Je me suis écorchée l’âme
Dans ton regard
Et j’ai pansé les non-dits.

Tu as bousculé nos certitudes
Tu n’as pas eu le courage de ta magnificence.

J’ai balbutié nos regrets
J’ai vomi tous nos maux
Sur le papier froissé.

Tu as largué les amarres
Pour balayer tous nos orages
Qui malmènent mon corps meurtri
De toutes nos turbulences.

Sans un ciel où t’attendre
Je reste là, clouée au sol
Émiettée par ton absence.
Mais je danse et j’écris,
Et parfois, même je ris,
Je pleure aussi.
Et toi,
Toi, tu m’oublies dans d’autres bras,
Dans d’autres lits.

Mais comment fait-on ?
Comment fait-on pour rester en vie
Juste après,
Juste après ça ?

L’amère ?
Un goût de regret.

La mer ?
Un flot de larmes qui fait des vagues.

La mère ?
Un ancrage en cas de naufrage.

*
Un souffle ?
Un instant de vie.

Une vie ?
Une respiration.

Une respiration ?
Ta main dans la mienne.

*
L’acide ?
Le fiel de tes maux craché sur ma peau.

Le miel ?
La douceur de tes caresses.

Le sel ?
Le zeste de piquant que tu mets dans ma vie.

*

Le visage ?
La mémoire d’un passage.

Le passage ?
La croisée des chemins.

Les chemins ?
Un voyage incertain, un aller sans retour.

*
L’absence ?
L’éloquence de tes silences.

Le silence ?
Un point de suspension.

Le point de suspension ?
Le champ des possibles.

*

Ephémère

Nous souririons à la vie et nous nous amuserions de rires et de plaisirs en observant les étoiles filantes dans la nuit et puis au grand jour, sous la lueur du soleil levant, nous envolerions nos maux au ciel qui les saupoudrerait de teintes opalines. Nous aurions la prétention de rien, ta main dans la mienne. Nous dessinerions juste des mots heureux.
Nous danserions sous la pluie, sous l’écume des jours qui passeraient et il pousserait des nénuphars délicats dans nos cœurs qui grandiraient lentement comme toutes ces Fleurs du Mal que nous ne voudrions pas voir noircir puis ensevelir notre tableau d’amoureux.
Un mot lourd vient de tomber, il fait du bruit à terre, il a même rebondi dans la pièce à coté et nous nous taisons. Dans un grand silence, il revient en fracas rouler à mes pieds. Je n’ose le ramasser de peur qu’il ne m’explose au visage lacérant jusqu’à ma dignité. Mais je le vois. Il me dévisage avec sa Majuscule malhabile et ses minuscules déshabillées, démasquées qui tentent de fuir lâchement et qui s’agrippent les unes aux autres entre consonnes et voyelles. Je fixe chaque lettre d’un regard acéré. Une à une, elles s’impriment dans ma rétine, reflétant la noirceur du monde. Et toi, toi tu disparais, brumeux, lointain, fuyant, insignifiant sous la gomme à immondice.
Au bruit terrifiant, nous n’aurions pas bougé. Blottis là, l’un contre l’autre dans notre lit d’alcôve, nous aurions attendu. L’orage gronderait, lointain.
Et tous les mots seraient tombés sans salir les murs et le parquet de notre cage dorée. Nous aurions mis nos mains sur nos oreilles pour couvrir tout ce sale obscur et nos corps cotonneux se seraient endormis, une fois encore, se mêlant l’un à l’autre. Et nous rêverions la candeur d’un matin-crépuscule, promesse insaisissable d’un lendemain sans fin et nous continuerions à caresser la plume et colorer des arcs en ciel, insouciants sous la lune.
Mais le mot est tombé.

Silence

Chut !

Écoute le silence

De mon cœur qui bat la

cadence

Des sortilèges qui lient nos

destins.

Chut !

Écoute le silence

De ce qui m’abime
De l’invisible indicible

Que je sais si bien cacher

Chut !

Écoute le silence

De ce fil qui se tend et se tord
Sur des remous de remords

Où je marche en équilibre
Si maladroitement.

Chut !

Écoute le silence

De ce qui m’anime
Et m’enflamme

Quand tout est passion et drame

Chut !

Écoute le silence

Qui remplit tout ce vide
De souvenirs intenses

De promesses sans nom murmurées
Sur ta peau

Chut !

Écoute le silence

Il sait si bien parler
Et chuchoter en soupir

Ce secret si lourd à porter

Chut !

Ecoute le silence

De toutes mes absences

Il te crie tous ces mots vérités
Que je ne te dirai pas

Chut !

Ecoute le silence

Il s’agite, bouscule, et

bascule
Avant la chute …

C’est ici que tout commence et c’est ici que tout finit, il te faudra te souvenir pour t’émerveiller encore de ce qui n’est plus.

Souviens-toi des couleurs et des sensations des quatre saisons, de l’automne à l’hiver, du printemps à l’été, des transformations de la nature, de tes petites mains qui fouillaient la terre pour y dénicher le ver de terre et des papillons qui volaient autour de toi et qui parfois se posaient sur ton épaule, tu les suivais en courant, le chien en faisait tout autant.

Souviens-toi de tes racines, souviens-toi de qui tu es, souviens-toi d’où tu viens.
Sois humble face à la grandeur de la nature,
Ne détruis pas, ne pollues pas, ne gaspille pas.
Tu n’es qu’un passager sur Terre.
Un infiniment petit d’un infiniment grand qui te respecte bien plus que tu ne le feras jamais.
Sois tolérant avec les autres et envers toi-même.
Sois indulgent, sois fier de toi et de tes choix, choisir c’est renoncer mais c’est aussi s’affirmer, quel que soit le chemin sinueux ou tout droit c’est celui qui te mènera à toi.

Si tu tombes relève toi, pleure et surtout n’aies pas honte de tes larmes, mais ne baisse jamais les bras. Des découragements tu en connaitras, les moments de joie tu les apprécieras comme une cerise sur le gâteau de la vie, saisis les embellies, profite de chaque instant comme si c’était le dernier, et n’abandonne jamais.

Parle à la Lune et aux étoiles. Elles te guideront. Si tu me lis je n’ai pas abandonné, je ne t’ai pas laissé, je ne t’ai pas trahi. Je suis juste partie plus loin, plus haut, plus beau mais je veille sur ce petit bout de toi qui est un petit bout de moi, sache que je suis là et je serai toujours là pour toi, à travers toi.

Regarde en toi, cherche dans ton cœur la réponse est là.
Je t’aime au-delà des mots, au-delà de la vie, au-delà de l’espace et du temps.
Je t’aime à l’infini …

Fulgurance

Retour du bureau,
Il est dix-huit heure trente,
Fin de la journée,
Début de la soirée.
Commencer par se mettre en mode détente,
Donner à manger au chat
Se servir un verre de St joseph,
Allumer son ordi,
Ouvrir ses mails perso et en même temps
Enclencher la playlist Deezer en mode aléatoire du soir

« Come away with me in the night
Come away with me
And i will write you a song »

La douce voix de Norah Jones envahit soudainement la maison et l’espace,
E tout à coup tout revient sans sommation,
Je suis là à danser contre toi,
Des années auparavant,
Dans cet appartement,
Mes pieds nus sur tes chaussures
Ton parfum dans mes cheveux longs,
Mes larmes qui coulent sur ton Duffel coat élimé bleu marine,
L’odeur de ta peau mélangée à la mienne,
Cette chanson qui nous submerge
Nous ne faisons plus qu’un
Comme à chaque fois toi et moi, comme le yin et le yang, si bien,
En une seule âme,
Nous coulons dans un flot de larmes
Mais je voudrais que cette musique ne se finisse jamais.

« Come away with me on a bus
Come away where they can’t tempt us, with their lies »

Mon amour,
Tes bras qui me serrent
Pour la toute dernière fois comme la première fois
L’osmose de nos corps ne semblent n’en former qu’un
Je voudrais me fondre en toi, là, maintenant pour toujours.
C’est insupportable et indicible cette douleur,
Ce déchirement du cœur, du corps et de l’âme.

Le silence nous habite comme l’éternité.
Nous continuons de tourner ainsi, enlacés, mes pieds nus posés sur tes chaussures
Dans ce jeu cruel et sanglant du temps.
Cet adieu,
Je l’ai compris au moment où je t’ai ouvert ce soir ma porte
À ton regard et à ta voix
À tes yeux mouillés
À ton appel téléphonique qui m’a juste dit :
« Il est tard mais je vais passer
Je dois te parler »

Ne dis rien mon amour
S’il te plait ne dis rien
Il y a des mots qui tuent

« Come away with me
And I’ll never stop loving you »

Résurgence

Ointe tes fissures
Qui suintent tes blessures
Puis reprise-les en points de suture.

Dépose ton armure
Qui asphyxie le bleu de tes veines,

Et libère ta peine
Puis range les armes
Et garde tes larmes.
L’armistice a sonné,

Plus de guerre, de batailles acharnées

Il te faut pardonner.
Amnésie ta douleur
Et ravive ta flamme,
Huile bien la mécanique
De tes battements de cœur archaïques.
Oui ! Vas y ! Dérouille les rouages,
Déverrouille tes cadenas,
Pulse encore la mesure
De ce corps presque mort.
Balance bien le rythme,
Ravive les couleurs
Et dissipe tes nuages.
Abolis toutes tes peurs
Et relance les dés du Destin,
Tu es toujours en Vie.

Petit alphabet de survie

ARME-Toi de patience
BOUSCULE et Bascule les préjugés
CRIE et Chante tes révoltes
DANSE surtout Danse !
ÉCRIT l’intolérance
FUNAMBULE tes maux au ciel
GAGNE tes batailles
HURLE à pleins poumons
IGNORE les cons
JOUE de la musique
KIFFE la vie
LIS surtout Lis !
MORDS la pomme à pleines dents et fous toi des conséquences
NOIE ton chagrin
OUBLIE-le
PLEURE et goûte au sel de tes larmes
QUITTE ce qui retient prisonnière
RIS de tout surtout de toi, ne renonce pas
SAISIS l’instant, il est fugace et sait glisser entre les doigts,
TUE le temps
USE ta peau à d’autres peaux
VOLE dans le vent
WEB CAME avec tes amis les jours de gris
XYLOPHONE des sons dans ton lit et dans les champs
YOYOTTE par amour, surtout par amour !
ZIGZAGUE entre les lignes ton propre chemin.

L’alchimie

L’alchimie, paradis sur terre
Ou toucherais-je l’enfer ?
L’alchimie, la fusion de nos corps
Rien d’autre au dehors, prisonnière.

L’alchimie, rencontre cosmique de nos âmes
L’ombre et la lumière,
Bouleverse le court du temps, l’arrête
Et fait gronder l’orage, un mirage.

L’alchimie, s’assouvir sans lutter
Désarmés, déchirés, tiraillés
Ouvrir nos bras
Les refermer d’éternité.

L’alchimie, un point de non-retour
Sans promesse d’amour
Faiblesse des corps qui disent encore
Fusion magique sans toujours.

L’alchimie, essence des sens
Absinthe de vie ou poison
L’incandescente vraisemblance
La folie de l’absence.

L’alchimie, le sublime de la perfection
La douleur et la punition
De ne pouvoir aimer
Qu’un seul être à jamais.