donc
Ce sang qui gémit dans tes tuyaux de peau, fouette le, Yaaah.
Maintenant tes cellules s’entrechoquent avec un petit bruit de pluie,
écoutesplicplicplic, il fait chaud.
Transpire, respire, transpire, respire, inspire, soupire, expire, siffle avec ton vagin et
geint.
Ecarquille tes esquilles, ouvre grand la bouche, le nez, les dents, tes yeux si bleus, et tes
nageoires si noires. Et la ton regard rouge sang frétille intensément, ton cou se gonfle et
vas y aspire et encore plus fort, gonfle lentement et stoke . Pause. Et donc.
Et donc, le souffle doux du mou qui bout est à bout, est tabou, vas y siffle le , verse le
doucement d’entre tes dents, ce chant d’ou s’accrochent entre les croches, tes serments.
Verse, déverse le, converse, en riant.

Le goût de rien

Prendre la moitié de quelque chose, réserver.
Verser dans la cocotte un tiers de n’importe quoi, ébouillanter, laisser frémir. Puis, saisissez ce que vous voudrez, à feu vif.
Dans le mixer verser quand même un soupir, une larme et un zeste de néant, pas plus.
Veillez à recueillir le fumet de ce qui cuit, et écumez avec une passoire, je sait que ce n’est pas facile mais vous devriez y arriver avec une boite à odeurs ou un sac en plastic. Apres avoir baissé les feux, saisissez vous enfin de tout un tas de truc, pour les ajouter à cette chose qui patiente depuis déjà un moment, calmement certes mais qui attends et se fane. Alors tout un tas de trucs, entendons nous bien, ca n’est pas n’importe quoi, enfin faites attention à la cuisson quand même, blanchir n’est pas bouillir.
Donc rajouter trois cuillérée à soupe de vide, deux pincées d’absence, et un peu de sueur
de la veille, ce qui est bon est toujours un petit peu dégoutant.


Maintenant concentrez vous, éteignez tous les feux, vous pouvez rajouter le fumet au dessus de la cocotte ou vous aurez disposé le contenu du mixer et la chose assaisonnée apprêtée, qui attends de vous être présentée.
C’est le moment de goûter, le meilleur moment.
Vous me direz : « oui, le gout des larmes et de la sueur la belle affaire », ou bien « circulez il n’y a rien a voir ». Finalement je ne sais pas je n’ai pas d’avis là dessus, c’est une cuisine maigre sans matière et sans matière grasse, mais le goût devrait y être.

Le goût du rien.

Territoires : VECCNE, SETMECAGVMJJ

Voix, vois mais corps.
Etre bien, oui, être bien.
Car cheveux même grain.
Certain tympans jamais dans fantômes,
N’appellent le toucher, gravent l’intimité, voient
Et visitent la temporalité.

Séparer les traces, séparer les êtres, exister les
Existences.
Troubler les fantômes.
Mais voix,
Etre bien, être bien corps;
Car cheveux grains même, m’aiment.
Appeler l’écoute,
Graver les tympans,
Visiter le toucher.
Mais être bien, être bien, car même, sur certain
Jamais dans, car même, sur certain,
Jamais dents.

Je n’ai pas un sous.
Ou si peu.
Je respire par l’antant de mes pieds, et je ne ronfle pas.
Ne pas rire, ne pas rire.
Je n’ose pas di.., je refuse de di… Ah ! non je n’ai pas faim.
Je n’aime pas la soupe, je n’aime pas les poireaux la cervelle et le merlan, surtout
lorsqu’il me regarde droit dans le blanc des dents avec ses yeux tous frits, verts pourri.
S’il vous plait ne prenez pas cet air embarrassé, je suis toute décomposée, il ne faut pas que je m’éparpille ce serait la fin.
Non je ne suis pas en colère, juste empêchée, je tourne le dos, ne montre que le derrière de ma tête et mes fesses.
Je ne dois pas faire un pas à l’extérieur de moi, mais plonger à l’intérieur et en sortir de l’autre côté par le dos, peut être par un interstice entre les omoplates.
Enfin il ne faut pas penser à ce qui va sortir et surtout par ou.
Je ne contrôle pas ca encore très bien, et parfois…
Non ca ne fait pas mal.