Tu me diras
les soirs fabuleux
les moments défectueux
tu m’appelleras trois fois par mois
en oubliant pourquoi
on en est là
tu chercheras par vent froid
un abri à tout prix
l’utopie de nos espérances
passées
embrasse-la pour moi
Tu me diras
les soirs fabuleux
les moments défectueux
tu m’appelleras trois fois par mois
en oubliant pourquoi
on en est là
tu chercheras par vent froid
un abri à tout prix
l’utopie de nos espérances
passées
embrasse-la pour moi
Dans une boîte
j’ai rangé
mon premier cheveu
blanc
nul ne le sait
je le garde caché tel un
bijou
pour mieux apprécier
celle que je deviens
alors je l’écoute
loin des autres
par milliers
murmurer
nos secrets désormais
Sur le seuil
corps ouvert
au vent
bouche tendue vers l’amorce
ce qui ne se dit pas
entends-moi
un point de bascule
j’attends aux extrémités
indécision mortifère
tu ne me rends pas service en trépignant
ajuste tes mots
leurs saveurs toxiques creusent la délivrance
je crois qu’il faut apprendre le silence
être passif comme art du rebondissement
salutaire
pour combattre il faut apprendre
il faut se terrer et attendre
se tenir au bord
près à chuter, s’écrouler, dévaler
puis l’action
matraquer matraquer matraquer
il y aura l’accalmie généreuse ou nomade
révolte-toi
sans m’effondrer
Retour du bureau,
Il est dix-huit heure trente,
Fin de la journée,
Début de la soirée.
Commencer par se mettre en mode détente,
Donner à manger au chat
Se servir un verre de St joseph,
Allumer son ordi,
Ouvrir ses mails perso et en même temps
Enclencher la playlist Deezer en mode aléatoire du soir
« Come away with me in the night
Come away with me
And i will write you a song »
La douce voix de Norah Jones envahit soudainement la maison et l’espace,
E tout à coup tout revient sans sommation,
Je suis là à danser contre toi,
Des années auparavant,
Dans cet appartement,
Mes pieds nus sur tes chaussures
Ton parfum dans mes cheveux longs,
Mes larmes qui coulent sur ton Duffel coat élimé bleu marine,
L’odeur de ta peau mélangée à la mienne,
Cette chanson qui nous submerge
Nous ne faisons plus qu’un
Comme à chaque fois toi et moi, comme le yin et le yang, si bien,
En une seule âme,
Nous coulons dans un flot de larmes
Mais je voudrais que cette musique ne se finisse jamais.
« Come away with me on a bus
Come away where they can’t tempt us, with their lies »
Mon amour,
Tes bras qui me serrent
Pour la toute dernière fois comme la première fois
L’osmose de nos corps ne semblent n’en former qu’un
Je voudrais me fondre en toi, là, maintenant pour toujours.
C’est insupportable et indicible cette douleur,
Ce déchirement du cœur, du corps et de l’âme.
Le silence nous habite comme l’éternité.
Nous continuons de tourner ainsi, enlacés, mes pieds nus posés sur tes chaussures
Dans ce jeu cruel et sanglant du temps.
Cet adieu,
Je l’ai compris au moment où je t’ai ouvert ce soir ma porte
À ton regard et à ta voix
À tes yeux mouillés
À ton appel téléphonique qui m’a juste dit :
« Il est tard mais je vais passer
Je dois te parler »
Ne dis rien mon amour
S’il te plait ne dis rien
Il y a des mots qui tuent
« Come away with me
And I’ll never stop loving you »
Marcher tout droit,
Le mur.
Se retourner,
Le mur.
Marcher,
Le mur.
Quart de tour, le mur,
Quart de tour, le mur,
Quart de tout, le mur,
Quart de tour, le mur.
Se coller contre le mur, joue, torse, ventre, hanches, cuisses, et glisser, glisser contre le mur, se coller et glisser contre le mur, vite, de plus en plus vite, jusqu’à ce que les joues perlent de sang, jusqu’à emporter la pièce et la faire tourner, vite de plus en plus vite, et lorsque la pièce tourne seule, toupie, reculer de quelques pas, courir et sauter. Sauter sur le mur d’en face qui tourne, toupie, sauter, sauter, sauter, sauter jusqu’à faire basculer la pièce et la mettre à bas, la pièce, saut après saut, défoncer le placo, encore et encore, à coup de talon, à coup de genou, à coup de coude, à coup de poing.
Finir blanchi.e.s de plâtre, un goût de craie dans la bouche, avec les jambes, les genoux, les coudes, les poings écorchés.
Sourire aux lèvres.
Tout se déchire lorsque tu ne dors plus.
A la seconde où tu récupères ton corps pour dire,
Jamais plus.
On a imprimé le silence sur ta peau,
Cousues tes lèvres,
Etranglé ton cœur, ébranlé ton âme,
Utilisé tes os en guise de sex-toys.
Tu dormais et tes yeux clos peignaient les feux de mon visage.
Moi, je vais là où chantent les incendies.
Là où le ciel s’écroule et se fond dans les barbelés.
Là où les disques se rayent,
Là où les anges se font laminer la gueule.
Là où la chance est une raclure et là où sont nichées les zones endormies,
Couvertes de suie.
Briser les non-dits,
Crier les amours,
Broder les rages.
Tu rêves ces verbes et lorsque tu ne dors plus,
Que tout se déchire,
Je me fonds dans tes pupilles et tu
Tombes
Tombes.
Tombes.
Dans le précipice des possibles.
Ecoute ces chemins pavés de gloire :
Tu saigneras les poètes maudits,
Tu désenchanteras les contribuables,
Tu soulèveras les palais pour les muer en forêts,
Tu effaceras le silence incrusté sous tes ongles,
Tu reconfigureras ton ossature pour l’écrire chimérique, songeuse, terrifiante,
Et tu vomiras des litres de sang sur les toits d’or et d’argent.
Et puis, une fois que tu auras vécus tous ces possibles,
Tu oublieras le sommeil.
Le sommeil sur tes lèvres.
Tu habiteras près de la mer,
Tu enquilleras les heures creuses avec le sourire.
Un sourire qu’on répètera comme un conte,
Comme une légende,
Comme une chanson.
Impossible à oublier,
Refusant de s’étioler,
Dans la rumeur des corps fracassés.
Chaque doigt porte sa plume
les mains sont deux ailes que l’on ne voit pas pousser
elles grandissent lorsqu’on ne se voit plus derrière un geste
le désir a la forme d’un oiseau qui quitte son nid
et les mains, avant le grand départ, bougent partout dans tous les sens
Si l’on avait des mains qui marquent toutes les caresses combien de passages d’oiseaux
aurions-nous sur la peau ?
Dans cette dernière seconde comment savoir à quoi je ressemblerai la nuit d’après ?
Je vole vers le repos dans une chambre que j’ai toujours voulu sans appui
Les murs sont partout
J’ai la fièvre
En attente, je m’enveloppe dans la matière épaisse du temps, des heures, elles s’écoulent
Mes yeux sont centrés, mes pieds veulent partir
Mes mains quittent, les bras se décollent lourdement de ma poitrine, je frôle mes jours avec curiosité,
appréhension,
envie
Le monde n’est pas à ma porte il est dans mon lit
Balance, oscillation, perfusion, percussion, éclat, retour
Ma peau est en équilibre, fureur funambule
Penchée, voûtée, mon milieu, mon pays, mon antre, oscille sur le seuil et attend la pluie
Mes nerfs sont terminés, ils fument de décharge en volutes qui exhalent et s’exilent par mes pores
La terre est sèche, et fume après l’orage
La visite du froid dans le chaud prend toujours par surprise, pour un temps la maison est louée
J’aimerais bien mettre des claques à des gens
Si ça pouvait aider à comprendre par exemple, mais non
Quand même c’est bizarre de désirer la violence
Court-circuit qui me survit, l’amour est nourrissant, à condition de manger équilibré
On a le plaisir de ses vagues à soi
Je naquis dans un éclat et gagnais le combat contre mes poumons, poissons plats bien décidés à se maintenir en forme
Palimpseste de sensations chuchotées à mon oreille, plafonds de verre qui n’en finissent pas d’éclater
Mon visage écorché se désolidarise des pensées qui font salon
Ras-le-bol du thé, l’amertume fatigue
L’écume se dépose sur la plage quand le voyage est terminé
Mon corps éclate entier sous la pression
Vibration de la base au sommet dans le profond
Je luis
Le train a quitté la gare
J’ai troqué mes vêtements, gants, mots de trop et gestes de pas assez
Pour me délecter au toucher de cette nouvelle peau.
pose le ciel sur ton ventre
allonge-toi enfonce repousse
tes limites
déploie
tronc
bras
racines
ressens comme
tout est toi
et tu es tout
et rien
et partout
depuis toujours
mêle tes doigts à l’herbe
de tes cheveux
avale
ta propre sève
n’arrache plus rien
pousse
écoute le vent
la traîne du lombric
les fleurs
qui t’applaudissent
porte les enfants
sois leur terrain de jeux
leur cachette
leur refuge
sous le soleil
ferme les yeux
ris avec lui
parle-lui de la pluie
invoque-la une dernière fois
dis les mots qui changent de sens
et que personne n’entend
retiens le souffle
qui file
entre tes dents
parle à l’herbe à l’arbre
berce la pierre
console-la
moule ta nuque dans la glaise
et tes yeux
dans le bleu
laisse les feuilles couvrir ta langue
mâche l’humus
les vers
la pluie
souviens-toi
ou ne te souviens pas
mais quand la brume viendra
n’oublie pas
remercie-la
Le poème qui sauve
Casse les codes imposés
Détruis le temps
Ne réponds pas aux injonctions
Saute les barrières
Appelle le cœur
Danse danse danse
Sens toi
Sens ton corps en entier
Mouvant comme terre
Dense comme eau
Magique
Elémentaire
Juste là
Caresse l’espace
Accepte tout— les secondes
Trotteuses
Galopeuses
Marcheuses
Chaque instant bénis-le
De tous tes doigts
Tous tes poignets tes montres
Dorées parsemées de
Diamants
Les cadrans solaires
Qui t’offrent la connaissance
Et la chute
Du temps
Bénis-toi
Bénis-les
Bénis
Perds le fil de ta pensée
Plonge l’inconnu est immense et bleu
Comme
Aime tout ce qui se présente
Minuscules insectes petits fils de plombs ou grands soleils
Marche sur la route qui
S’appelle
JOIE
Puis
(le reste est à toi)
Regarde les coquillages les tiens
Ces offrandes
Immenses
Ouvre-leur des bras grands
Comme mille
Choisis de les honorer
Choisis l’amour de toi
A chaque instant
Choisis-les
Choisis-toi
A
Chaque
Ins-
tant