Lors de mes promenades, là où mes pas m’emmènent,
Je m’éveille chaque fois un peu plus à moi-même,
Ces pas, irrésistiblement, vers la Loire aboutissent,
Et ses courants, et ses remous d’un seul coup m’engloutissent.
Ils me ramènent d’abord aux histoires marines de mon lointain aïeul,
Elles défilent une à une tout au fond de mon œil,
Je revois dans le sien, la joie de raconter les histoires anciennes,
Les détails de pêche, de poissons gigantesques, d’épopées ligériennes,
Un courant me rapporte des bulles de vacances,
Souvenirs de grève, où avec peine j’avance,
Parcourant de la Loire, les longs cheveux de sable,
Et toutes leurs nuances de blondeur admirable.
Mais le vent de galerne souffle soudain en moi,
Me rappelle la Sauvage et provoque l’effroi,
Ses courants emportant mes joies et mes chagrins,
Le sourire d’une maman et des yeux enfantins.
Les courants changent alors tout comme mon futur,
Je leur confie mes doutes en indicibles murmures,
Espérant que la Loire, ses remous, ses courants,
M’aident à y voir plus clair dans ces sables mouvants.