Je
est un ruban obscène
Il se doit de l’animal

Certains animaux sont cachés couchés ils observent
Certains animaux couvrent des aires ondoyantes et des corps souffrants
Certains animaux chassent de mémoire
Certains animaux offrent leur corps
Certains animaux lèchent les frontières
Les animaux n’approchent pas la ville
Ils attendent que le rideau se lève

des vaguelettes du menton aux oreilles perdues dans la noire forêt de ses cheveux
les joues fatiguées d’avoir accueilli le vent et des viandes sans tendresse
le nez généreux gourmand de ce qui se peut respirer
la bouche plus fine que prévue derrière le buisson qui l’entoure une pudeur en pleine
figure
les yeux n’ont pas résisté voudraient décrocher
les sourcils sont puissants
le front est un rappel des vaguelettes

Le plateau est noir

le plateau est noir
le plateau a peur du noir
qui peut imaginer
le plateau se veut seul se retrouve démuni quand ses murs perlent


c’est la sueur des corps les corps passent encombrent s’éloignent
le plateau résiste
aux monstres fondus


le noir n’est pas voulu


le plateau sait-il qu’on l’aime pour ce noir pour cette profondeur qui aspire
qui inspire le plateau sait-il qu’on l’aime pour ce carré découpé arraché à
la ville au tumulte aux désinvoltes le plateau sait-il

Rouge/ Blanc

Blanc culmine élabore
Rouge approche efforce
Blanc empile observe
Rouge fouille fulmine
Blanc se confond avec la neige
Rouge y meurt
Rouge a peint le coeur des animaux
Blanc celui des nuages
Rouge n’ausculte met le feu pour toute réponse
Blanc patiente
Bruit blanc
Rouge colère
Un jour Blanc et Rouge s’épousent et voient la vie en rose.

j’ai été vierge au mât de colère
j’ai été mât vert de colère pour les vierges
j’ai été polisseuse d’angles pourvu que la guerre n’éclate
j’ai été suivante et plus que bretelles propres à remonter le moral fixe des parents
j’ai été sourdine à grosses graules
j’ai été entomologiste de psychés

je suis devenue louve à plein temps ligne léchant ce qui louvoie semeuse de désirs à récolte précoce
guerrière désarmante je suis devenue la putain de mon monde pour que rien
ne m’échappe

contre le temps qui fait tomber les dents les seins les gens
contre le temps qui déforme mes paroles les visages
contre le temps qui me fait croire que vingt-quatre heures c’est idem pour tout le monde ok ?
contre le temps qui creuse l’espace entre toi et moi
contre le temps qui ne desserre ni les poings ni ma gorge
contre le temps qui enfle la nuit enfle mes yeux le sexe non
contre le temps qui n’en démord pas
contre le temps qui plante derrière lui des trucs fabriqués avec mon temps à moi ma sueur mon
amour
contre le temps qui martèle et jamais ne console
contre le temps qui me demande d’épeler en seconde un monde amnésique
contre le temps qui passe putain dans tes bras
contre le temps dont la mémoire est pleine. et le coeur ?

  1. Soit je pars, soit je reste.
  2. Si je pars, soit je prends le train, soit je prends la voiture.
  3. Si je prends la voiture, soit je vais voir l’océan, soit je vais voir la mer.
  4. Si je vais voir l’océan, soit je vais me baigner, soit je vais marcher.
  5. Si je vais me baigner, soit je me noie, soit j’apprends à plonger.
  6. Si je me noie, je vous enverrai des nouvelles de l’eau de là.