Il faut toujours la prendre par la main pour ne pas qu’elle s’effondre
L’écouter se perdre dans l’enfance qui revient à grands coups de ratures
Et percevoir le brouillard de ses incertitudes
Elle se perd comme le petit Poucet
dans une forêt de mots dont on peine à dérouler le sens
Il faut être caillou tout rond et délicat et l’aiderà trouver un chemin
Et donc être là, pour ne pas qu’elle s’effondre.
Dans les yeux, sur le visage, ces signes de mélancolie dans le même caractère que ce qui s’écrivait
il y a longtemps de cela.
Les rides ont raviné sa peau à force de vieillir et laissé des méandres dont on ignore la source.
Dans son lit, couché près d’elle, un petit chien en peluche qui caresse sa joue comme s’il était vivant,
modèle chiffon d’un animal qu’elle a tellement aimé.
Dans la tête ça se mêle et s’emmêle, elle appelle ses parents, elle devient petite fille soucieuse
et tourmentée. Elle a perdu son caractère d’enfants joyeux qui peuplaient son enfance.
Sur les mains, des rigoles de veines qui sillonnent la peau. Parfois, une contorsion involontaire, un mouvement machinal, le battement d’une mesure sans musique.
Et le regard craintif et peureux qui s’accroche obstinément à la vie pour ne pas s’effondrer.