L’odeur de ta peau est le seul parfum que j’aimerais qu’il me reste. La douceur de celle-ci, le seul doudou comme remède à mes nuits d’insomnies. Je caresse ton visage. J’observe la perfection de tes traits, la beauté de ta pureté, la sérénité de ton sommeil. Je ne me lasse pas de te regarder dormir. Tu es le rayon de soleil qui m’aide à me lever le matin. La boussole qui m’empêche de perdre le nord. L’étoile polaire qui illumine mes noirceurs.
Le rythme course infernale du quotidien et les injonctions à la perfection, détruisent ma patience et ma capacité à me poser avec toi. Et puis les doutes m’assaillent. J’ai l’impression de ne pas remplir ce rôle comme je l’avais rêvée et comme je le souhaite.
Parfois, je nous vois comme si je nous regardais d’en haut et je pleure à l’intérieur en voyant tes petits yeux se remplir de larmes d’incompréhension; et moi qui hurle mon désarroi à la mauvaise personne. Et pourtant, chaque matin, je prends la résolution de te donner le meilleur de moi-même, de te faire sentir mon amour comme je l’avais imaginé avant de te rencontrer.
Mais malgré cette résolution quotidienne, je foire à tellement d’endroits.
Existe-t-il une possibilité de rapprocher nos idéaux de la réalité? D’ancrer nos rêves dans le quotidien?
Tag / Écrire avec Anne Sexton
Déambuler !
Tu es le clandestin
Tu es l’aventurier
Le nomade-inventeur
Toutes les rues
De toutes les villes
Sont les tiennes
Tu en fais la lumière
Et les obscurités
Je garde les jardins ; J’en créerai les méandres invisibles !
Dans tes empreintes, solitaire, je suis passée. Comme toi, j’ai senti le mouvement de la vie ! Je n’ai pas erré au hasard; J’ai aboli les lois dans ma traversée!
Tu me disais
N’écoute
Ni les itinéraires
Ni les destinations
j’ai marché aussi longtemps que le corps l’exige ; Sans crainte de l’éprouver par la fatigue…Suis-je devenue ta compagne anonyme ?
Flâneurs
Unis
Universels
Vagabonds le temps d’exister
Sommes nous des démunis
Ou
Est-ce le monde
Qui nous appartient un peu
Le temps de déambuler ?
Je marche à côté de tempêtes
J’ai les pieds qui cisaillent le sol, qui déplacent la poussière, qui font surgir
Mes jambes
Du dessus, apaisée et droite, j’avance de cette énergie perpétuelle et foudroyante
Derrière ce qu’il y a je ne sais plus, ce sont devenues des histoires comme des livres
Partiellement j’aime ce bazar qui fit de moi un temple de phrases
Puzzle de bibliothèque, j’ai souvent les mains engourdies qui cherchent leur chemin dans ma montagne de mots
jamais tout à fait rangée,
jamais tout à fait accessible,
jamais tout à fait rassemblée,
toujours lourde, toujours aimante, opaque, désirée, ensevelie
Autonome dans ses flux saisonniers
Il y a des trous dans la montagne, des trous qui laissent passer la tempête
Dans la tempête c’est l’univers qui trouve enfin son chemin
Je m’arrête en son milieu comme on rentre à la maison
J’ai le foyer ardent des marins qui ont peur de rentrer et de retrouver les choses exactement comme elles étaient
jamais tout à fait figées,
jamais tout à fait possibles,
toujours très définitives,
toujours très uniformes et exemptes de sillons, de terre meuble, de feuilles mortes qu’on ne balaye pas,
de sentiments qu’on n’a pas peur de laisser vivre, comme ça, pour eux-mêmes
En eux-mêmes étonnants et pénétrants
J’ai l’horizon calme
Devant ce qu’il y a je ne sais pas
J’y suis, j’y vais, j’y reste en un roulis de fibres délicatement tissées
Je suis solide parce que quand je regarde une carte je ne comprends pas ce qu’elle raconte
Dis-moi que tu sais où je suis si ça te rassure,
alors que,
J’ai remarqué un évènement vital, lorsque je vais voir là-bas si j’y suis, j’y suis toujours.
Ce n’est pas parce que je ne sais pas où je suis que je n’y suis pas.
J’ai un cauchemar qui me mange la peau
C’est comme une allergie qui trace des lignes porteuses de drame
J’ai l’insomnie des gens heureux,
c’est usant un torrent qui reste coincé dans l’embouchure et construit patiemment sa porte au goutte-à-goutte
Ami présent, en scandant ma vie toujours et jamais tu réveilles le tempo de mon cauchemar
Étonnant et pénétrant
Je dois vous dire : merci pour cette vie riche
Laisser vagabonder son cauchemar, perdre sa trace derrière et puis devant
Être de joie, même quand les jours sont tourmentés par le vent
Fraterniser avec la peine pour s’envoler tout contre
Et être libre parce que toi mon cauchemar, tu n’auras pas ma peau
C’est à mon amour que tu te destines.
Je me suis écorchée l’âme
Dans ton regard
Et j’ai pansé les non-dits.
Tu as bousculé nos certitudes
Tu n’as pas eu le courage de ta magnificence.
J’ai balbutié nos regrets
J’ai vomi tous nos maux
Sur le papier froissé.
Tu as largué les amarres
Pour balayer tous nos orages
Qui malmènent mon corps meurtri
De toutes nos turbulences.
Sans un ciel où t’attendre
Je reste là, clouée au sol
Émiettée par ton absence.
Mais je danse et j’écris,
Et parfois, même je ris,
Je pleure aussi.
Et toi,
Toi, tu m’oublies dans d’autres bras,
Dans d’autres lits.
Mais comment fait-on ?
Comment fait-on pour rester en vie
Juste après,
Juste après ça ?
Je ne te vois pas mais je te sais, je te sens. Tu es là, quelque part dans l’espace infini de ma wifi. Je mange mon fantôme quotidien. J’avale mes propres couleuvres.
J’allonge une main vers toi, la longueur d’une page (presque) et ta main absente me disperse, me court-
circuite. Je disjoncte, je ne suis plus à la terre.
Je te parle dans ma tête et ton regard absent me frotte. Ton acide me troue. Je me liquéfie.
Bleue ta voix à distance. Feu ton souffle me rougit à blanc. Je brûle encore, le sais-tu ?
Entends-tu quelque part l’histoire qui raconte le désir ? Saurai-je effacer la distance ? Aurai-je le courage
d’articuler ton nom à pleine bouche ?